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CHAPITRE III

de cette ame universelle , de ce souffle unique , un être tncréé , à la participation duquel est admis le corps par la communication qu'il a avec lui. L'aine universelle habite la région supérieure du monde , et tout ce qui est au-dessous est vivifié par son action. Tout de même que le corps exposé au soleil devient lumineux par les rayons de cet astre , l'ame particulière n'est' illuminée que lorsqu'elle s élève vers cette région supérieure où elle trouve la réalité de l'être. Retombe -t- elle en ellemême? elle n'y trouve que le néant.

Cette ame, inspirée dans le monde par le souffle de Dieu même , que l'évêque Synesius (a) place au troisième rang de l'être divin ou dont il fait le troisième Dieu , n'est elle-même que l'image de l'esprit de vie ou du spiritus de Dieu , qui anime la substance divine et qui est sa vie éternelle. C'est ce que Synesius (b) appelle ailleurs le Dieu fondu dans le monde.

Nous avons déjà vu le passage de Grégoire le thaumaturge qui dit que le spiritus ou le Saint-Esprit est le principe de la vie des êtres vivans \ en sorte que, dans la théologie des pneumatistes , le Saint-Esprit , quoiqu incréé et incorporel , fait la même fonction que le spiritus ou anima mundi, dans la théologie des matérialistes. On chante encore : Venez , esprit créateur , etc. Quoique séparé du corps par la Nature , c'est cependant lui qui produit dans la nature Corporelle le souffle de vie qui l'anime [oij- Si Dieu crée l'homme, le souffle de vie qui va l'animer sera le souffle même de l'être incorporel qui le crée. Donc Dieu incorporel et invisible a sou spiritus incorporel , comme le Dieu visible ou comme le monde.

(a) Syowiuf. Eneom., p. ;i. - (6) lbid. i5t.

Ainsi la théorie des abstractions ne changera rien à la division de l'être unique en spiritus et en intelligence première etuniverselle. Quelque part que Ton place Dieu, il aura toujours la plénitude de la vie et de l'intelligence primitivement. Si Dieu est lè monde , ou si le monde est le premier Dieu , la vie et l'intelligence tiendront de la nature de la matière , et seront le feu éther , principe de chaleur vitale et de lumière intelligente* Si le monde n'est pas le premier Dieu y et si le premier Dieu est par sa nature incorporel , on aura alors un spiritus et une intell igence aussi incorporels que lui, formés par la même abstraction, et qui contiendront la réalité de ce dont le monde n'a que l'image et l'empreinte. Cette dernière manière d'envisager le monde dans ses rapports avec Dieu, est celle de Platon et de tous les platoniciens; elle est aussi celle des Chrétiens; mais chez les uns, comme chez les autres , tout vient de la métaphysique , et se réduit à des abstractions de la nature d'une foule d'autres dont sont remplis les livres des philosophes anciens.

Ce que nous avons dit du spiritus , qui en changeant de nature n'a pas changé de fonction , et qui chez les spiritualistes garde le même rang dans la division graduée du Dieu un , ou qui se trouve à la troisième place , \ et remplit absolument la même fonction , soit médiatement, soit immédiatement, suivant qu'il est séparé du monde ou confondu avec lui , nous pouvons le dire également du logos ou de l'intelligence divine, soit qu'elle réside dans la substance lumineuse du feu visible, soit qu'elle constitue la lumière invisible du feu intellectuel que la métaphysique a créé par analogie au premier , pour en être comme la quintessence [9a]. Comme toutes les ames intelligentes n'étaient qu'une émanation de la

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