‹ Origine de tous les cultesChapitre 102 sur 180 · CHAPITRE m. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. a

lumière éthérée qui brille dans les astres, elles deviendront alors une émanation invisible d une nature toute intellectuelle , ou de la lumière intellectuelle qui constitue l'intelligence divine ou son logos , sa raison ou sa lumièreéternclle.L'intelligencede chaquebomme sera un écoulement de l'intelligence première ; la lumière de son esprit sera un rayon de la lumière et du conseil de la divinité ou de sa sagesse éternelle qui habite avec lui et qui est la première production d elle-même. Ce corollaire , conforme aux principes poses , s'accorde parfaitement avec l'explication que donnent les docteurs chrétiens de ce passage de Jean sur le logos ou sur la raison éternelle de Dieu , désignée par la lumière intellectuelle dont celle du soleil estje corps : « Il était la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde* » Ce qui est vrai du soleil au sens matériel \ dans le sens métaphysique , cela est encore vrai de la lumière intellectuelle dont nos intelligences ne sont que des rayons. Ainsi l'entendent les docteurs chrétiens. De même que l'empereur Marc- Aurèle (a) dit que nous sommes tous unis à la même intelligence par une participation commune , et que cette intelligence est une émanation de celle de l'Etre - Suprême [93] ; de même saint Justin (b) fait du Verbe ou du logos laraison universelle dont l'homme a une portion. 11 appelle ce Verbe la raison de Dieu , et il dit que ceux qui suivent cette lumière sont Chrétiens , dans quelque opinion qu'ils soient sur la divinité , tels que Socrate , Héraclite , etc.

Nous renverrons aux Platoniciens et à leurs commentateurs ceux qui seraient jaloux de rassembler la foule des passages qui prouvent que les philosophes anciens ,

<«) Marc-Aurélc , !. ai, c. ai. — {b) Justin. Apologet, c. a, p. 83.

après avoir tout spi ritualisé , regardèrent encore l'intellect de la divinité devenue absolument incorporelle , comme la source de nos intelligences et du principe pensant dans l'homme, principe qu'ils firent alors immatériel , comme la source dont il était émané. D'où il suit que la spiritualité n'a rien changé à cet égard; et comme l'intelligence divine , supposée lumière éthérée et matérielle, était la source de l'intelligence humaine, regardée comme une substance matérielle très-déliée et infiniment subtile, pareillement la même intelligence, supposée ensuite pure et immatérielle, devint encore le principe et la source de notre intelligence immatérielle. Tout fat de même , à la matérialité près, laquelle ne pouvait plus exister dans un ordre tout composé d'abstractions.

Il n'y eut pas jusqu'aux causes matérielles qui ne fussent conservées, et qui , de substances qu'elles étaient dans Tordre matériel, nese changeassent en images et en signes , ou en formes sensibles dans le monde immatériel. Nous avons dit que l'on conserva le nom de sipirilus , de souftlc et 'de vent impétueux, pour désigner le principe de vie donné par la divinité. C'est au milieu du choc bruyant d'un souffle impétueux , que l'esprit s'approche de l'assemblée des apôtres qu'il va inspirer; et il se produit sous la forme éthérée, ou sous l'image d'une pluie de feu qui tombe sur les hommes qu'il doit remplir de sa divinité. Tel est le feu éther au printemps , lorsqu'il va répandre les principes de vie dans la matière , et qu'il descend sur la terre pour s'unir au vaste corps qu'il féconde, comme on l'a vu dans Virgile. C'est dans ce feu éther , principe de chaleur comme de lumière, que résidait l'ame du monde ou le spiritus , ce que nous avons déjà eu occasion d'observer. C'était ce principe ignée qui consti-

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