CHAPITRE III
ou intelligence universelle dont chaque homme a une portion , et dont saint Justin dit que tous ceux qui suivent sa lumière, quels qu'ils soient, doivent être réputés Chrétiens ou amis du Christ ; ce qui est vrai quand on sait que Christ est le soleil, principe de toute intelligence. Les païens donnaient au soleil la même épithète que les chants des Chrétiens donnent à Christ à noèl, lorsqu'ils l'appellent consiliarius , fortis , potens. Cette épithète de consiliarius est le mot consilium , nom que la théologie d'Orphée donne à la lumière d'où les mêmes initiés aux mystères d'Orphée ont tiré V épithète de Dieu consiliarius qu'ils donnent au soleil. Le poêle continue :
Regoum Nature, «Jecuu atque assertio Divûm , Mundanusque oculus , fulgor splendcntis Olympu
C'est à lui qu'appartient l'empire de la Nature , il en fait le plus bel ornement. Il nous retrace l'image des Dieux dont il atteste l'existence. Il est l'œil du monde et le foyer de la lumière dont brille tout l'Olympe.
Ultra mundanum fas est cui cernere Patrem , Et magnum spectare Deum.
Il n'est pourtant pas le premier Dieu. Il a son père qui est le père invisible, placé au -delà des sphères et que lui seul peut voir [98]. 11 siège sur les limites du monde visible et du monde intellectuel dont il est le lien, tenant au monde visible par le corps du soleil, auquel il est attaché ; mais par sa nature la plus pure , il tient à l'être incorporel et au monde intellectuel qui a aussi sou soleil intellectuel dont celui-ci n'est que l'image. Lui seul voit le premier Dieu ou son. père , celui que Platon dit être placé au-delà des limites de l'intelligence
hpmaine, et concentré en lui-même arec sonfintelligence souveraine dont le soleil seul est l'image sensible : « Parce que le Dieu suprême et l'intelligence née de lui, étant placés au-dessus de lame , sont aussi au-dessus de la Nature (a). » C est bien là le père ultrà-mundanus que le Dieu-soleil seul peut voir, comme il nous en retrace l'image. C'est ainsi que Christ dit de lui : Personne ne voit le père que son fils (b).
Cui circulus acthrac Paret et imroensis mcxîerans raptibui orbe».
11 renferme en lui le feu principe intelligent qui circule dans l'éther , et qui entretient son mouvement , fonction que les uns attribuaient à l'ame ou au spiritus , et d'autres menti ou à l'intelligence (c) , cause de l'ordre et de la régularité des mouvemeus célestes.
Il était regardé comme le lien de l'harmonie des sphères au milieu desquelles le corps du soleil est placé pour en régler le mouvement et entre tenir leur éternel accord. C'est pour cela qu'on lui donnait l'épi thète de médiateur ou de mésùés [99], épithète que l'on donne aussi à Christ, à Mithra et à Bacchus,
Nam médium ta curris iter, dans soins amicam. Temperiem superis , compellans atque coercens Sidra sacra Deûm , com Legem cursibus addis.
Il faisait voler son char dans le quatrième cercle des • orbites planétaires , ayant de chaque côté trois autres orbites qui circonscrivaient la sienne : et il donnait la double quarte de l'harmonie céleste.
Hinc eit quod quarto jus est deenrrere Cire© :
(a) Macrob. Somm. ScJp., 1. 1, c. a. — (b) Joatra., c. ai. — (c) Sali. Phil., c. 7J Piocl. vir. Tim., 1. i, p. 6a.