‹ Origine de tous les cultesChapitre 115 sur 180 · CHAPITRE lit. 2Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE lit. 2Ô

Chrétiens sont celles des platoniciens , nous sommes persuadés que cette métaphysique est bien antérieure à Platon, et que ce philosophe ayant été s'instruire longtemps à Técote des Egyptiens devenus spiritualistes , a porté dans l'Occident ou renouvelé Je système des trois principes qu'on enseignait dans les écoles de l'Orient , et qu'on retrouve dans les écrits attribués aux Mercures trismcgistes et dans ceux de Jamblique , lesquels contiennent un précis de la théologie des Egyptiens spiritualistes , et une semblable théorie d'abstractions. Aussi Marsilius Ficin (à) a-t-il bien observé que le système des trois principes de la théologie de Soroastre et des platoniciens avait la plus grande conformité avec ceux des Chrétiens ; que cette dernière théologie venait à l'appui de la première: il aurait dû dire qu'elle était née de la première.

Non-seulement elle est semblable, mais c'est absolument la même chose : et certainement on ne s'avisera pas de regarder la première comme une doctrine révélée. Les platoniciens eux-mêmes nous tracent la gradation de leurs idées , dans la formation du dogme métaphysique des trois principes. Il est clair , dit Marsilius Ficin développant les fondeincns de cette doctrine d'après les païens eux-mêmes , il est clair que l'ordre, la mesure, la régularité, la forme , la beauté sont supérieures et préférables à la masse corporelle, et qu'elles sont absolument des choses incorporelles. Elles n'ont donc pu passer dans le corps que par le moyen d'une nature incorporelle ♦ supérieure à la matière raisonnable et vivante : c'est l'ame , cette ame universelle qui meut la

(O Comment, ad Ëancad. 5, 1. c. i.

266 HELIGION CHRÉTIENNE.

Nature. Au-dessus d'elle est l'intelligence, et enfin Te bien lui-même , commencement et fin de toutes choses. Cette explication s'accorde avec celle de saint Augustin, dans le passage cité ci -dessus, pour prouver la progression des idées humaines en formant cette théorie abstraite.

Le même commentateur de Plotin présente encore d antres divisions abstraites de chacun des principes . suivant les rapports ou aspects qu'ils ont avec l'être qui les précède et celui qui les suit. L'unité première ou le bien suprême n'a de regard avec aucun être, ou ne voit rien au-dessus Av lui vers quoi il doive tendre. L'intellect , fils du bien ou du premier Dieu , en a deux dans Plotin; le premier comme procédant de l'unité et étant un lui-même; le second comme existant en soi et se multipliantdans la multitude des idées qu'il contient, et qu'il voit cependant dans un acte unique. L'amc a trois regards ou trois rapports : avec le père par le moyen de l'intellect, avec l'intellect et avec la Nature qu'elle vivifie.

La lumière unique du soleil, concentrée dans le soleil lui-même, nous montre le bien (a), père de l'intelligence, et ailleurs la lumière elle-même nous représente l'intellect (b).

Plotin dit que la matière reçoit l'influence lumineuse de l'amc (c) sans pouvoir comprendre la Nature qui l'illumine, que la matière est le mal , et le premier mal, et que le premier mal est l'obscurité et les ténèbres. Ce qui s'accorde parfaitement avec la théologie de saint

(a) Comment. Knncad. it t. î, c. 8. — (/») Ibiâ. , I. 8, c. io. (c) Plotin, Ennead. i, 1. 8, t. i4«

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