CHAPITRE III
Jean : Erallgx, quœ lucet in tenebris , <rt tenebros eam non comprehendkrunt. lipeinAttpie les premiers versets du premier chapitre de l'Evangile de Jean , base unique de la théologie chrétienne , sont un lambeau de philosophie platonicienne, cousn à la triste légende de Christ.
Suivant Plotin, l'ame reçoit de l'intellect les formes ou les espèces des choses. C'est en effet rintellect qui les communique à lame universelle. La partie de cette ame la plus voisine de l'intellect les communique à celle qui loi est subordonnée 00 qui la suit, et lui donne la lumière et le* formes. L'intellect , versant quelque chose de soi-même dans la matière immobile et tranquille, fabrique et arrange tout : et ce quelque chose est la raison qni découle de l'intellect;
Le bien lui-même est pour ainsi dire le centre. L'intelligence est la lumière qui en jaillit, mais qui est permanente ; l'ame, la lumière de la lumière, se mouvant par elle-même. Le corps, opaque de sa nature, est éclairé par l'ame.
La clarté intellectuelle produit la lumière.... La lumière dans le ciel représente l'intellect de l'ame. La lumière seule eut l'image de l'intelligence. Dé même que dans le monde intelligible règne le même acte d'intelligence, de même dans le monde visible est répandue cette substance lumineuse qui en est l'image. De-là lo passage de Julien sur la lumière regardée comme un acte pur de l'inteUrgence pure répandue dans toute la Nature. Elle est pure, il est vrai , mais elle sort hors de son principe qui est la lumière invisible et incorporelle, caus - de telle qui est visible et corporelle. Tout ceci revient A notre explication des deux natures de Christ, lumière incorporelle dans Dieu, et corporelle dans le soleil.
C'est ainsi que Plotin distingue deux Jupiters. L'un est l'intellect pur, absolument séparé de la matière; l'autre est lame intellectuelle, mais unie au corps du monde.
Nous ne suivrons pas plus loin toute cette théorie d'abstractions dans Plotin, ni dans les explications de son commentateur. On ne doit s'attacher ici qu'à saisir le caractère original de la philosophie ou de la théologie de ces siècles-là, et qu'à remarquer jusqu'à quel point la théorie des trois principes figurait dans la théologie ancienne ; quel était leur ordre gradué et la succession du bien , ou du père de l'intellect , ou du fils , et enfin de l'ame universelle ou du spiritus ; et surtout les rapports du second avec la lumière intellectuelle dans l'ordre intellectuel, et avec la lumière corporelle dans le monde visible. Passons aux autres philosophes.
Les pères de l'Église et les écrivains ecclésiastiques eux-mêmes nous fourniront encore les matériaux nécessaires pour faire ces rapprochemens.
Saint Augustin (a), dans sa Cité de Dieu , examine ce que Porphyre entend par principes. Il nomme, dit -il , le premier le Dieu père , et le second le Dieu fils , qu'il appelle l'intellect paternel ou Tintelligeuce du père. Il ne dit rien de l'esprit saint, ou au moins il ne s'en explique pas assez clairement, quoiqu'il en nomme un troisième intermédiaire que je ne comprends pas bien. Si, comme Plotin, lorsqu'il disserte sur les trois principes, il entendait par ce troisième Yame, il né devait pas dire qu'il est intermédiaire ou qu'il sert de lien commun au père et au fils ; car Plotin place le spiritus
(<i) A uguat. de Cit. Dci, 1. 10 , c. *3.