‹ Origine de tous les cultesChapitre 12 sur 180 · CI1A.PI THE I · texte numérisé non relu

CI1A.PI THE I

Von s'appelle Dieu de lumière, et l'autre prince des ténèbre». Ces observations trouveront leur place ci-après. On se rappellera aussi que , dans la fable de*la passion du Dieu-lumière , que nous expliquerons bientôt , c'est à droite que l'auteur de cette légende place le bon larron , et que c'est à gauche qu'il place le mauvais. Si l'on veut connaître la source de cette fiction sur la droite et sur la gauche , on la trouvera dans le dogme pythagoricien sur les deux principes que nous avons vu rapportés par Plutarque dans le fameux passage qui contient la théorie ancienne de ces deux principes* On y lit (a) que les pythagoriciens donnent plusieurs noms à chacun de ces principes ; qu'ils donnent au bon principe les noms d'unité , de fini , de repos , de droit , d'impair , de carré , d'égal , de droite et de lumineux ; et au mauvais principe ceux de dyade , d'infini , d'agitation perpétuelle , de courbe , d'irrégulier en dimensions , d'inégal , de gauche et de ténébreux. Je rapporte ce dogme de la philosophie ancienne pour que l'on puisse reconnaître la source dans laquelle les docteurs chrétiens et les auteurs de leur légende ont puisé les traits de leur fiction sacrée , et qu'on soit bien convaincu que les fables des Chrétiens ne sont pas aussi étrangères , qu'on pourrait le croire , à la théologie qu'on appelle payenne.

Bardesane (&), philosophe syrien, chef d'une secte chrétienne, admettait aussi deux principes et deux racines de tontes choses , l'une bonne et l'antre mauvaise. Il appelait les propriétés et les opérations du bon principe , le bien , la lumière , le miséricordieux , la droite ,

(a) De bide , p. 370. — (fc) Beausobre , t. a , p. i33.

la-paix, le juste ; et celle du mauvais principe) le mal , lus ténèbres, 1» gauche, le cruel, l'impie, l'injuste.

Cessez, dit Basilide (a), autre chef de secte [8], de vous amuser de la vaine et curieuse recherche des diverses opinions des hommes sur la cause et sur l'origine du bien et du mal. Examinons plutôt ce que les barbares ont pensé là~dessus ; car quelques-uns de ces philosophes ont dit qu'il y a deux principes de toutes choses, et que c'est d'eux que procèdent les biens et les maux. Ils font ces principes éternels et sans commencement, et ils appellent l'un la lumière, et l'autre far ténèbres. Ces deux principes subsistaient à part chacun d'eux menait la vie qu'il voulait et qui lui convenait. L'un et l'autre étaient contens de leur partage , parce que chacun aime ce qui lui est propre , et que rien ne peut se persuader qu'il soit le mal même.

Origène (b) place aussi dans le monde des puissances contraires , qui sont rangées , les unes sous l'empire du bon principe , et les autres sous celui du mauvais, et qui sont sans cesse occupées de se contrarier. Il appelle ces dernières les auges du diable. Ce sont les dews de la cosmogonie des Perses , qui se rangent sous les drapeaux d'Ahrimane, comme les bonsgénies combattent sous ceux d'Ormusd. Suivant le même Origène (c), le dragon dont le mauvais principe prit la forme était attaché à la matière et aux ténèbres qu'elle produit.

Je ne pousserai pas plus loin ces détails sur l'ancienneté et sur l'universalité du dogme des deux principes

(a) Beatwobrc , t. i, 1. 1, c. 3, p. 40 j Frag. Basilide. Act. Disput., p. 101. (*) Orig. Corn, in Math., p. 454 — (o) Idem. Com. in Johan., p. !«.

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