‹ Origine de tous les cultesChapitre 120 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Dieu , la sagesse de Dieu et sa raison éternelle , le guide des armées puissantes du Seigneur , l'ange de son grand conseil. . . Ils lui donnent le nom de lumière vraie , de soleil de justice. Après cette seconde substance , il en vient une troisième qu'ils placent dans le lieu de la lune ou des générations ; c'est celle de l'esprit saint qu'ils associent néanmoins à la première cause. Cette idée revient assez à celle de Macrobe qui place le spiritus près de la matière qu'il anime , occupant la troisième place dans la série des êtres premiers. Il communique aux êtres qui lui sont inférieurs et qui sont soumis à son action, les dons précieux qu'il reçoit lui-même du logos et du premier principe ou Dieu suprême , dont le logos lui-même reçoit sa lumière. Ce principe incréé de tous les biens est source de divinité , de lumière et de vie; trois attributs que la théologie d'Orphée donne au Dieu inaccessible , lequel de son sein fait jaillir le premier rayon lumineux qui éclaire le chaos.

Ainsi tous les théologiens hébreux, continue Eusèbe(a), placent après le Dieu suprême , d'abord sa sagesse , sa première production, et ensuite une troisième faculté qui partage sa nature divine, cet esprit sacré qui a éclairé les prophètes. On retrouve dans ce passage d'Eusèbe les expressions platoniciennes sur la lumière intellectuelle , sur les animaux intellectuels et raisonnables , soumis au fils et à l'esprit $ au-dessus de tout était le père.

Le Juif Philon , dont Eusèbe a rapporté plusieurs passages , et dont d'ailleurs nous avons tous les ouvrages , emploie partout les divisions et les expressions platoni- - ciennes sur les premiers principes et sur les deux mondes

(«5 Euseb. Praep. «v.; 1. 7, c, i5, p. 3a5.

2jH RELIGION CHRÉTIENNE.

intellectuel et visible , et sur leurs rapports. II nomme » la tète de tous les principes l'Etre , celui que Platon ap-. pelle la première cause , qu'il est difficile a l'homme de comprendre. Si la raison humaine ne peut y atteindre y l'homme doit chercher au moins à contempler son image, c'est - à - dire sa raison , son intelligence sacrée. Cet iutcllect , fils de Dieu , suit les routes que lui trace son père , et , fixant ses regards sur le modèle archétype des êtres, il dessine leurs formes d'après cet exemple. Toutes ces idées sont exactement platoniciennes, et ressemblent ii ce passage de Jean , où il dit que rien n'a été fait sans le fils ; et ailleurs , que le fils ne peut rien faire qu'il n'ait vu le père agir le premier.

C'est ce que dit également Platon, savoir que le logos divin a disposé et arrangé Tordre du monde. Eusèbe joint à ces témoignages celui de Plotin , que nous avons déjà cité, sur ce monde archétype , lequel , dans son intelligence et dans sa vie éternelle (vira erat lux , et lux crat vita) , renferme l'ordre intellectuel: et il lui donne le \ nom d'intelligence pure et de sagesse ordinajtrice : toutes idées qui conviennent au logos, par qui tout a été fait et ordonné. A proprement parler , dit Philon , ce monde intellectuel n'est autre chose que la raison ou l'intelligence de Dieu organisant l'Univers. C'est cet archétype, ce lieu premier des idées , qui est le logos de Dieu. 11 a donné au spiritus et à la lumière une prééminence et une nature distinguée au-dessus du reste des choses. 11 a appelé l'un l'esprit de Dieu , parce qu'il est le soutien de la vie dont Dieu est le principe ; et l'autre la lumière , à cause de l'éclatante beauté qui la fait remarquer. Mais la lumière intellectuelle l'emporte autant sur celle qui <*st visible que le jour l'emporte sur la nuit. Cette lu-

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