‹ Origine de tous les cultesChapitre 124 sur 180 · chapitre m. a · texte numérisé non relu

chapitre m. a

idée que les Manichéens et les Orientaux (a). Ils l'appelaient une lumière répandue et diffuse (b).

Porphyre , dans Eusèbe (c) , dît que l'essence divine est d'une nature lumineuse , et qu'elle habite au milieu d'un feu éthérien très - pur : Démocrite , qu'elle est un entendement de la naturf <m feu (d).

Les cabalistes ont aussi une espèce de triade fort approchante de celle des platoniciens, des Chrétiens et des Égyptiens , qui a une influence sur les différentes sphères du monde. Kirker cite le témoignage d'un rabbin sur ces trois intelligences, révérées dans les mystères de la lumière primordiale et qui avaient l'unité pour centre commun. Nous ne nous engagerons pas dans la mysticité de la cabale. Nous n'en parlons ici qu'afin de faire voir que la triade ou que le système des trois principes était entré sous différentes formes dans toutes les théologies , et qu'ainsi il n'est pas étonnant de la retrouver dans celle des Chrétiens.

On dira peut-être que l'ancienne révélation explique cette universalité de la triade , et que, si elle se trouve chez les philosophes païens bien des siècles avant l'établissement du christianisme, c'est que la trace des anciennes opinions patriarchaies n'était pas absolument effacée , et que la révélation faite aux premiers hommes éclairait encore leurs descend an s.

Quoique nous n'écrivions pas ici pour des lecteurs qui croient à une révélation, mais uniquement pour ceux qui font usage de leur raison y la première et la seule

(a) Beau sobre , t. i,p. ^/BS. — (&) Paul Begcr. Cabal. Judaic. Chris., c. 3, $ 3, p. 59. — (c) Eo*b. Prrp. ct., 1. 3, p. 98. — (d) Plnt. de Plac, Phil.t p. 881 .

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lumière que la Nature ait accordée à l'homme , nous répondrons que la révélation ne peut être censée nécessaire, et qu'on lie peut en supposer i'existence qu'autant que la génération d'une idée importante sur la dîvinité serait inexplicable à l'homme. Mais il s'en faut de beaucoup que nous en soyons déduits là. Nous avons vu naître la trinité on le dogme de l'unité de Dieu, principe de vie et d'intelligence. Nous l'avons vue prendre naissance dans le monde matériel et visible, et passer ensuite par abstraction dans le monde intellectuel el invisible. Nous l'avons vue se propager, se multiplier sous mille formes, donner naissance à une foule de combinaisons de la même abstraction, différentes dans différentes écoles ; et partout nous avons reconnu la marche de l'homme dont le génie subtile a enfanté une foule de irrades de toute espèce. Nous avons prouvé que c'était là comme la manie de toutes les écoles , dans les siècles où s'est formé le christianisme ; et depuis le principe le plus matériel jusqu'à la conséquence la plus spirituelle , et à l'abstraction de l'abstraction , nous avons suivi pas à pas le progrès de la métaphysique sans jamais perdre la filiation des îdées. Partout nous avons remarqué les traces de l'homme-, jamais nous n'y avons vu la divinité mêler sa lumière aux obscurités de la métaphysique. Pourquoi chercherions-nous l'ouvrage de Dieu où nous avons vu l'homme seul agir? Pourquoi croirions-nous à une révélation et à une lumière surnaturelle quand nous voyons que la raison seule de l'homme a tout fait, et qu'il est dans sa nature, lorsqu'il quitte l'être corporel et physique en voulant s'clevcr, de se perdre souvent dans le monde des abstractions, et de finir, à force de vouloir être sublime, par ne plus être entendu des autres, et quelque-

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