‹ Origine de tous les cultesChapitre 133 sur 180 · CHAPITRE III. 29g · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 29g

trant dans sa carrière le jour même où Ton fixait le commencement de l'hiver, c'est-à-dire le 8 antè cal. januar.> ' devait aussi être censé franchir le fameux passage qui sépare cette saison de la saison suivante , ou l'hiver du printemps , et se soustraire à l'empire des longues nuits et aux ténèbres de cette espèce de tombeau , le 8 antè car Icnd. aprih , terme auquel les calendriers anciens fixaient le commencement de la nouvelle saison et le rétablissement de Tordre dans le monde sublunaire. Effectivement , nous avons vu que , comme les anciens célébraient le 8 antè cal. jan. , une fête en l'honneur du soleil qui était, à cette époque , dans une espèce d'enfance , ils en célébraient aussi une autre sous le nom d'hilaria, le 8 antè calend. aprilis , en honneur du soleil qui affranchissait en ce jour l'Univers de l'empire des nuits. Or, c'est à pareil jour jour précisément , à l'heure de minuit , c'està-dire trois mois après , minute pour minute , que les premiers Chrétiens ou leurs traditions les plus anciennes supposent que Christ est sorti du tombeau tout radieux , et qu'il a affranchi l'Univers de l'empire du prince des ténèbres , et détruit le mal produit par le serpent ; c'està-dire que Christ, chez les Chrétiens , fait spirituellement la même chose que fait le soleil physiquement et au même moment , et il triomphe du même monstre \ j'ajouterai sous la même forme , puisque le soleil entrait alors dans aries ou dans l'agneau. Il y a bien de l'apparence que toute cette spiritualité est calquée sur la physique , ou plutôt qu'elle n'est que de la physique déguisée sous une forme spirituelle et abstraite. Les anciens appelaient seigneur le soleil : les Chrétiens appellent son jour le jour du Seigneur. Le soleil franchissait alors sous le bélier le fameux passage qui sépare l'empire de

SOO RELIGION CHRÉTIENNE.

la lumière et du bien de celui des ténèbres et du mal. Oir appelle la fête de la résurrection la fête du passage du Seigneur , et on la fixait primitivement an »5 mars invariablement. Depuis, elle est devenue mobile, mais toujours néanmoins liée nécessairement a l'équinoxe et au passage du soleil vers l'empire des jours et vers le trône de sa gloire. On a vu l'origine des traditions qui fixent à cette même époque , soit la création primitive , soit la réparation , soit le second avènement , et le rétablissement d'un nouvel ordre des choses.

Nous avons fait remarquer que ces mêmes fêtes équinoxiales étaient, 60us le même symbole de l'agneau ou du bélier, établies depuis long-temps en Egypte, en Perse , en Judée sous le nom de l'immolation de l'agneau, etc. , en mémoire de la grande révolution opérée dans la Nature par l'action du feu céleste. Nous y avons opposé la cérémonie qui se pratique encore aujourd'hui à Jérusalem, où l'évèque , en sortant du tombeau de Christ , imite la descente du feu céleste sur la terre , et entonne le resurrexit\ et nous avons fait remarquer que toutes nos cérémonies nous rappellent l'idée d'un renouvellement de toutes choses , et surtout le triomphe du feu nouveau et de la lumière nouvelle.

Nous avons fait voir que l'agneau pascal n'était pas un symbole arbitraire, et qu'où avait eu sur l'agneau les mêmes principes théologiques qu'on avait eus anciennement sur le bœuf, et qui sont encore perpétués en Orient ; que le taureau , ayant autrefois occupé l'équinoxe de printemps , comme nous l'avons prouvé dans notre explication du monument de Mithra , sous lui la Nature s était régénérée , et son sang en avait réparé le» malheurs , comme fit ensuite le sang de l'agneau qui le

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