‹ Origine de tous les cultesChapitre 135 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

faut naissant au solstice d'hiver , et exposé sur le van mystique , comme Christ dans sa crèche -, Bacchus , fils de Cérès , nom de la vierge céleste qui porte l'image du jeune Christ ; Bacchus qui paraît en triomphe monté sur l'âne ;Bacchus qui change l'eau en vin, comme Christ; Bacchus qui avait ses initiations et ses mystères, comme Christ; Bacchus qui était , comme Christ, mis à mort , qui descendait aux enfers et ressuscitait , et qui retournait ensuite au sein de la divinité dont il était descendu pour se communiquer au monde visible ; Bacchus dont on représentait la passion par le déchirement d'un taureau , comme on représente celle de Christ par l'immolation de l'agneau qui remplaça l'ancien taureau ; Bacchus dont Minerve ou l'Isis , mère du soleil , conserve le cœur pour le rendre au premier Dieu son père ; Bacchus à qui on donnait le nom de fils de Dieu, comme Platon le donne au soleil , et dont les païens expliquaient les aventures tragiques par les phénomènes de la Nature et par la marche du soleil; Bacchus enfin appelé yesy et désigné dans l'hymne de Martianus Capella par ce nom allongé ensuite delà terminaison us ou en Jésus.

Il en fut de même d'Adonis , mort , descendu aux enfers , et ressuscité à l'équinoxe de printemps , et dont Macrobe , avec raison , explique la résurrection par le retour du soleil aux régions boréales et par son passage équinoxial. Adonis ou le soleil est pleuré : on lui dresse un tombeau , et, après quelques jours de deuil, on chante son retour à la vie et à l'empire des Dieux , et le triomphe du Dieu-soleil sur l'hiver, monstre affreux qui lui a ôté la vie en le dépouillant du principe de fécondité.

Nous avons vu également le soleil, sous les noms d'Horus et d'Apollon, naître d'Isis , être confié aux soins du

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bootès qui accompagne toujours la vierge céleste , auprès de laquelle il est placé , être mis à mort, pleuré par sa mère qui a enfin le bonheur de le retrouver après qu'il a triomphé du grand serpent à l'équinoxe de printemps, époque où Ton fêtait ce triomphe en Grèce. Les pères de l'Eglise et les défenseurs de la foi chrétienne se sont étudiés à nous décrire ces alternatives de tristesse et de joie , et les fêtes lugubres et gaies occasionées par la perte et le retour à la vie du jeune fils d'Isis -, les larmes de sa mère , la désolation de ses prêtres et les chants d'allégresse qui succédaient lorsque la Déesse voyait son fils , rendu à la vie et à l'immortalité , aller prendre place à la droite de Dieu son père , comme, il nous est représenté dans Callimaque. Nous avons vu Mac robe nous peindre ce Dieu renfermé dans un antre étroit et ténébreux pendant l'hiver, jusqu'à ce qu'au printemps il s'affranchît des .ombres de cette espèce de tombeau pour rentrer vainqueur dans son empire dont l'hémisphère boréal est le siège.

Nous avons cité les peuples hyperboréens qui célébraient par des concerts et des danses le passage du Dieusoleil au point équinoxial de printemps , et son retour vers leurs régions dont il allait faire le bonheur. Ces fêtes , appelées dans certaines contrées fêtes de sa résurrection, étaient dans d'autres appelées fêtes de son réveil ou de la liberté qui lui était rendue : Uni la même idée a été exprimée par des formes différentes.

Nous avons passé en Phrygie où nous avons vu le même Dieu-soleil, honoré sous le nomd'Atys, éprouver une cruelle mutilation. Comme Christ « jétys nait au milieu des ténèbres , et apporte sur la terre une grande lumière. Sa mutilation réduit la terre à une affreuse stéri-

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