‹ Origine de tous les cultesChapitre 138 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de «es peuple» et la nôtre : de manière à faire voir la filiation de notre culte , né du culte mithriaqne et véritable secte de la religion de Zoroastre et de la religion du feu solaire , la plus ancienne , ou pour mieux dire la seule , et la religion universelle de tous les peuples. Nous avons conclu , d'après rénumération de ces différentes fables solaires , que la légende de Christ était une fiction mystique de même nature , mais seulement moins ingénieuse que les autres ; du reste d'accord entièrement avec elles sur le point capital , celui de la résurrection à l'équinoxe de printemps , et du deuil qui accompagnait la mort qui était supposée précéder cette résurrection. Nous avons rapporté à l'appui de tout cela une foule de pratiques consacrées dans la religion de Christ , qui prouvent ses rapports avec le culte du soleil $ d'où nous avons conclu que le culte de Christ était absolument celui du soleil, parce que les fables faites soit sur la naissance du réparateur, soit sur sa mort et sa résurrection, conviennent au soleil , et avaient été déjà faites avec quelque nuance de différence sur le soleil chez différens peuples ; et qu'il était inutile de chercher ailleurs que dans le soleil le héros de la religion des Chrétiens, puisqu'il avait tous les caractères du héros des autres religions , dont le culte était dirigé vers le soleil , que l'Univers a adoré sous une foule de noms différens, et que l'on fait victime de malheurs à peu près semblables , et fixés aux mêmes époques du temps.

Après avoir établi un accord aussi parfait entre la théorie du second chapitre et celle du premier , qui deit nécessairement le soleil pour réparateur , nous passé à la partie théologique de la religion des Chrétiens , et nous avons fait voir que le soleil avait aussi

3o8 RELIGION CHRÉTIENNE.

le caractère théologique essentiel à Christ, c'est-à-dire, qu'il était le corps visible auquel s'unissait dans ce monde la substance lumineuse que les théologiens païens appelaient mentis fontem, ou la source de nos intelligences, et le logos , ou l'intelligence de la divinité invisible , le second Dieu , ou le fils de l'Etre suprême , la lumière de lumière , le fils premier-né du père invisible , qui seul peut voir son père , sa force , sa sagesse , son image. Nous avons établi la distinction des deux natures de la lumière , comme celle des deux natures de Christ, résidant éternellement au sein de son père sous un rapport , et habitant sous un autre parmi nous , et assujetti au corps et à ses altérations dans le monde visible. Nous avons fait voir que non-seulement le dogme de l'unité de Dieu n'était point particulier aux Chrétiens , mais qu'il en était de même de celui de la tri ni té, ou de la subdivision de la monade paternelle en logos et en spiri- /n5, abstractions personnifiées par la mysticité ; qu'on les retrouvait dans Platon et dans la théologie égyptienne , d'où les Chrétiens les avaient vraisemblablement empruntées; que ces subtilités métaphysiques étaient en vogue dans le temps où les idées théologiques des Chrétiens ont paru en Occident , et ont pris une certaine consistance que leurs docteurs parlent le même langage que l'on parlait dans les écoles des platoniciens. Nous avons remarqué que cette ressemblance de dogmes est non - seulement avouée par leurs docteurs , mais que ce sont eux surtout qui nous en ont fourni les preuves.

Nous avons vu naître ces idées des réflexions les plut simples sur la Nature , dans l'unité de laquelle réside l'unité de vie et d'intelligence dont tous les êtres ont une portion. Nous avons vu le spiritus chex les païens, comme

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