CHAPITRE III. 3og
chez les Chrétiens , désigné par le même nom , peint 6OU6 les mêmes formes , divisé en sept parties de la même manière , remplissant les mêmes fonctions de principe de vie et d'esprit créateur, et prenant le nom de Dieu dans l'une et l'autre théologie.
Nous avons vu également le principe d'intelligence , ou la sagesse de l'être unique, désignée par le même nom de noils logos , mens et P'erbum , appelé dans Tune et dans l'autre théologie du nom de lumière , et placé dans la substance lumineuse du grand Dieu \ faisant dans Tune et dans l'autre la fonction de sagesse universelle et de nos in-
telligences est une émanation. Nous avons vu la théologie d'Orphée d'accord en cela avec celle des Chrétiens , et surtout avec l'Évangile de Jean , le seul qui nous donne quelques notions sur le logos , lumière intelligente et invisible dans Dieu, et visible parmi nous en s unissant au corps solaire. Nous avons vu celles des Phéniciens , des Chaldéens, des Egyptiens, des Grecs platoniciens , Plotin , Proclus , Jamblique , Porphyre , etc. , s'accorder toutes à nous donner la lumière pour principe d'intelligence , désigner par le mot lumière l'intellect ou le logos de la divinité , et appeler Dieu cette lumière.
Nous avons ensuite vu comment ce Dieuspiritus et ce Dieu-lumière se confondaient dans la substance du grand Dieu unique, et ne faisaient qu'un seul Dieu, principe d'intelligence et de vie universelle , qui était le grand Pan , ou l'Univers lui-même.
Nous avons vu la métaphysique , par ses abstractions , faire naître de l'Univers même un Dieu tout incorporel , qui était l'unité même de l'être eause de tout; être absolument intellectuel, qui renferme en lui toutes le*
3lO RELIGION CHRÉTIENNE.
divisions de l'être corporel avec leur filiation et leur ordre gradué, mais d'un ordre intellectuel comme l'unité abstraite Tétait elle-même. Ce Dieu des platoniciens et des autres spiritualités est aussi celui des Chrétiens , irai l'ont admis avec toutes les divisions intellectuelles de son unité purement intellectuelle. Nous avons vu alors le logos devenir l'intelligence pure de Dieu et le plan archétype de tous les êtres , idée commune aux platoniciens et aux Chrétiens , et par laquelle s'explique le passage de Jean , qui suppose que l'ordre du monde et son organisation est l'ouvrage dû Verbe ou de 1 intelligence divine qui réside primitivement en Dieu, et qui brille secondairement dans le monde son ouvrage. Nous avons vu que les idées théologiques sur les trois principes n'avaient point changé en se spi ritualisant, si ce n'est qu'elles avaient rendu incorporel tout ce qui était corporel auparavant : mais que chez les spiritualisles des deux théologies païenne et chrétienne tout était absolument semblable. Nous avons cité à l'appui de notre théorie le fameux hymue de Martianus Cape lia , dans lequel toute la mysticité «le la théologie du. soleil se trouve réunie à la partie cosmique rapportée plus ha.ut. Nous l'avons fait suivre de plusieurs passages de Macrobe, dans lesquels on retrouve les trois principes, père, logos et spiritus, avec lenr unité originelle dont ils ne se séparent jamais , et avec leur filiation naturelle, et on y voit le spiritus procédant du logos que le père engendra, enfin le même dogme et le même langage qu'on retrouve chez les . théologiens chrétiens. Nous avons fait voir ensuite que celle théologie n'était pas celle de Macrobe seulement ; qu'elle se retrouvait chez tous les platoniciens, et qu'elle avait donné lieu à une foule ç\e subtilités métaphysiques