CHAPITRE I
désiguer dans l'œuf représentatif du monde , dont les deux principes ténèbres et lumière partagent l'empire , et dans lequel ils marchent toujours opposés , de manière à se chasser, à se vaincre mutuellement, et à remporter successivement la victoire l'un sur l'autre. L'astronomie ayant divisé la sphère céleste ou l'œuf magique en douze stations ou préfectures que parcourt le soleil durant chaque révolution , il est clair qu'il y en a six pendant lesquelles le principe lumière ou le jour l'emporte par sa durée sur les nuits , et six autres , pendant lesquelles les nuits triomphent du jour , jusqu'à ce qu'enfin la lumière reprenne de nouveau son empire. Ces six préfectures comprennent les six signes de l'hémisphère supérieur que le soleil parcourt , depuis l'équinoxe de printemps jusqu'à l'équinoxe d'automne ; les six autres sont les six signes de l'hémisphère inférieur , que le soleil parcourt depuis l'équinoxe d'automne et pendant tout l'hiver , jusqu'au moment où cet astre , après s'être éloigné de nous , repasse dans notre hémisphère , y rapporte la chaleur et la vie , et rend au jour son empire sur les nuits. Cette division n'a pas échappé aux astrologues , parce qu'elle est donnée par la Nature , et elle a dû frapper tous les peuples septentrionaux.
Manilius, dans son poème, en fait une des divisions fondamentales de l'astrologie ancienne (a). Elle est aussi remarquée par Geminus (b) , ainsi que par Pline (c). C est elle qui est désignée ici par les six préfectures d'Ormusd et par les six d'Ahrimane , comme nous allons le voir dans un autre monument cosmogonique de la
(a) Maoil., I. a, v. 318. — (b) Gemiu. fjnmol. Petar., P- «5- — (') Pline, ili.t. Wat., I. i8,c.a5.
4o RELIGION CHRÉTIENNE.
religion des Perses. Cette même division y est exprimée clairement par le nom des signes du zodiaque, qui répondent à la durée de l'empire du principe du bien et de la lumière , ou aux six préfectures du règne de Dieu , et par celui des signes où commence l'empire du mal. Elle est fixée aux mêmes constellations du zodiaque que Geminus , Maniliùs et Pline , ou plutôt la vérité astronomique , marquent comme limites de l'empire du jour sur les nuits et des nuits sur les jours , c'est-à-dire , d'un côté au bélier ou à l'agneau, et de l'autre à la balance [9].
Cette cosmogonie suppose que l'homme créé par la divinité fut d'abord heureux sous l'empire des six signes célestes qui répondent au printemps et à l'été , mais qu'au septième signe , ou dans le mois qui répond à l'équinoxe d'automne , le mal entra dans l'Univers. L'auteur de cette fiction appelle les six premiers signes les temps de Dieu , et les six autres les temps du diable ou d'Ahrimane *, en sorte que la révolution totale des douze parties du temps se trouve partagée également entre les deux principes , savoir entre celui du bien et de la lumière , et entre celui du mal et des ténèbres.
Ces traditions sacrées sont imprimées avec le Boundesh ou avec la cosmogonie des Perses , et sont tirées* de la troisième section de Modimel et Tawarik; voici ce qu'on y Ut (a) :
« Le Dieu suprême créa d'abord l'homme et le taureau dans un lieu élevé , et ils restèrent pendant trois mille ans sans mal. Ces trois mille ans comprennent Y agneau , le taureau et les gémeaux. Ensuite ils resté -
(a) Zend-AvesU, t. a, part, a, p. 35a , c. 8j du Modimel el Tawrik , »tct. a,