‹ Origine de tous les cultesChapitre 144 sur 180 · CHAPITRE III. ôig · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. ôig

pari lion en Egypte, dans le même temps, et dans les mêmes lieux où Ton célébrait autrefois celle de Pcrsée , n'est que l'ancien Persée , combattant le monstre auquel est exposefc une jeune fille, qu'il délivre*, que la légende et les figures sont les mêmes. On pourrait leur faire voir que de la belle étoile de la couronne , appelée rnargarita [i 19], à cause de son brillant, laquelle est placée précisément au-dessus du serpent d'Ophiucus , qui développe au-dessous d'elle ses longs replis, ils ont fait une sainte Marguerite , qui foule aux pieds un serpent , et dont ils célèbrent la fête en juillet, à peu près au même jour où les calendriers anciens marquent occidit Lucida coronœ , autrement , Margarita.

On fêta aussi saint Hippolyte trainé par des chevaux f comme le fils de Thésée, et on en montre les reliques à Saint-Denis. Les restes de Thésée furent découverts , dit-on, parGmon, dans l'île de Scyros, où il avait été enterré , et transportés avec pompe à Athènes. On sacrifia à ces reliques , comme si c'eût été lui-même qui fut revenu dans cette ville. On répéta tous les nus ce sacrifice solennel , qu'on fixa au huitième jour de novembre (a). On trouve pareillement , dans le calendrier des Chrétiens, la fête des saintes reliques, fixée au« 8 novembre.

Je ne pousserai pas plus loin ces recherches , dont je supprime une grande partie, parce que mon but dans cet ouvrage n'est pas de relever toutes les méprises de l'ignorance et de la crédulité , mais , au contraire , de rappeler notre rettgion à sa véritable origine , d'en faire voir la filiation , de montrer le lien qui l'unit à toutes les au-

^i) PUt. Vitâ TUewi sub finem.

très , et surtout de fixer le vrai sens de ses allégories , et de donner le mot de ses énigmes afin d'en faire voir la nature , et de la venger du ridicule et du mépris dont l'ont voulu couvrir tous ceux qui ont cherché à 1 attaquer, faute de la comprendre. Ce qu'il fallait attaquer , c'est l'ignorance et la crédulité qui la défigurent et la déshonorent en prenant à la lettre ses ingénieuses allégories et ses savans mystères. C'est sous ce point de vue qu'elle est bizarre , absurde , révoltante et indigne de l'homme : mais ce n'est pas la notre religion : c'est son spectre affreux. Malheureusement il est Yrai que c'est ce spectre qu'on nous présente toujours ; c'est lui qu'on nous force de recevoir pour elle. C'est entre ses mains qu'on met les chaînes cruelles qu'on donne à l'usage le plus doux de nos sens et de notre raison. C'est là ce spectre qui marche toujours escorté de bourreaux et de prêtres plus cruels encore qu'eux. C'est là le monstre qui, armé d'un poignard sanglant, égorgea tant de milliers d'hommes à la journée de saint Barthélemi : qui a été dévorer les habitans du nouveau monde , et nous en a apporté 1 or presque aussi funeste aux sociétés que la superstition , et après elle , le plus cruel fléau que la nature ait produit. C'est ce fantôme affreux qui allume encore aujourd'hui les bûchers de Madrid et de Goa , qui sous Louis XIV arrachait les enfans du sein de leurs mères , et qui dévore le patrimoine des peuples. Enfin c'est lui qui nous a donné la Vendée et tous les maux et les crimes qu'elle a produits.

S'il est quelqu'un qui puisse, sans frémir, voir sa tyrannie et contempler sans horreur tous les ravages qu'il a commis, il mérite d'en être la victime. Quiconque l'alimente et le défend est lui-même le plus

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