‹ Origine de tous les cultesChapitre 16 sur 180 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

doivent être de même nature que lui , ou des astres , soit bons , soit mauvais.

Daus ces deux cosmogonies , l'introduction du mal est désignée par l'ascension de la balance ou du signe qui ramène les froids de l'automne. Dans la première , <jue nous avons rapportée plus haut , où il est question du jardin délicieux dans lequel l'homme fut placé , c'est le serpent qui ramène les hivers. Ces deux emblèmes , si différens en apparence , se réduisent au même symbole cosmique , puisque , si on voit dans le ciel la balance à l'éqainoxe d'automne , on trouve aussi à cêté d'elle un serpent , et que l'ascension de celui-ci accompagne toujours celle du signe auquel il est joint. Car le serpent , dit Théon dans ses commentaires sur Aratus (a) , porte sa tète sur la balance à laquelle il semble tenir. Or , comme il n'y a point de serpent sur la terre qui ramène le froid, de même qu'il n'y a point de chien qui produise le chaud , il s'ensuit que nous devons chercher le serpent qui produit le froid aux cieux, où l'on trouve le chien qui cause les ardeurs de l'été , et faire du serpent un être du même monde que le chien qui amène les chaleurs caniculaires.

Ainsi , il n'y a point de doute que les signes célestes du zodiaque ayant été choisis pour déterminer la marche progressive de la lumière , du chaud et du froid , du bien et du mal de la Nature , et en fixer les limites , l'on n'ait également choisi les constellations hors du zodiaque , qui se lèvent et se couchent en même temps , pour fixer les mêmes époques , puisqu'elles servaient à marquer la succession des signes et les saisons dans les anciens calen-

{«) Thcon ,p. 117.

driers. Or, puisque ces astres étaientre gardés parles uns comme des causes , et par les autres comme des signes des effets produits dans la Nature sous leur aspect, nous croyons pouvoir conclure que , la révolution des astres étant périodique, celle des effets le sera aussi ; que , si le mal produit est l'hiver et le ravage qu'il porte dans la nature sublunaire , le mal ne sera pas sans remède , et que l'homme doit en attendre la réparation, comme elle lui fut effectivement promise au moment de son prétendu péché. En suivant toujours notre conséquence , si le mal est celui qui se reproduit tous les ans en automne , la réparation s'en opérera à l'équinoxe du printemps, ou à Pâques, fête qui est essentiellement liée chez les Chrétiens à cet équinoxe. Si le mal est le froid qui suit la retraite du soleil vers les régions australes , le bien sera la chaleur végétative que rapportera le soleil lorsqu'il repassera vers nos régions septentrionales. Le réparateur sera le soleil lui-même , cet astre père de la Nature, que Platon appelle le fils de l'Etre-Suprème , qu'il a engendré semblable à lui , et qui se produit sous les formes d'Ammon ou de l'agneau équinoxial , auquel il est uni à ce moment , comme le principe des ténèbres avait pris la forme du serpent placé sur la balance à l'autre équinoxe, où les ténèbres commencent à reprendre leur empire dans le monde , et dans les replis duquel s'entortille Pluton , Dieu des ombres et des morts.

Qn voit déjà, par ce premier aperçu, la religion chrétienne, avec ses principaux caractères, naître comme une conséquence nécessaire de la théologie judaïque, et le réparateur allégorique prendre les formes sacrées dont il est revêtu, lorsqu'il combat et défait le serpent allégo-

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