‹ Origine de tous les cultesChapitre 170 sur 180 · TOME v · texte numérisé non relu

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son influence à celle de la baleine , et se groupe arec elle parmi les constellations qui fixent le terme de l'annet et l'arrivée du soleil dans aries où la Nature doit être régénérée, et un nouvel ordre de choses succéder à l'ancien, par l'action du soleil sur la terre que ses rayons vont rajeunir et féconder.

L'auteur ajoute que cette bete fit de grands prodiges, jusqu'à faire descendre le feu du ciel sur la terre devant les hommes (a). Il semble la revêtir de toute la force de la magie, en lui donnant le pouvoir de guérir la béte qui avait été frappée d'un coup d'épée, d'en animer TU mage , de la faire parler. Cette puissance magique avait été attribuée à Méduse, et en particulier elle avait l'art de faire tomber le feu du ciel sur la terre. Cédrénus nous dit que Persée, celui qui de son épée frappa la baleine, enseigna aux Perses la magie de Méduse (b) , en vertu de laquelle le feu descendait du ciel. Ce sont ces traditions persiques sur Persée et sur Méduse , que l'auteur de l'Apocalypse a consacrées dans ce chapitre, lorsqu'il nous dit que le monstre à cornes de bélier , et qui avait les attributs et le langage du serpent, faisait beaucoup de prodiges, et, entre autres, qu'il avait fait descendre Je feu du ciel. C'est ce feu sacré immortel qu'on allumait à Rome et dans tout l'Orient sur les autels à l'équinoxe, au lever de Méduse et de Persée , et que les mages entretenaient dans leurs temples, le feu étant la plus grande divinité de la Perse. De-la sans doute l'origine de cette tradition sur Méduse et' sur la fonction qu'on lui attribuait. Elle était placée sur ce bélier dont l'image est encore représentée dans une grotte en Egypte , et qui

(a) Àpoc, t. 3. — (b) Cedreo., p. a*.

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se trouve ço»€hé sur un bûcher que des prêtres allument, en tirant, des rayons du soleil qu'ils touchent de l'extrémité du doigt , le feu éternel qui doit )e consumer.

C'était au printemps que les traditions égyptiennes portaient que le feu céleste avait autrefois embrasé la terre (a). C'était sur le second décan d'Qrws auquel correspondait Méduse ou caput cacodwnvmis , comme nous l'avons vu plus haut, que les anciens astrologues com pensaient un sceau magique , ou le talisman solaire, marqué du nombre mystique 666. Ce sceau que chacun devait porter sur soi, avait la vertu merveilleuse de rendre heureux en tout celui qui en était muni , de le rendre redoutable , de lui faire obtenir des princes et des rois tout ce qu'il souhaiterait, de dire retrouver eu qu'on avait perdu , et d'attirer les bénédictions du ciel sur chacun et sur tout ce qui lui appartenait. C etait-la un grand secret, disaient les astrologues*

Voici maintenant ce que dit l'Apocalypse à l'occasion de Méduse qui est placée au-dessus d'anV, comme là baleine au-dessous , laquelle semble , eu quelque sorte , porter sur sa tète ce décau , ou, pour mieux dire, tout aries: « Elle fera eucore (6) que tous les hommes petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent le caractère de la bète dans leur main droite et sur le front î et que personne ne puisse acheter ni vendre, que celui qui aura le caractère et le nom de la bête ou le nombre de sou nom. C'est ici la sagesse. Que celui qui a l'intelligence compte )e nombre de la bête» Ce nombre est 666. » Que de ressemblance dans les deux idées ! D V bord le nombre est absolument le même. L'astrologue

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(•) Epipk. adr. Hrroe. - (ty Apos., t*.

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dit : Cest un grand secret ; Y Apocalypse : Cest ici la sagesse. L'astrologue prétend qu'avec ce signe on réussit en tout; l'Apocalypse prétend qu'on ne peut s'en passer, soit qu'on veuille acheter , soit qu'on veuille vendre. Il y a donc beaucoup d'apparence que le sceau fameux dont le mystagogue veut qu'on se serve et que le magicien veut que chacun s'applique, et qui contient le nombre mystique 666 , n'est autre chose que le sigillum astrologique marqué du nombre 666. On le consacrait au moment où le soleil dans le bélier s'unissait aux deux constellations de la baleine ou du monstre marin et de la Méduse céleste , entre lesquelles aries et le soleil équinoxial se trouvaient placés. Non-seulement l'identité du nombre, mais le lieu du ciel auquel l'astrologie l'appliquait, et qui est précisément le même où nous avons fixé, notre sphère depuis le moment que nous expliquons les tableaux de l'Apocalypse, à l'instant où la révolution s'achève et où l'Univers va être régénéré , favorise pleinement notre conjecture. Un pareil accord serait bien difficile s'il n'était pas fondé sur la vérité ellemême , et si ce n'était pas là cette idée astrologique que l'hiérophante Jean a voulu appliquer à la baleine et à Méduse , parce qu'elle s'y trouvait liée dans la science secrète de l'astrologie et de la magie dont on attribuait à Méduse et à Persée la merveilleuse invention.

On sait que , dans la fixation des saisons , non-seulement les levers et les couchers du soir étaient observés , mais encore ceux du matin au lever du soleil. C'est ce que Daniel appelle vision du soir et du matin, c. 8, v. 26. Or, si le soir le coucher de la baleine et le lever du vaisseau, de la vierge et du dragon déterminaient l'équinoxe, le lever de la Méduse et l'ascension de la queue

de la baleine avec les cornes du bélier et Peraée , le marquaient le malin à l'orient. Cest sans doute . ce changement d aspect qui a fait désigner le couchant par le côté de la mer , et le levant par le côté de la terre. L'auteur voit donc le soir , du côté de la mer , la baleine ou le monstre dont une partie, c'est-à-dire la queue, est couchée et a entièrement disparu. Mais bientôt cette, partie blessée ou couchée redevient visible le matin à l'orient , du côté de la terre, au lever de l'agneau et de Méduse , qui ramène cette queue, couda piscis, à l'horizon supérieur. C'est ainsi qu'on doit entendre ce que* dit l'auteur de l'Apocalypse (a), qu'il avait vu du côté de la terre une bête qui avait les cornes de l'agneau r parlait comme le dragon, et qui exerçait la puissance de la première bête , en présence de cette première dont la plaie avait été guérie.

Le côté delà terre nous semble être le bord oriental, et la guérison de la partie blessée de la bête , lorsqu'elle était ex mari, du côté de la mer , est l'apparition de sa queue à l'orient, ramenée avec Méduse et le bélier, et qui était cachée à l'occident, lorsque l'on consultait l'aspect du ciel le soir au lever de la vierge et du vaisseau. L'auteur a donc fait deux fois usage de la baleine; la première fois lorsqu'il parle des aspects du soir, la queue de baleine étant cachée dans les flots, tandis que sa tête est encore au-dessus -, la seconde , lorsqu'il marque l'aspect du matin , où cette même queue qui s'était couchée la première reparaît par la même raison la première avec Méduse et avec la tète du bélier ou d*ariesf qui est alors le premier signe à l'orient où il va ouvrir

(«) Apocalypse, c. 11, t. i3.

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le* portes du Jour, ayant ittr don dos le Dieu de lumièr* qui doit entrer dans son triomphe. Cette conjecture est d'autant plus vraisemblable , que le bélier ou l'agneau est le premier des doute signes qui paraisse à l'orient , accompagné des deux monstres dont on rient de voir la description dans la sphère ^savoir bestia et caput dœ~ mohis , que suivaient câput arietis et cornua ejus dans les sphères orientales d'Aben-Ezra et dans le véritable ordre dn monde, Comme ou peut s'en assurer avec une sphère. L'Apocalypse pareillement fait marcher à la suite des deux tableaux monstrueux qu'elle vient de présenter, celui Parles ou de l'agneau sacré placé sur la montagne de Sion, entouré des douze tribus que nous avons vues ailleurs casées chacune sous un des douze signes du zodiaque , dans la distribution du camp des Hébreux.

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