‹ Origine de tous les cultesChapitre 2 sur 180 · SX* LA. CHUTE DE L HOMME · texte numérisé non relu

SX* LA. CHUTE DE L HOMME

L'istelligesce des mystères des sectateurs du culte mithriaque , connu sous le nom de religion de Christ , dépend surtout de l'explication des allégories sacrées de la religion de Zoroastre, que les Juifs ont adoptées dans leur cosmogonie. Les idées théologiques des Chrétiens sont essentiellement liées avec celles des Juifs , et toute la religion chrétienne est appuyée sur l'allégorie du second chapitre de la Genèse. L'incarnation du Christ n'est devenue nécessaire qu afin de réparer le mal introduit dans l'Univers par le serpent qui séduisit la première femme et le premier homme , en leur conseillant de manger des fruits du fameux arbre du bien et du mal. L'existence de Christ réparateur ne peut être admise , comme fait historique , qu'autant que la conversation du serpent avec la femme , et l'introduction du

mal , qui en fut la suite , sera un fait réel et historique» Si , au contraire , cette aventure prétendue n est qu'une allégorie , la réparation de Christ et sa mission ne peut être une réalité. On ne peut séparer ces deux dogmes l'un de l'autre. La nature de la première aventure détermine nécessairement celle de la seconde. Point de péché, point de réparation; point de coupable , point de réparateur 5 mais si la première aventure est réelle sous •un certain rapport, la seconde le sera sous ce même rapport. Il ne s'agit plus que d'examiner sous quel rapport elle est vraie , et si on doit y voir un fait historique ou un fait cosmique présenté sous le voile de l'allégorie. Ce doute est d'autant plus fondé que les trois premiers chapitres de la Genèse, qui contiennent ITiistoire de la création du monde, celle d'Adam et d'Ève , de leur tentation et de leur péché , ont toujours fait beaucoup de peine aux interprètes de l'Ecriture, juifs ou chrétiens.

(a) Thomas Burnet n'a pas dissimulé ces difficultés. Beausobre rapporte un précis de toutes ces invraisemblances inexplicables, et il joint cette réflexion si sage de Burnet (b) : « La fortune et le préjugé ont un grand pouvoir sur les esprits. Nous recevons, nous embrassons cette histoire sans examen , parce qu'elle a été écrite par Moïse. Si nous la trouvions dans un philosophe grec , dans un rabbin , dans un écrivain mahométan, l'esprit serait arrêté à chaque pas par des doutes et des objections. Cette différence dans notre jugement ne vient point de là nature des faits 5 elle vient de l'opinion que nous avons de Moïse, que nous croyons inspiré. »

(a) Beausobre, t. a, p. 4fo. — (b) Burnet. Arch., 1. a, p. 7.

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