‹ Origine de tous les cultesChapitre 21 sur 180 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

Il ne nous reste plus , après avoir fixé le sens de l'expression des six époques créatrices , soit en jours , soit en mille aos , que de déterminer, d'une manière phw précise que nous n'avons fait jusqu'ici f la nature du serpent symbolique dont nous avons indiqué le lieu dans le monde ou dans la sphère»

De ce que la cosmogonie des Perses nomme pour signe caractéristique et , pour ainsi dire , comme cause de l'introduction du mal , l'ascension du signe de la balance , auprès de laquelle et avec laquelle monte- aussi le serpent, nous avons conclu , par une induction fort vraisemblable, que ce serpent fameux , qui ramène l'hiver, est de même nature que la balance et placé dans la même voète. C'en est assez, déjà pour l'homme qui joint à la sagacité la jus» tesse d'esprit et qui juge des choses par analogie. Nous allons faire plus , et montrer que cette cosmogonie persane a entendu parler d'une constellation, et ensuite que c'estde cette même constellation qu'a voulu aussi parler celle des Hébreux , et que la traduction en est encore conservée.

Ce même serpent, dont le mauvais principe prend la forme pour porter le ravage dans l'Univers, reparaît plus d'une fois dans la théologie des Perses , et la manière dont on en parle ne permet pas de douter qu'il ne soit question d'une constellation. C'est dans le ciel qu'on le fait cheminer, c'est-à-dire sur la voûte même où il développe ses longs replis. Voici ce que dit le Boundesh : « Ahrimane ou le principe du mal et des ténèbres (a), » celui par qui vient le mal dans le monde, pénètre dans » le ciel sous la forme d'une couleuvre , accompagné des » dews qui ne cherchent qu'à détruire. » Les drws sont

(«) Zr»d- Aretts , t. at p. 35r.

les génies des ténèbres , qui , avec le serpent , ramènent les longues nuits sur notre hémisphère.

Dans un autre endroit du Zend-Àvesta (a) , où il est question de cet Ahrimane, chef des mauvais génies, on appelle la couleuvre m «il faisante , en termes propres et formels , Y astre-serpent, a Lorsque les paris (ce sont les » mauvais génies) désolaient ce monde , couraient par- » tout dans l'Univers', lorsque Y astre-serpent se faisait un » chemin entre le ciel et la terre, c'est-à-dire montait » sur l'horizon , etc. »

Le nom d'astre-serpent désigne incontestablement une constellation ; et cette constellation est placée dans le ciel , près de la balance , et monte avec elle. C'est donc elle qu'on a voulu désigner pour signe du mal produit dans l'Univers , lorsque les anges des ténèbres , les mauvais génies , viennent répandre leur maligne influence ; et quand on dit que ce serpent se fait un chemin entre le ciel et la terre , on désigne clairement un lever ou une ascension d'étoile sur l'horizon , l'astre semblant se glisser entre l'espace étroit où le ciel et la terre paraissent se confondre.

On y unit souvent le loup , constellation placée au midi de la balance, comme le serpent l'est au nord, et qui monte également avec eux. «Lorsqu Ahrimane court » sur la terre (6) -, que celui qui prend la forme de la » couleuvre court sur la terre \ que celui qui prend la d forme du loup court sur la terre , etc. ; et que le vent » violent du nord porte l'affaiblissement. »

La cosmogonie des Scandinaves unit toujours le loup

(a) Zend-Avata, p. 188. — {b) Ibid., t. a, p. i58.

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