CHAPITRE I
Feurts au fameux serpent son frère qui porte le ravage
dans le monde.
Dans les fables grecques , Lycaon (a) est changé en
loup , au moment où finit l'âge d or , et où Thémis- Astrée , la vierge de nos constellations qui précède la balance , monte au ciel. À la suite de cette fable vient celle du fameux serpent, dont triomphe le soleil où Apollon ; et ce serpent est celui qui est placé au pôle, et qui garde les pommes des Hes péri des.
Non-seulement le loup et le serpent d'Ophiucus ont été mis en action dans cette cosmogonie , mais encore le dragon du pôle , appelé dragon gardien des pommes des Hespérides , qui monte avec celui d'Ophiucus et avec la balance , mais plus an nord. Si nous nous sommes attachés à celui du serpentaire , c'est qu'il paraît par les traditions conservées encore aujourd'hui chez les Perses , et que nous allons rapporter, que c'est celui-là qui est désigné dans la Genèse. En effet, voici ce que rapporte Chardin à l'article de la sphère des Perses (b) : <* Les » Perses , dit cet auteur , ont à peu près les mêmes cons- • tellatiqps que nous , excepté que les constellations bo- > réaies , lebootès et le serpentaire , s'appellent A va [14], » la grande et la petite , qui est Ève , mère du genre hu- » main. » Il est bon d'observer que ce serpentaire est le fameux Esculape , comme nous lavons fait voir , le Dieu dont les en fans avaient des temples au bourg d'Ève en Argolide (c).
11 parait donc que les Perses savent encore aujourd'hui que , dans la constellation du serpentaire , ou de l'asté-
(s) Ovid. Mét., L 1, fabl. 6 et 9. — (£) T. 5, p. 86. — (c)P»usan. Coriolh. , p. 60.
58 RELIGION CHRÊTIEHNE.
risme sur lequel on a dessiné un serpent , était la fameuse femme qui , avec le serpent , introduisit le mal dans le monde, et qu'accompagnait la grande couleuvre, mère de l'hiver, qui effectivement commençait au lever de latète de son serpent, avec la balance, ou au septième mille de la période duodécimale. Ceci est une démonstration pour un homme de bon sens ; car il n'est point de hasard qui , quelqu'heureux que veuille l'imaginer celui qui ne cherche qu'à s'aveugler , puisse jamais produire un accord aussi parfait , soit des cosmogonies entre elles, soit des cosmogonies avec Tordre des phénomènes de la Nature.
Une tradition rabbi nique confirme encore les rapports du serpent d'Eve avec le serpent céleste , qui se lève avec la balance et avec toute cette partie du ciel -qui monte au moment où les ténèbres de l'automne vont reprendre leur empire sur la lumière. Avec le serpent , et tout à côte, plus au nord , est la constellation de l'Hercule Ingcuiculus , où la sphère des Arabes peignait un chameau (à) ; là monte un chameau avec son harnois , dit cette sphère. Il résultait de cette union un symbole composé des attributs du serpent et du chameau , ou un monstre camélo-morphique. Tel est précisément celui qui séduisit Eve , suivant cette tradition rabbi nique rapportée dans la fable du grand Samaël [i5] : « On raconte^ » dit Maimonide (b) , que le serpent qui trompa Eve avait w la forme d'un chameau, sur lequel était monté Samael, » nom que l'on donne au chef des génies des ténèbres » ou au diable. ... On dit que Dieu , voyant arriver Sa- » maël pour tromper Ève , monté sur son serpent ca-
(<t) Cœlum Astronomico, p. i56. — (6> More Ncvocb., 1. a , c. 3i .