‹ Origine de tous les cultesChapitre 23 sur 180 · CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE ï

a mélo-morphique , ne put s'empêcher de rire dn cavalier net de sa monture [16]. »

L'union du chameau et du serpent des constellations qui, par leur lever, annoncent l'introduction du mal physique et le retour de l'hiver , nous donne le nœud de cette tradition énigmatique , qui , sans cela , serait une absurdité , mais qui , étudiée dans le ciel , s'entend et se lie avec le reste de notre théorie sur le serpent de la cosmogonie des Perses et des Hébreux, et devient une nouvelle preuve de notre détermination sur le lieu qu'occope le serpent cosmogoniqne.

La position de ce serpent dans les cieux , relativement à la balance , ou à la femme qui , dans les anciennes sphères , portait cette balance , s'accorde assez avec celle que lui donne la Genèse [17] -, car clic suppose que le serpent est à ses pieds , cherchant h les mordre [18]. Au moins est-il certain qu'il se lève avec l'extrémité du signe de la balance où cette femme appuyait ses pieds , comme nous l'avons vu dans le passage de Théon , et comme on le voit sur une sphère.

La sphère persique rapportée par Scaliger (a) met parmi les figures qui montent sur la balance la tète du dragon , et ensuite le milieu du dragon. Une autre sphère, la barbarique , le nomme aussi.

C est par ce même serpent des constellations , qui se lève à l'équinoxe d'automne le matin , et le soir à celui de printemps , que l'on expliquera dans l'Apocalypse (b) les combats du fameux serpent infernal. Cet ancien serpent, qu'on appelle le diable , séduit tout le monde, et poursuit la femme ailée, laquelle porte le petit enfant qui

{«} Scalig. Not. ad Manil. , p. 34"i. — (b) Apocalyp., ia, t. 9, 14.

6o RELIGION CHRÉTIENNE.

doit régner sur l'Univers. Ce serpent, vaincu par la vertu de l'agneau (a) , et que Ton enchaîne, qui , libre ensuite, fait quelques efforts , enfin est précipité par la foudre dans le Tartare. Il fait place à la ville sainte reconstruite sur les ruines de l'ancien monde, ou qui va avoir pour chef l'agneau, vainqueur du dragon, ou. de cet ancien serpent appelé Satan et le diable (&).

Ce monument de l'initiation ancienne aux mystères du soleil vainqueur , sous la forme d'agneau , va être expliqué à la fin de cet ouvrage dans un traité qui aura pour titre : Explication de V Apocalypse ou d'un ouvrage phrygien , sur r initiation aux mystères de la lumière sous le signe de î agneau. En attendant , nous crojons devoir dire ici que la théorie , qui fait la base de cet ouvrage apocalyptique, est celle des deux principes, sur laquelle porte aussi la Genèse , et qu'elle emprunte , à chaque instant , les formes monstrueuses des emblèmes astronomiques. Les signes, que nous avons dit dans la Genèse avoir fourni les formes d'Ormusd et d'Ahrimane, servent dans l'explication des allégories les plus compliquées ; en sorte que nous ne changeons point nos caractères astronomiques , une fois bien déterminés. Toutes les fables cosmiques , telles que celles du combat de Jupiter contre les géans à pieds de serpent , le triomphe d'Orus et d'Osiris sur Typhon -, d'Apollon sur le monstre Python, etc., s'expliquent par ce même serpent, soit par le dragon du pôle, soit par celui d'Ophiucus -, et la même clef qui ouvre les sanctuaires des Juifs et des Chrétiens , ouvre aussi ceux des Païens. Nous ne changeons point une forme symbolique employée dans une

(a) Apocalypse, t. 1 1 . — (b) Ibid., c. ai.

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