CHAPITRE IL
SUR LA RÉPARATlOlf. .
Nous avons vu dans le chapitre précédent que l'histoire de la chute prétendue de l'homme, sur laquelle est appuyé tout le système religieux des Chrétiens , ou l'ouvrage de la mission de Christ , est une pure allégorie. JVous avons conclu avec raison que la réparation d'une
JV RELIGION CHRÉTIENNE.
faute allégorique ne pouvait être qu allégorique ellemême. Nous allons prouver actuellement qu'elle Test effectivement , et que le réparateur est l'être physique qui doit rétablir le désordre physique, et qu'il réunit tous les caractères mystérieux de Christ , qui ne peuvent s'expliquer que par lui , et ne conviennent qu'à lui seuh Nous avons déjà indiqué que ce réparateur devait être le soleil , qui au printemps rend au jour son empire sur les ténèbres qu'avait étendues sur la terre le serpent d'automne. C'est lui qui revêt nos campagnes des ortie mens dont les froids de l'hiver les avaient dépouillées.
Voyons si Christ, cette lumière qui éclaire tout œil en. venant au monde, suivant l'Évangile de Jean , a tous les caractères que la mysticité et l'astrologie donnaient au Dieu-soleil , et cela dans les deux époques principales de sa vie, savoir son incarnation et sa résurrection , les deux grands mystères proposés à la croyance des peuples. Inexplicable dans toute autre théorie que la nôtre , ils reçoivent ici un sens clair et aussi naturel que celui que nous avons trouvé dans l'allégorie judaïque dont celle-ci est la suite.
Le soleil ne natt ni ne meurt dans la réalité : il est en lui-même toujours aussi brillant et aussi majestueux. Mais, dans les rapports que les jours qu'il engendre ont avec les nuits, il y a dans notre hémisphère une graduation progressive d'accroissemens et de décroissemens, qui a donné lieu à des fictions assez ingénieuses de la part des théologiens. Ils ont assimilé cette génération du jour à la marche de la vie de l'homme , qui , après avoir commencé, s'être accrue jusqu'à l'âge viril et mûr, semble dégénérer et décroître insensiblement jusqu'à ce qu'enfin elle soit arrivée au terme de la carrière que la Nature