CHAPITRE U
lui a donné à parcourir. Les adorateurs de l'astre du jour, 1 ayant personniGé dans leurs allégories sacrées, l'ont fait naître comme 1 homme, et l'ont peint aux quatre principales époques de l'année, sous les traits de l'homme, aux quatre époques principales de la vie , qui sont l'enfance, la jeunesse, l'âge viril et la vieillesse. La forme de l'enfance était celle qu'on lui donnait au solstice d'hiver, au moment ou le soleil était au plus bas, et où les jours , devenus le plus courts , allaient commencer à croître (a). On célébrait alors dans les mystères la nais» sance du Dieu-jour, et on présentait à l'adoration des peuples l'image de l'enfant nouveau- né , que Ton tirait du fond du sanctuaire ou de la grotte sacrée où il venait de naître , du sanctuaire de la vierge Isis en Egypte, de l'antre mystique de Mithra en Perse*
Cet enfant naissait avec l'année solaire qui commençait à sa naissance , au premier instant du premier iour. c'est-à-dire , à minuit chez plusieurs peuples , époque à laquelle le jour commence encore chez nous. Les prêtres astrologues , ou les mages , tiraient l'horoscope de ce jeune enfant, comme on faisait le thème de la vie de tous les autres enfans à l'instant précis de leur naissance. Ils consultaient l'état du ciel, appelé horoscope , c'està-dire , le signe du zodiaque , qui à l'orient montait sur l'horizon à l'instant de la naissance. C'est avec un de ces élémens que l'on construisait le thème génethliaque. Ce signe, il y a près de deux mille ans , et plusieurs siècles même auparavant, était la constellation de la vierge céleste, qui, par son ascension sur l'horizon, présidait à la naissance du Dieu-jour, et semblait le produire dans ses
(m) G-d«»sas, t. a, 1. 3, c. 6} et t i, 1. *, ç. 3.
chastes flancs. Les mages, ainsi que les prêtres égyptiens, chantèrent la naissance du Dieu-lumière et du jour, incamé au sein d'une vierge qui lavait produit sans cesser d'être vierge et sans le concours de l'homme. C'est ce qu'annonçaient tous les mystagogues ou prophètes : «Une vierge, disaient-ils, concevra et enfantera. » On traça dans la sphère l'image du Dieu-jour nouveau-né, entre les bras de la constellation sous laquelle il naissait; et toutes les images de la vierge céleste, proposées à la vénéra t ion des peuples, la représentèrent comme dans la sphère, allaitant l'enfant mystique qui devait détruire le mal , confondre le prince des lénèbres , régénérer la Nature et régner sur l'Univers.
Revenons sur tous ces traits , et faisons voir qu'il n'y a rien de conjectural dans tout ce que nous venons d'avancer. Nous avons dit d'abord qu'on faisait passer le Dieu-jour par tous les âges , et surtout qu'on l'exposait, au solstice d'hiver, à l'adoration des peuples, sous l'image d'un enfant nouveau-né, pour représenter l'état du jour qui, à cette époque de la révolution solaire, était dans une espèce d'enfance. Nous remettrons ici sous les yeux du lecteur un passage de Macrobe (a), dont nous avons déjà parlé , et qui a pour objet le soleil ou Bacchus , que dans les mystères on enseignait être mort, descendu aux enfers et ressuscité comme Christ.
« Les images ou statues de Bacchus le représentent , dit cet auteur [a5] , tantôt sous la forme d'un enfant , tantôt sous celle d'un jeune homme, d'autres fois avec la barbe de l'homme fait, et enfin, avec les rides de la vieillesse, comme les Grecs représentent le Dieu qu'ils
(0) Saturnales, l. 1, c. 18, p. »48.