CHAPITRE II. lOÎ
Ko mine qui coupe la tète des épis j à côté de la balance , nu homme qui foule la cuve pleine de raisins ; à côté du scorpion ou du signe d'octobre, saison des semailles, un homme qui ensemence la terre , et ainsi des autres. D'où il résulte que le but de l'auteur de ce monument, qui forme un système complet de trente-six tableaux qui entourent la vierge , a été de la représenter avec tout le cortège qui convient à la Déesse de l'année , des jours et des saisons , dont elle fixait le commencement par son ascension à minuit au solstice d'hiver : telle enfin que devait être l'Isis égyptienne , par laquelle , dit Ilorus- Apollon , on désignait l'année.
Cette fameuse Isis étaitla Déesse des anciens Francs(a) ou des Suèves , qui joignaient toujours à son culte le vaisseau symbolique connu sous le nom de vaisseau d'Isis; vaisseau qui est encore resté pour armoiries à Paris, ou à la ville dont Isis était la Déesse tutélaire. C'est cette Isis [4*] , mère du Dieu-lumière, à qui le peuple va offrir des cierges au premier jour de l'an et même dons le reste de l'année , et en mémoire de qui se célèbre la fameuse fête des lumières, instituée en honneur de la Minerve de Saïs, de cette chaste vierge qui disait d'elle-même qu'elle était mère, et que le fruit qu'elle avait produit était le soleil.
Nous ne nous étendrons pas plus au long sur les rapports de ressemblance, ou plutôt sur l'identité de notre JUis ou dé Notre-Dame avec i Isis ou la dame des Egyptiens, et avec la vierge pure et immaculée de la sphère persique , qui allaite le jeune enfant appelé Christ et
Tacit. de Morib. Gennan., c. 9.
io4 hkligiôh cmrétiekne.
Jésus. Nous revenons à son fils , l'objet principal de nos recherches.
Nous avons vu ce fils naître le même jour que naissait ou qu'était censé naître le soleil , dont on célébrait la naissance chez tous les peuples anciens , et dont on présentait au peuple l'image sous l'emblème d'un enfant nouveau-né. C est ce qui se pratiquait dans les mystères de Bacchusen Grèce , en Campanie et en Égypte , comme nous l'avons vu plus haut dans le passage de Mac robe. La Chronique d'Alexandrie nous a également conservé la tradition de cet usage consacré dans les mystères de l'Egypte, et cela dès la plus haute antiquité [43]. « Jusqu'aujourd'hui , dit l'auteur , l'Egypte a consacré les couches d'une vierge et la naissance de son fils , qu'on expose dans une crèche à l'adoration du peuple. Le roi Ptolémée ayant demandé la raison de cet usage , les Egyptiens lui répondirent que c'était un mystère enseigné à leurs pères par un prophète respectable. >i On sait que le prophète chez eux était un chef d initiation.
Plus de cent ans avant l'ère chrétienne, on rendait dans le territoire de Chartres , chez les Gaulois , des honneurs virgini pariturœ (a) , ce qui ne pouvait s'adresser qu'à celle qui tous les ans devait ramener le Dieu-lumière et lui donner une nouvelle vie.
Dans le monument de Milhra , trouvé à Oxford (b) en *747* on voit, parmi les figures qui sont en basr> la femme qui va allaiter son enfant, ou la Déesse de l'année qui allaite le Dieu du jour.
L'auteur anglais qui a fait une dissertation sur ce
(«) Peltout. Hist. des Cclttt , t. 5f p. i5 (b) WUliam StukeUej
Palktograph. Brit.