‹ Origine de tous les cultesChapitre 44 sur 180 · CHAPITRE II. Io · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. Io

monument , détaille tous les traits qui peuvent établir les rapports qu'il y avait entre les fêtes de la naissance de Christ et celles de la naissance de Mithra.

Un jour , dit-il (a), dans Tannée , les Romains célébraient la grande fête de Mithra , lequel était spécialement honoré dans un antre qui lui était consacré (b). Les Perses appelaient cette fête la nuit de lumière ou la naissance de Mithra. L'auteur pieusement la regarde comme une fête patriarchale , imaginée d'après les notions prophétiques sur la naissance du Messie : « car le véritable sens , dit-il , de ce mot est médiateur dans la langue persane. La notion oiiginale de Mithra, contimie-t-il , est venue du Messie , attendu par tout le monde dès le commencement.» Nous ne ferons pas de réflexions sur une aussi pitoyable raison ; les hommes pour qui nous écrivons n'en ont pas besoin.

Il ajoute que les anciens druides célébraient cette même nuit par une illumination générale, allumant des feux sur le sommet des hautes montagnes , élevant des ianaux sur leurs tours *, et en quelques contrée* ici , ditil , nous faisons encore la même chose la nuit de l'épi phanie.

L'auteur remarque que ce culte mithriaque s'était répanda dans tout l'empire romain y et surtout en Gaule et dans la Grande-Bretagne.

Il rapporte aussi le témoignage de saint Jérôme (c), qui nous apprend que les païens célébraient les fêtes d'Adonis ou du Dieu-soleil (Mithi a en Perse , Adonis en Phénicie ) dans un antre comme celui de Mithra , et que

ta) William StnkeUey Pal*ogn.rh. Brit., p. 4c - (b) Nigth. of iight Birth day of Mithra. - (c) lHd., P. 17.

lt)6 RELIGION CHRÉTIENNE.

cet antre où ils les célébraient étaient celui dans lequel on fait naître Christ , ou l'antre de Bethléem [44J* H re~ garde cela comme une injure faite aux Chrétiens, tandis qu'on doit le regarder . plutôt comme une continuation de culte sous un nom différent , Adonis étant le soleil ; comme Christ , Adonis mourant , descendant aux enfers et ressuscitant , comme lui , tous les ans.

Il cite le passage d'un auteur fort ancien dans l'Eglise, et qu'on croit être saint Chrysostome , lequel parle aussi de la naissance de YInvictus ou du soleil invincible en ces termes : « Vous parlez de la naissance de l'Invincible. Quel est cet Invincible , si ce n'est notre Seigneur ? Vous appelez cela la naissance du soleil..... C'est lui qui est le véri table soleil de j usljce. ...

Ainsi , où les mystiques Chrétiens voyaient la naissance de leur soleil de justice , les autres peuples y voyaient tout simplement la naissance du soleil , fixée à l'époque du temps où le jour est dans une espèce d'enfance. C'est la réalité physique oubliée qui a donné lieu à l'erreur sur la fable mystique dont les Chrétiens n'avaient plus la clef, lorsqu'ils distinguaient leur Christ de lui - même ou du soleil personnifié sous le nom de Christ. Si saint Augustin eût entendu sa religion, il n'eût pas dit : « Nous célébrons la naissance de notre Seigneur avec raison en ce jour , non pas parce que le soleil est alors né, mais parce que le Seigneur a créé le soleil. >»

Il résulte au moins de son témoignage et de celui des autres la même vérité , que le a5 décembre où se célèbre la fête de la naissance du Cluist, on célébrait dans les anciennes religions la naissance du soleil qu'on supposait naître ce jour -là. Celte fête semble avoir été répandue par toute la terre , par une suite de la joie qu'inspirait le

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