‹ Origine de tous les cultesChapitre 45 sur 180 · CHAPITRE lî · texte numérisé non relu

CHAPITRE lî

retour du père de la lumière et du jour. On la retrouve tliez les peuples du Nord , et cette nuit mystérieuse était une des plus fameuses dans leur religion.

Les Juifs célébraient . le 2 5 du mois chesleu , premier décembre • une grande fête qu'ils appelaient phâs , ou la fête de la lumière , comme on peut le voir dans Josèphe qui en attribue rétablissement à Judas Machabée (a).

L'origine de toutes ces fêtes est prise dans la Nature , et doit être rapportée %ux peuples des contrées boréales du monde , qui sentirent mieux qu'aucun autre peuple le besoin du retour du soleil et le mal auquel nous expose son absence. Acbille Tatius (b) attribue aux Égyptiens Tidée de ces fêtes , quoiqu'ils fussent moins dans le cas que les autres de sentir cette alternative de lumière et de ténèbres dans la Nature, a Les Égyptiens , dit cet auteur, voyant le Soleil descendre du cancer vers le capricorne et resserrer la durée du jour , pleuraient son départ , craignant que peu à peu cet astre ne les abandonnât ; ce qui arrivait environ vers les fêtes d'Isis. Mais aussitôt que le soleil leur paraissait remonter et prolonger un peu h durée des jours , alors ils prenaient l'habit blanc et couronnaient leur tète... » On sait, par ce que nous avons vu plus haut , que la constellation de la vierge céleste , sous l'ascendant de laquelle le soleil recommence à monter, porte le nom d'Isis-, mère du soleil, dont on célébrait alors' les couches et dont on exposait le fruit nouveau-né à l'adoration des peuples, sous l'emblème d'un enfant couché dans une crèche. -

^lanilius (c), dans son poëme sur l'astronomie , donne

f«ï Anliq. Jod., I. n, c. it, p. 41 5. — (b) Achill. Tat, c. *3. ie} Maoil , 1. i,t.6{.

\ ft ït\^cïio r<ii son do cos 1 x\ s 1 1 lutioxis c^iox les cli IKor peuples du monde qui pleuraient le départ du soleil , et qui célébraient par des transports de joie le moment heureux où ils s'apercevaient de son retour [45].

Ainsi , l'origine des fêtes solsticiales , l'époque de la révolution annuelle où elles furent fixées chez tous les peuples 9 l'universalité de ces fêtes dans toutes les parties du monde connu , sont donc bien déterminées , deTnôme que leur rapport avec la naissance*du fils du père des lumières chez les Chrétiens , de ce Verbe-lumière , première production de la divinité. Leur coïncidence est aussi bien démontrée avec les signes astronomiques qui fixaient cette époque importante avec la figure symbolique de l'enfant nouveau - né , qui y a été tracée. On y trouve le nom même de l'enfant qui a été conservé; le nombre des génies qui forment son cortège , et surtout l'attribut de leur chef ou la barque du Janus des Romains, lequel ouvrait la marche du Dieu-soleil qui dans son cours engendre les douze mois. Tant de traits réunis, et qu'il est impossible an hasard de rassembler , ne nous permettent donc plus de douter que Christ ne soit le soleil , c'est-à-dire , le vrai et le seul réparateur que la cosmogonie hébraïque pût promettre à l'homme, d'après l'explication que nous avons donnée plus haut de la nature du mal introduit par le serpent symbolique. Ainsi, l'incarnation dé Christ , ou sa naissance au sein d'une vierge, n'est plus un mystère. Elle résulte des lois de l'ordre cosmique , dont le mal qui doit être réparé et l'influence du serpent des ténèbres découlaient nécessairement» Ces deux théologies , celle des Hébreux et celle des Juifs , se lient donc entre elles , et ont la filiation nécessaire qu'on leur a toujours supposée. Il serait difficile

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