‹ Origine de tous les cultesChapitre 46 sur 180 · CHAPITRE II. IO · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. IO

qu'elles s'engendrassent ainsi Tune de l'autre, et formassent un accord aussi parfait, si elles n'étaient Vune et l'autre qu'on assemblage d'idées absurdes , incohérentes , imaginées par quelques mystiques dans leur délire, ou qu'un tissu de contes populaires et merveilleux èt s a ra'ent ai " '

Après avoir donné la clef de ce mystère , nous allons passer à celui qui eu est la suite et pour lequel le premier a été imaginé , c'est-à-dire , a la réparation du mal opérée par la résurrection de Christ et par son triomphe sur les puissances de l'enfer et des ténèbres.

Mort et résurrection.

Le soleil , réparateur des maux que produit l'hiver , naître dans les fictions des mysiagogues, au du solstice, doit rester encore trois mois dans les signes inférieurs et dans la région aflectée au prince des et à la mort , avant de franchir le fameux pasi'équinoxe , qui doit assurer son triomphe sur la nuit et réparer la face de la terre. On va donc , pendant tout ce tempe-, le faire vivre exposé aux infirmités de la vie mortelle , jusqu'à ce qu'il ait repris tous les droits de la divinité dans son triomphe. Le génie allégorique des mvstagogues va lu composer uue vie , ou imaginer une histoire de sa vie, comme les hiérophantes d'Egypte en avaient fait une d'Osiris et de Typhon, dont Plutarque et Diodore nous ont conservé quelques débris. C'est

Osiris, que l'évoque Synésiusnous a tracé d'imagination le tableau de la vie, des moeurs et des aventures diverses acipes de la théologie égyptienne , qui qu'Oromaze cl Ahrimane étaient

et qu'il en a adapté tous les traits au caractère supposé de chacun d'eux. De même les poëtes grecs avaient chanté les travaux du Dieu-soleil sous le nom d'Hercule, et ses conquêtes sous celui de Bacchus , etc.

L'histoire qu'on imagina pour Christ fut plutôt une triste légende qu'un poème ingénieux $ on chercha moins à y peindre le héros, que l'homme doux, patient, bienfaisant , venu sur la terre pour prêcher par son exemple les vertus que l'on voulait inculquer aux initiés à ses mystères. On le ût agir, prêcher et annoncer les austérités que les brames et les autres dévots de l'Orient pratiquent encore. Il eut ses disciples, comme le Sommonacodon des Siamois 5 et en général sa légende est plus merveilleuse qu'amusante à lire. Elle se ressent un peu du caractère des sectes austères de la Judée , et ne brille pas surtout par l'esprit. L'oreille du Juif s'y montre un peu.

- L'ayant fait naître parmi les Juifs , on l'asservit lui et sa mère aux pratiques juives. On imagina une circoncision le huitième jour, telle que la subissaient tous les en fans. Au bout de six semaines, sa mère va au temple pour se purifier, comme toutes les autres femmes juives. On sent que tout ce cérémonial supposé découle nécessairement de la première idée , ou de celle de le faire naître , vivie et mourir. Il passe par les degrés de l'adolescence et de la jeunesse , et publie la doctrine de son initiation. U l'appuie par des miracles, qui presque tous ne sont que l'exercice de sa puissance prétendue pour le bien des hommes. Le merveilleux qu'on y mêle est nécessaire pour donner du poids à cette doctrine, et pour établir l'opinion qu'elle est dictée par la divinité même. D ailleurs, le merveilleux est le grand ressort de toutes les

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