CHAPITRE II. III
relisions, elle» chefs de l'initiatioi 1 aux mystères de Christ ont bien senti que le peuple avait besoin d'être trompé par le spectacle imposant des miracles et parles prestiges , comme l'observe l'évèquc Synésius dont nous avons cité plus haut le passage. Toute la vie du Christ a donc été imaginée dans cette vue. Ceux qui l'ont fabriquée en ont lié les événemens supposés, non-seulement a un lieu particulier, tel que la Judée , mais encore à une époque et à des noms connus , tels que le siècle d'Auguste et de Tibère, et le nom de Ponce -Pilate qu'on a mis sur la scène près de cent ans après sa mort , lorsqu'on imagina l'histoire romanesque du Dieu -lumière, né au sein d'une vierge le a5 décembre, et triomphant des ténèbres par sa résurrection le 25 mars , à l'équinoxe de printemps , dans son passage sous l'a-
C'est sur ces deuxfondemens de l'initiation mithriaque qu'a été composée l'histoire de Christ aussi arbitrairement que celle d'Osiris et de Typhon l'a été par l'évèque Synésius, qui n'a eu d'autre but que de tracer les caractères opposés du principe du bien et de celui du mal, et le triomphe du premier sur le dernier, après les avoir personnifiés l'un et l'autre, et avoir imaginé des rôles analogues à leurs caractères. Tout y est l'ouvrage de l'imagination , si ce n'est peut-être que , comme dans la fable de Christ, on a pu y conserver quelques traits merveilleux empruntés d'autos fables sur le même Dieulumière, eoo nu sous d'autre» noms, tels que celui de Bacchus, d'Adonis, etc. ; car on voit Christ, comme Bacchus, changer l'eau en vin, et, comme lui, monter sur Tane dans son triomphe. Malgré cela , je n'oserais assurer que ceux qui ont fait la triste légende que nous
lia RELIGION CHRÉTIENNE.
avons, Talent calquée exactement stir la marche du soleil dans les cieux, comme 1 étaient les poèmes sur Hercule et Bacchus , ni qu'ils eussent encore la clef astronomique des anciens mystères de l'agneau, dont notre Evangile n'est qu'un réchauffé très-moderne. 11 me semble qu'ils n'avaient d'autres données que leur foi à deux mystères, savoir, a son incarnation au sein d'une vierge à Noël , et à son triomphe à Pâque , sous le nom et sous le symbole de l'agneau. Sur ce fonds très-simple on a pu broder mille histoires différentes , supposer mille manières d'être mis à mort , pourvu qu'on le fit ressusciter. En conséquence, nous ne suivrons pas les détails de la fable de Christ ; nous nous attacherons seulement aux deux mystères qui en sont le fondement, à l'incarnation au sein de la vierge , que nous avons expliquée, et à la résurrection sous la forme de l'agneau réparateur, à laquelle nous allons passer.
Nous avons vu que Christ avait tous les caractères du Dieu-soleil dans son incarnation ou dans sa nativité , soit pour l'époque de la révolution annuelle, la même que celle de la nativité du soleil ; soit pour l'heure où elle concourait avec le jour, qui, comme chez nous encore, commence à minuit; soit pour la forme ou la constellation sous laquelle il naissait , et qui a toutes les qualités que devait avoir, suivant Zoroastre, l'étoile qui annonçait cette naissance, c'est-à dire la figure d'une- vierge; soit par l'image symbolique de l'enfant que cette vierge tient, soit en (in par le nom même de l'enfant appelé Christ et Jésus. Il nous reste à faire voir qu'il a encore tous les caractères du Dieu-soleil , au moment de son exaltation ou de sa résurrection , soit pour l'époque du temps où elle arrive , soit pour la forme symbolique sous
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laquelle il répare la Nature , forme qui 6e trouve dans le ciel, aussi bien que celle qui fixe sa naissance; soit pour la nature des fêtes auxquelles cette réparation de Christ a donné lieu, soit pour les allégories de mort et de résurrection , qui sont les mêmes dans la religion du soleil et dans celle de Christ. C'est ce que nous allons examiner, de manière que de cette comparaison il résultera une ressemblance catierc entre Christ et le soleil dans les deux aventures mystérieuses de ce Dieu, tant dans celle de sa naissance au sein d'une vierge, que dans celle de sa résurrection. Enfin , l'on verra qu'on n'a rien dit de l'un , ou de Christ , qui n'ait été dit de l'autre , ou du soleil, bien des siècles avant celui où s'est formé le christianisme.
En finissant notre premier chapitre -ou l'explication de la faute prétendue de l'homme et du mal introduit par le serpent dans la Nature , nous avons dit que le réparateur devait être le soleil, et nous avons prouvé depuis qu'il l'était. Nous avons ajouté que Christ ou le réparateur devait naître avec le soleil, et nous avons fait voir qu'il y naissait. Nous avons conclu qu'il devait opérer la réparation au moment où le soleil vient réparer la Nature et reprendre son empire sur les ténèbres, c'est-à-dire à l'équinoxe de printemps.
Or , c'est précisément à l'équinoxe de printemps que le Christ triomphe, car il triomphe à pàque, et la pâque des Chrétiens est fixée nécessairement à l'équinoxe. La raison qui l'y a fait fixer, c'est qu'elle est la fête du passage du Seigneur-soleil aux régions boréales et aux six signes qui composent le domaine d'Ormusd ou de la lumière. On a traduit toujours ce mot phase par festum transiiûs , ou fête du passage du Seigneur. On donnait