TOME V
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au soleil l'épithète d'Adonis ou de Seigneur. Porphyre , dans une prière qu'il lui adresse , lui dit : Seigneur-soleil (a) ) et dans la consécration des sept jours de la semaine aux sept planètes , le jour du soleil , ou dies solis , s'appelle le jour du Seigneur , ou dies dominica , tandis que les autres retiennent simplement le nom de leur planète, tels que lundi, jour de la lune, mardi, jour de mars, etc. Le soleil est le seul qui prenne le litre de Seigneur ou de roi de l'Univers.
Cette fôte du passage fut fixée originairement au 8 antè cal. apriL, ou trois mois précisément, jour pour jour, après le dies natalis que nous avons fixé an 8 antè caL fanuar. Elle répondait «au a5 de mars. Là le soleil était censé renouveler la Nature, rétablir un nouvel ordre de choses , créer ou recréer l'Univers , et faire passer Les hommes dans le règne de la lumière et dans l'empire d'Ormusd , après la destruction ae l'ancien monde , sur les ruines duquel l'agneau en devait un nouveau , dans lequel le bien et la lumière reprenaient leur empire. Toutes ces idées mystiques se trouvent réunies dans le passage de Cédrénus , qui fixe au a5 de mars la création primitive , la réparation et le commencement d'un nouveau siècle et d'un nouveau monde après la fin du premier.
« Le premier jonr du premier mois , dit Cédrénus (&), est le premier du mois nisan , lequel répond au a5 du mois de mars des Romains et au mois phameuoth des Égyptiens. En ce jour Gabriel donna le salut à Marie pour concevoir le Sauveur. En ce même jour notre Dieusauveur, après avoir terminé sa carrière, ressuscita
(a) Porphy. de Abstinent.. 1. 4, P. 379. — (b) Cedren., p. a.
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4'entre les mortt ; ce que nos anciens pères ont appelé la pâque , ou le passage du Seigneur. C'est à ce même jour du mois de mars que nos anciens théologiens fixent le retour ou le second avènement de ce Dieu - Sauveur , temps où doit se faire le jugement universel , le nouveau siècle devant commencer à couler de cette époque équinoxiale , parce que c'est en ce même jour que Dieu créa originairement le ciel, la terre, le vent et la lumière [46]. »
Ceci s'accorde bien avec le dernier chapitre de l'Apocalypse , qui fait partir du trône de l'agneau équinoxial le nouveau temps qui coule comme un fleuve , sur les Lords duquel est planté l'arbre de vie , qui porte douze fruits dont il donne un chaque mois.
Cédrénus , dans un autre endroit , fait mourir Christ la dix - neuvième année de Tibère , le s3 de mars , et le fait ressusciter le a5 de ce même mois. De-là, dit-il, vient l'usage dans l'Eglise de célébrer la pâque le a5 mars. En ce jour, la véritable lumière est sortie du tombeau.
La Chronique orientale (a) fixe pareillement à l'entrée du soleil au bélier ou à l'agneau , la pâque , et dit que 1 equinoxe était un des plus grands jours de fête chez les Egyptiens } ce qui est également attesté par Plutarque «lans son livre sur Isis (6). On a vu plus haut que ces mêmes Egyptiens fêtaient aussi au solstice d'hiver la naissance du Dieu-lumière sous l'emblème d'un enfant, et les couches de la vierge sa mère.
Saint Épiphane parle également de la fête de l'agneau on do bélier établie en Égypte dès la plus haute antiquité. Dans cette fête , on marquait tout de rouge , pour annoncer le fameux embrasement de l'Univers, et elle était,
Abrah. Echel. Chrun., p. 7. — (6) Plut, de laide, p. 368.
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comme la pâque, fixée au commencement du printemps (a).
Les rabbins [47] nous ont conservé les mêmes traditions surjla fameuse fête équinoxiale du printemps , et sur la prééminence que les Égyptiens donnaient à ce mois sur tous les autres ; le mois de l'agneau étant le plus sacré parmi eux.
Notre fête de pàque aujourd'hui n'est pas précisément placée au premier jour du premier signe , mais elle tombe toujours nécessairement dans ce premier signe , puisqu'elle doit être essentiellement célébrée le premier jour du soleil ou le dimanche qui suit la pleine lune de l'équinoxe. Primitivement elle était fixée au ?5 de mars , comme nous l'avons vu ci-dessus , parce qu'à pareil jour Christ était censé être sorti du tombeau.
Celte tradition est. encore confirmée par un passage de Théophane,imprimédansl'Uranologiedupèi'ePeUu[48]. On y fixe cette résurrection au premier jour du mois nisan , qui. est le a5 de mars. On verra bientôt pourquoi nous insistons sur cette fixation au a5 de mars , ou au 8 antè cal. april. , précisément trois mois après le dies nataUs du. a 5 décembre ou du 8 antè cal. januar. C'est parce que les anciens Romains fixaient à pareil jour le triomphe du Dieu-soleil sur les ténèbres de l'hiver, triomphe qu'ils célébraient par une fête de joie appelée hilaria. Nous n'accumulerons point ici toutes les preuves qui établissent cette fixation de la résurrection de Christ au 8 antè cal, apri/.Nous ajouterons seulement qu'elle était censée se faire à minuit , au moment même où commençait le premier jour du premier mois , c'est-à-dire, à
(«) Epiph. adv. Harret., c. 18.
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trois mois de distance de la naissance , heure pour heu» re [49]» comme on peut le voir dans Théodore de Gaza (a).
Ce 8 des calendes , soit de décembre , soit d'avril [5o], était le jour même où les calendriers anciens fixaient Tentrée du soleil dans les solstices et les équinoxes , et le commencement des saisons. 11 s'ensuit que le premier jour d'hiver étant fixé au *5 décembre , et le commencementde ce même jour à minuit, le Dieu-soleil étaîteensé commencer là sa carrière et donner naissance au premier jour de cette saison à minuit , le 8 antè cal. januar. En conséquence , ce devait être à minuit , minute pour minute , le 25 mars ou le 8 antè cal. april. , que le Dieujour , né au solstice d'hiver , entrait dans la seconde saison ou au printemps , et qu'affranchi de l'empire des ténèbres , il reparaissait triomphant. Par quelle fatalité singulière arrive- t-il que Christ, lumière du monde, naisse précisément à minuit, comme le jour, ctqu'il ressuscite précisément à minuit , au moment même où le jour est censé reprendre son empire sur les nuits ? Il faut convenir que cet accord est bien extraordinaire , si Christ n'est pas le Dieu-jour lui-même , ou le soleil qui le produit ; et au contraire, qu'il est bien simple , ;>ien naturel et même nécessaire , si Christ et le soleil ne sont qu'une même chose.
Cette nuit du a5 mars , au milieu de laquelle commençait le premier jour du triomphe du soleil snr l'hiver et sur les longues nuits de l'empire d'Âhrimane , était autrefois aussi fameuse et aussi célébrée chez les Chrétiens que l'est encore parmi nous le minuit du 8 anlè cal.
(-)Cio.
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januar. , ou du ?5 décembre , et la première heure du jour dans lequel on fêtait la naissance du Dieu-lumière. El\e est connue dans les écrits des pères, sous le nqm de pervigilium paschœ. Saint Augustin (a) a un sermon intitulé De esu agni in pervigîîio paschœ. a C'est aujourd'hui, dit ce père, que l'agneau, qui efface les péchés du monde , est égorgé pour le salut de l'homme. Aujourd'hui nos portes doivent être marquées de son sang. Préparons-nous à l'immolation de l'agneau. »
Isidore de Sé ville (b) parle également de ce pervigilium paschœ , ou de la nuit de pâque , dans laquelle on attendait le moment de la résurrection , et l'on fêtait le commencement du premier mois où tout allait être renouvelé [5i].
Lactance (c) dit la même chose , et fixe dans le milieu de cette nuit le momenC où Christ est sorti glorieux de son tombeau , et celui où , après la destruction de l'Univers , il doit encore créer un nouveau monde de lumière, et établir le nouvel ordre de choses qu'on attend [5a].
Constantin (d) était dans l'usage de faire allumer, la nuit de pàque, dans la ville où il se trouvait, des flambeaux de cire et des lampes ; ce qui rendait cette nuit aussi brillante que le plus beau jour.
Toutes nos cérémonies du samedi saint , et surtout celle du feu nouveau et du fameux cierge pascal , n'ont été instituées qu'en l'honneur de ce triomphe du Dieulumière sur les ténèbres , lorsqu'à l'équinoxe le feu éther semblait descendre du ciel pour vivifier la Nature , et le jour reprendre son empire dans l'Univers, au moment
(a) Aag., t. 5, p. *85. — (b) I»(dor. Orig., 1. 6, c. 16. — (c) Lact, I. 7* c. 19. — (</) Le Beau, Hist. du Bas-Empire, t. i, p. 611.