CHAPITRE II. IIÇ
on le soleil s'élevait au-dessus des signes inférieurs , dans lesquels il avait été dégradé de son empire, et qu'on pouvait regarder comme le tombeau de la lumière , suivant l'idée de Macrobe.
La cérémonie quj se pratique encore aujourd'hui à Jérusalem au tombeau mystique du soleil ou de Christ, en est une preuve frappante. Tous les ans, au temps de pÀque, l'évèque de Jérusalem (a) s'enferme dans un pelit caveau qu'on appelle le tombeau de Christ. (Ce serait le tombeau d'Osiris chez les Égyptiens.) Il a des paquets de petites bougies ; il y bat le briquet ; il allume nn de ces paquets , et fait une explosion de lumière telle que celle de nos feux d'opéra , pour faire croire au peuple que le feu du ciel vient de tomber sur la terre. Alors il sort de son caveau en criant : « Le feu du ciel est descendu ; la sainte bougie est allumée. » Tout le peuple crédule achète aussitôt de ces bougies sacrées [53].
Qu'on rapproche cette cérémonie de celle qu'on voit représentée sur un monument qui existe encore en Egypte , et que l'on trouve gravé dans Montfaucon (b). On y voit un bûcher composé de trois piles de bois de dix pièces chacune , nombre en tout égal à celui des degrés du premier signe , et partagé comme lui en trois parties ou décans. Sur chaque pile on voit l'agneau ou le bélier équinoxial, et au-dessus un immense soleil dont les rayons touchent à terre. Les prêtres les touchent du bout du doigt pour en tirer le feu sacré qui va allumer le bûcher de Fagneau et embraser l'Univers. On voit que cette idée est absolument la même qui se retrouve partout , et qu'elle nous présente le tableau de la fête équi-*
;«) V. Chardin. — (b) Aotiq. expli<f. SuppWSm. Apiô*., pl. Si.
ISO RELIGION CHRÉTIENNE. '
noxialc du printemps , si fameuse en Egypte et par toute la terre , comme nous l'avons vu plus haut.
Saint Jérôme rend raison du pervigilium paschœ (à) ou de la veillée de la nuit de pâque [54]. C'était, dit ce père , une tradition chez les Juifs qui la transmirent aux Chrétiens , que le Christ viendrait à minuit ce jourlà. Voilà pourquoi on ne se couchait pas. Or , on sait que les Juifs attendaient l'arrivée du Christ comme celle d'un libérateur qiir devait les affranchir de l'oppression et établir son règne sur l'Unive/s. Tel était le soleil du printemps destiné à réparer le mal de l'automne, à affranchir l'homme de la tyrannie du mauvais principe, et a reprendre , par sa victoire sur le prince des ténèbres , l'empire de l'Univers.
On voit donc , par ces diflerens passages , que le retour du soleil au point où était fixé le renouvellement annuel de la Nature , l'entrée de ce Dieu dans l'empire du jour, et sa sortie du tombeau et des enfers , ayant été fixés par les calendriers au 8 cuite cal. april. , ou au *5 mars , au moment même où commence le jour , ou à minuit dans les allégories mystiques du soleil , on a dû fixer à minuit ce même jour , la sortie de Christ de son tombeau , son avéaement à son empire , etc.
Il nous reste à examiner la forme symbolique sous laquelle il 'triomphe. Le triomphe du soleil est son entrée au bélier céleste ou à l'agneau > suivant les Perses. Il y a équinoxe , disent ces peuples , au retour du soleil à l'agneau. L'agneau est donc la forme symbolique à laquelle s'unit le soleil lorsqu'il reprend son empire sur les ténèbres. L'usage étant établi chez les adorateurs
Hytroii., 1. 4» c *5j io Math.