CHAPITRE II. I
ltque de l'agneau. Tout le monde connaît les agnus DeL On ne connaissait alors d'autre représentation de Christ que la figure de l'agneau, tantôt uni à un vase, dans lequel coulait le sang de l'agneau égorgé (a), tantôt aux pieds d'une croix [58] , comme on le voit dans un monument ancien imprimé dans Casalius (6).
Cette coutume d'exposer ainsi l'agneau symbolique à la vénération des peuples subsista jusqu'à l'an 680, sous le pontificat du pape Agathon et sous l'empereur Constantin Pogonat. Il fut ordonné , au sixième synode de Constantinople , can. 82, qu'à la place de la figure de l'agneau , le seul symbole ustté jusqu'alors , on représenterait un homme attaché en croix ; ce qui fut confirmé par Adrien premier (c).
Le pape Adrien premier , au septième concile , dans son Épitre à Tarasius, évèque de Constantinople, approuve la représentation de Christ sous la forme de l'agneau , et l'adopte.
Toutes nos églises retracent encore Christ sous cette image. On le voyait de grandeur naturelle sur le milieu du portail de Notre-Dame [59]. On le voit sur les taber nacles , sur les contre - tables , tantôt uni au livre des sept sceaux ou de la fatalité planétaire, tantôt couché avec la croix mystique. Tous les chants de l'Eglise au temps de pâque ne parlent que de l'agneau : agnus redemit oves. Il fournit la matière d'une antithèse à l'auteur de l'hymne Kiclimcs paschali , etc.
On ne peut donc révoquer èn doute que la forme de l'agneau, ou du signe de l'exaltation du soleil et de son
(a) OmI. ibid., c. 3, p. 14. — (b) Ibid., p. 4$. — (c) Décret, de Coosecr. Distinct. 3 , Can. Go.
passage à l'empire de la lumière , n'ait été destinée , par un usage aussi ancien qu'universel , à désigner Christ dans son exaltation et dans son triomphe sur les puissances des ténèbres , au moment où il répare tout le mal que l'ancien serpent en automne avait introduit dans la Nature. Il n'est pas difficile d'apercevoir que ce symbole n'est pas arbitraire-, qu'il est né de la nature même de la religion du. soleil, et qu'il n'a pas été libre aux Chrétiens d'en prendre un autre. Christ ou le soleil, désigné dans le moment de sa naissance par le nom de fils de la vierge céleste , devait l'être aussi , dans son triomphe , par le nom et la forme du signe même dans lequel il se trouvait au moment de ce triomphe , c'est- à -dire , par l'agneau équinoxial qui contraste , par sa position dans les cieux et par ses influences , perpétuellement avec le serpent des ténèbres , placé à la partie opposée du ciel et aux limites des ténèbres et du mal de la Nature, comme l'agneau l'est au commencement du règne du bien et de la lumière. C'était à ces deux points , aries et libray ou agneau et balance , que les astrologues fixaient l'exaltation de la lumière et sa dégradation [60]. Le soleil, disent- ils, arrive à son exaltation dans* aries, et dans sa dégradation ou dépression sous la balance (a). Tous les astrologues anciens y avaient fixé le commencement de l'empire du jour sur la nuit , et celui de la nuit sur le jour. Cette observation ne leur avait pas échappé. Aussi les adorateurs du soleil et des autres planètes, qui avaient fixé la célébration des fêtes qui leur étaient consacrées sous le signe où chacun de ces astres était dans son exaltation , avaient-ils fixé la grande solen-
(«) Firmic:, 1. a, c. 3 et 11.