‹ Origine de tous les cultesChapitre 55 sur 180 · TOME V. y · texte numérisé non relu

TOME V. y

l3o RELIGION CHRÉTIENNE.

Cum eot ait at us fuerxy à (errdy omnla traham mecutn ; ce qui présente un sens clair et net, quand on sait que les mystiques de la religion du soleil attribuaient au soleil de l'agneau la vertu d'attirer à lui les ames des initiés, et de les transporter dans le séjour de la lumière. Cette idée mystique est le fondement de tout l'Apocalypse. Elle se retrouve encore dans l'Inde , où les brames disent que les justes passent dans le paradis de Brama, attirés par les rayons du soleil , lorsque cet astre dirige sa course vers le nord. Voilà pourquoi ces peuples qui ont conservé le culte de l'ancien bœuf équinoxial disent qu'ils entrent dans ce paradis par le taureau, ou en se tenant à la queue de la vache , tandis que les Chrétiens , qui sont d'une institution plus récente , Jr entrent par l'agneau, comme nous l'avons déjà dit.

Les Arabes avaient consacré à la Mecque deux idoles, Tune blanche et l'autre noire (ai). On honorait l'une ( la blanche) à l'entrée du soleil au signe de l'agneau. Les Ammonites y portaient leur encens. L'autre ( la noire ) était honorée à l'entrée du soleil dans la balance , ou à son passage à l'équinoxe d'automne. On donnait des raisons astrologiques de ce culte idolàtrique , tirées de la théorie de l'exaltation des planètes.

Vincent de Beauvais (b) rapporte une semblable cérémonie pratiquée par des nations de l'Inde , à l'entrée du soleil à l'équinoxe de printemps , et à son entrée à celui d'automne; cérémonie toujours fondée sur le culte astrologique.

La grande fête des Perses , encore aujourd'hui , est celle du Neurouz , ou du nouvel an , dans laquelle on

(«> Bernard. Ucindcnbak. — (è)6pecul. Historié., 1. 4-

CHLPITBE 11. ï3t

i*51èbre Ventrée du soleil dans l'agneau. Le commence* ment de Vannée fut fixé , dit-on , à ce moment par Giems» chid , parce que c'était en ce jour que la lumière et Je mouvement avaient été donnés à l'Univers (a). On entend aisément le sens de cette tradition, qui n'est autre diose que l'expression du phénomène qui se renouvelle tous les ans , lorsque le soleil repasse danfe notre hémisphère , pour mettre en jeu tous les principes de vie dans Je monde sublunaire , et rendre au jour son empire sur les nuits. Les Perses célèbrent le retour du soleil au point équinoxial , autrefois l'agneau , avec la plus grande pompe. On y chante le fameux agneau qui rend à la Nature une nouvelle vie. On y représente le messager auguste , l'envoyé de Dieu y le béni qui vient apporter la nouvelle année et renouveler avec elle toute la Nature (b)> Hic novus dies mensisnovi, deanno novo, novi temporis > quo necesse est renovari quidquid tempore constat , dit le roi à toute sa cour. C'est le renouvellement de toutes choses T lequel était censé s'opérer à l'entrée du soleil dans l'agneau , qui a fait attribuer dans notre religion i ou dans le culte mystique du Dieu-soleil , la réparation à l'agneau, comme on avait attribué l'introduction du mal au serpent, qui, tous les ans, détruisait les heureuses influences de l'agneau du printemps. Mais aussi , tous les ans , à son tour, ce serpent se trouvait enchaîné et sans force au retour du soleil à l'agneau vainqueur et vaincu alternativement , comme l'étaient Ormusd et Ahrimane , dans la grande période de douze mille ans , ou de douxe mois, laquelle se terminait toujours par lo

{«) Byde. de Vet. Pers. Rcl., c. igf p. »3;. — (b) Hyde, p. *38.

triomphe d'Ormusd, qui rétablissait un nouvel ordre de choses.

Ces phénomènes varié*, qui se renouvellent tous les ans , ont été observés par tous les peuples , surtout par ceux qui habitent les contrées septentrionales. Là , le signe sous lequel s'opérait ce renouvellement de la Nature a dû être regardé comme le génie bienfaisant des hommes. Or , ce signe était aries ou l'agneau. Hygin nous dit (a) de lui qu'il fut placé dans les constellations , afin que toutes les fois que le soleil se trouverait dans ce signe , toute la nature végétative subît une nouvelle création; ce qui arrive effectivement tous les ans au printemps. L'agneau ou le bélier dut donc être observé préférablement à tous les autres signes ; et le soleil , sous la forme d'agneau , dut être la grande divinité des adorateurs de l'astre du jour. Ptolémée (fc)le regarde comme cause active de la végétation annuelle. C'est dans le bélier céleste, dit Stoffler (c), que les anciens pensaient que se développaient la force motrice du monde , et que là était le siège de son énergie universelle. " Prochis , dans son commentaire sur le Timée , dit la même chose (d). Il regarde le bélier comme le principe et le commencement de la génération , et il ajoute que de-là vint le culte que lui rendirent les Égyptiens, et conséquemment les autres peuples chez qui.cet effet était beaucoup plus sensible.

L'empereur Julien , dans son hymne au soleil , nous présente cet astre, qui, au moment de son retour au bélier à chaque période , appelle tous les êtres à la gé-

(a) Hygin, 1. a, c. at. — (&) Ptolem. Tetrab., 1. a, c. 19. — (c) Stoffl., p. 8{. — (r/j Proclus in Tim., 1. 1.

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