‹ Origine de tous les cultesChapitre 56 sur 180 · CHAPITRE II. l5S · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l5S

né ration (a). Plus loin , dans le même hymne (b) , il examine les raisons qui ont fait fixer le commencement de 1 année à l'équinoxe de printemps , comme nous avons vu que l'ont fait les Perses , et comme l'ont fait les Français ; et il remarque qu'ils y étaient invités par la Nature mêmç , qui alors fait éclore tous les dons les plus précieux de son sein fécond. La mer devient navigable ; les froids rigoureux de l'hiver sont chassés ; la terre se couvre de verdure; les prés sont émaillés de fleurs. De-là sont venues dans nos traditions religieuses ces idées de création primitive , de réparation , de second avènement dans lequel doit être établi un nouvel ordre de choses dont l'époque est fixée à la fameuse fête du passage sous l'agneau , ou à l'entrée du soleil dans - aries , comme nous l'avons déjà vu dans Cédrénus , dans saint Cyrille , dans Abulfarage , dans la Chronique d'Alexandrie , chez les rabbins , chez les Perses , etc. Tout partait de l'équinoxe ou (Taries; tout se renouvelait sous aries; le nouvel'ordre des choses se rétablissait par lui ; en un mot il était le chef de toute l'harmonie céleste , le réparateur de toutes choses et le grand Dieu de la Nature. Tel est aussi l'agneau dans l'Apocalypse \ tel est Christ , agneau réparateur du mal du monde , dans le système religieux des Chrétiens. L'agneau , autrement dit Christ , y joue absolument le même rôle que le signe de l'exaltation du soleil , celui qui le fait rentrer dans son empire lumineux , aries chez certains peuples , agnus chez les Per. e3 et les Chrétiens , joue dans la Nature où il prête au Dieu-soleil sa parure, au moment où celui-ci sort de son tombeau et des enfers.

(«) Jalian, orat. 4 , p. a8C. — (6) Ibid., p. 290.

154 KKLIGJOJ CIIIlÉTIKÏISK.

Cli ri s t a donc , comme on l'a vu , tous les caractère* de l'agneau , et l'agneau lui-même ne se trouve employé comme symbole principal de sa divinité que par le rôle imposant qu'il remplit dans les cieux et sur la terre , datas les cieux par sa position , sur la terre par son influence.'Voilà donc encore Christ identifié absolument avec le soleil, par la forme qu'il a dans son triomphe, comme il Test par l'époque môme du temps où il commence ce triomphe , et par la forme et la nature même de rennemi dont Christ et le soleil sont censés triompher. Il nous reste actuellement à le considérer dans sa mort qui précède ce triomphe , dans sa descente aux enfers , et enfin à faire voir qu'on n'a rien dit de lui qui n'ait été dit du soleil dans toutes les religions anciennes , et que, sons ce point de vue là encore , Christ est absolument traité comme soleil.

Les anciens peuples de l'Orient ont adoré le soleil sous diiTerens noms , tels que ceux d'Adonis , d'Osiris , de Bacchus , d'Atys , de Mithra , etc. , comme on le voit dans l'hymne au soleil de Martianus-Capella (a) qui prétend que, sons ces différons noms, le soleil était le seul Dieu qu'adoraient les dhTérens peuples. « Les habîtans du Latium t'appellent soleil , dit l'aiiteur de ce superbe hymme; les Grecs te nomment Phébns , d'autres Bacchus ; les habitans des rives du Nil te nomment Sérapis ; ceux de Memphis l'appellent Osirîs , les Perses Mithra ; tu es Atysen Phrygie , Ammon (ou le Dieu-agneau ) en Libye, Adonis en Phénicîe; ainsi l'Univers entier t'adore sous une foule de noms ditTérens. »

(<*) Martiao. Cupell., de Nuptiu Philol.

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