‹ Origine de tous les cultesChapitre 57 sur 180 · CHAPITRE II. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. I

Macrobe (a) , dans son savant ouvrage sur les saturnales , fait voir que tous ces noms d'Apollon , de Bacchus , d'Adonis , d'Atys , d'Osiris , d'Orus , ne sont que les différentes dénominations du soleil chez différentes nations, et il réduit toute la théologie ancienne au culte du soleil. Nos explications précédentes ont mis le lecteur à portée de juger de la vérité de son assertion.

Les hymnes attribués à Orphée , les vers de l'oracle de Claros , s'accordent également à reconnaître le soleil sous cette diversité de noms et de formes que ce seul Dieu prend dans les religions anciennes (b).

Le superbe discours que l'empereur Julien adresse au soleil , est absolument appuyé sur les mêmes principes théologiques. Il y voit Osiris, Bacchus, Atys, etc. (c).

Non-seulement les théologiens , mais les historiens eux-mêmes , qui nous ont transmis les fables du soleil sous le titre d'aventures de prince , de héros , de conquérant , reconnaissent que sous ces noms on adorait le soleil ; ce qui est convenir indirectement que ce ne sont que des histoires factices et des aventures allégoriques de l'astre du jour , car il n'en peut éprouver d'autres.

Eusèbe, dans sa Préparation évangélique , Plutarque, dans son Traité d'Isis et d'Osiris , Diodore de Sicile , Diogène-Laërcc , Suidas , Chérémon , Abnéphius, auteur arabe, en général tous les historiens grecs et latins , ou autres qui nous ont parlé de l'Osiris des Egyptiens, s'accordent à dire que c'était le soleil que les ptiens adoraient sous ce nom , et il ne nous a pas été difficile de le prouver par les aventures de ce Dieu

» Macrob. Sat. ,1. 1, c. 17, 18 1 19 y 30, *i, a* , rte. — ;» Ibid., «. 1*. — («) Julian, orat. 4 , p. *ôg, etc.

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ou de ce prétendu prince. Il nous suffit ici de l'aveu viniverseljdc tous les anciens. Cependant ces mêmes hommes qui nous disent que l'Egypte honorait le soleil dans Osiris , ne laissent pas de non6 raconter l'histoire

d'Osiris comme s'il eût été réellement un homme qui

eût régné sur l'Egypte. On nous décrit ses bienfaits , les malheurs et les contradictions qu'il éprouva , sa mort même, et enfin sa résurrection. On voit, du premier coup -d'oeil, qu'une histoire du soleil, sous quelques traits qu'on le peigne , ne peut être qu'une fiction et une allégorie sacrée , imaginée par les prêtres du soleil, qui faisaient naître et mourir leur Dieu pour chanter ensuite son retour à la vie. On a vu que ces histoires , assez différentes dans leurs détails , à raison des différentes légendes dont elles sont tirées (a), soit dans Diodore, soit dans Plutarque, soit dans Synésiusqui est l'auteur de la sienne , ne laissent pas de s'accorder toutes dans un point principal ; c'est-à-dire dans le* obstacles qu'Osiris trouvait au bien qu'il voulait faire. Cet obstacle était dans Typhon son rival et son frère, et dans la mort qu'il reçoit de la main de son ennemi qui le met en pièces et l'enferme dans un coffre obscur d'où Osiris sort ensuite vivant et victorieux. Isis son épouse le cherche , rassemble les débris épars de son corps , et du fond du tombeau où elle les a réunis, elle voit sortir son époux radieux. Ce fait ne peut être réel : c'est donc une fiction ; et comme cet époux est le soleil , c'est donc une allégorie sur la prétendue mort et sur la résurrection du soleil. Aussi estce d'après ces principes que nous l'avons expliquée. Re-

(«i; Ci-dessu», 1. 3, c. 3.

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