CHAPITRE II. 1$J
venons sur les traits de cette fiction et sur les bases de notre explication [61].
Os iris était peint avec les cornes du bœuf mithriaque, comme Bacchns , avec lequel Hérodote et tous les anciens le confondent ; donc il est la même divinité que le taureau mithriaque auquel est toujours uni le toleil. Or, le taureau mithriaque a pour ennemi le scorpion céleste ou le signe opposé , répondant À l'automne , à ancienne époque. Donc Osiris doit avoir le même L II l'a effectivement. Le planisphère égyptien , imprimé dans Kirker, peint Typhon aux pieds et aux mains se rpenti formes , dans le signe du scorpion , avec lequel se lèvent les serpens d'automne. C'est là, dit-on, son domaine , c'est-à-dire le signe sous lequel passait le soleil , lorsqu'il entrait dans le domaine des ténèbres , figurées par Ahrimane en Perse , et par Typhon en Kgypte, ou lorsqu'il descendait aux signes inférieurs , et que l'Univers restait abandonné aux assauts de la puissance ténébreuse, pour me servir de l'expression de Julien. On observe qu'il est ici question de l'époque dans scorpion et le taureau occupaient les deux i, comme dans le monument mithriaque; ce ite à plus de deux mille quatre cents ans avant 1 ère chrétienne. C'était alors , non pas sous la balance , le scorpion qu'était dégradé le Dieu-lumière , il reprenait son empire , non pas avec la forme d'agneau, mais avec celle de taureau qu'avaient Osiris et Bacchns. Aussi Plutarque, dans son Traité d'Isis et d'Osiris, fixe-t-il cette mort d'Osiris et le triomphe du ténébreux Typhon au passage du soleil dans les étoiles du scorpion. Il nous peint les fêtes de deuil auxquelles cette mort donnait lieu , et il nou6 dit clairement qu'elles
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avaient pour objet la dégradation de la Nature à cette époque, le dépouillement de la terre de toute sa parure, et surtout la défaite de la lumière qui succombait alors sous l'empire des nuits. Il ajoute que Ton trouvait en Grèce de semblables fêtes lugubres fixées à la même époq%e aAnuelle et instituées pour le même sujet, c'està-dire pour exprimer le deuil de la Nature au départ du soleil , lorsqu'il s'enfonçait vers les régions australes , séjour des enfers , ou dans l'hémisphère inférieur du monde. On y conduisait, en cérémonie , le bœuf équinoxial dont Osiris prenait la forme au printemps; mais il était alors , comme la Nature , couvert d'un voile noir et dans un appareil lugubre.
Macrobe (à) indique la même raison de ces cérémonies lugubres , et elle est vraie parce qu'elle est fondée sur la Nature.
Isis donne la sépulture aux membres de son époux dont le corps avait été divisé en quatorze parties ; on lui élève des tombeaux dans différentes villes d'Egypte -, on place autour du tombeau trois cent soixante urnes, autant qu'il y a de jours à l'année sans épagomènes , ou autant qu'il y a de degrés au zodiaque que le soleil ou Osiris parcourt. Isis fait son image en cire; le culte en est confié à des prêtres. Mais ensuite Osiris revient des enfers au secours de la lumière ou d'Orus son fils ; il lui apprend à triompher de Typhon, leur ennemi, et lui assure la victoire sur le grand serpent qui combattait pour Typhon. Osiris *" i-même n'avait pas été long-temps perdu. Après l'avoir pleuré comme mort , on chante son retour. On célèbre Osiris retrouvé avec autant de pompe que l'on
(«) Macrob. Sat. , 1. i, c. ai.