‹ Origine de tous les cultesChapitre 59 sur 180 · CHAPITRE IT. l3g · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT. l3g

avait célébré sa naissance , dans laquelle on annonçait la naissance du Seigneur du monde.

Nous n'avons donné que le précis de l'histoire d'Osiris, et nous avons réuni seulement les traits qui lui sont communs avec Bacchus, Adonis, Christ, etc.; enfin, les traits qui tiennent à la mort et à la résurrection du Dieusolei). Nous n'avons besoin ici que de ce précis ; l'histoire mystique d'Osiris ayant été développée dans ses détails ailleurs , et beaucoup plus au long (a). On se rappellera que l'évêque Synésius fait finir la tyrannie de Typhon, et ramène Osiris au moment où le feu sacré s'allume sur les autels, et où Osiris de retour vient donner le nom à l'année. On se rappellera aussi que Synésius ne parle de toute cette aventure qu'avec l'air du mystère , ajoutant qu'il n'y dit rien que ce qui peut se dire au peuple.

Les autres pères de l'Église et les écrivains chrétiens par* lent souvent de ces fêtes célébrées en l'honneur d'Osiris mort et ressuscité, et ils en font un parallèle avec leur Christ. Saint Athanase [6a], saint Augustin , Théophile, Athénagore, Minutius Félix, Lactance, Julius Pirmicùs , tous les auteurs païens et chrétiens qui ont parlé d'Osiris ou du Dieu-soleil adoré sous ce nom en Égypte, s'accordeut à nous peindre le deuil de l'Egypte à sa mort; deuil qui se renouvelait tous les ans. Ils nous décrivent les cérémonies qui se pratiquent à sa sépulture, les tombeaux qu'on lui avait consacrés en différées endroits , les larmes qu'on allait répandre pendant plusieurs jours, et ensuite les fêtes de joie qui succédaient à cette tristesse , au moment où l'on annonçait Osiris retrouvé et

(«; Ci-deuiu , 1. 3 , c. a «t 3.

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ressuscité. Hérodote et Athénagore nous parlent de la représentation de la passion d'Osiris, que les Égyptiens appelaient les mystères de la nuit (a).

On trouve dans nos notes nu abrégé de ces différens passages dont nous ne présentons ici que le résultat. Ce résultat est que le soleil a été adoré en Egypte, dès la plus haute antiquité , sous le nom d'Osiris , et qu'on célébrait sa naissance , qu'on écrivait sa vie , on ebantait ses bienfaits , on pleurait sa mort pendant plusieurs jours sur sou tombeau ; qu'ensuite on célébrait son retour à la vie. Or, rien de tout cela ne convient au soleil , absolument parlant, au soleil qui ne naît, ni ne meurt ; ce qui prouve que toute cette bistoire est allégorique. Cette mort, ce tombeau , cette résurrection ne sont que des fictions mystiques , communes à toutes les religions qui ont pour objet le culte du soleil, telle que celle de Cbrist.

Il en sera de même de Baccbus qu'Hérodote , Plularque , Macrobe et tous les anciens confondent avec Osiris . et conséquemment avec le soleil. Baccbus donc nait , meurt , descend aux enfers et ressuscite, comme Osiris , comme Christ.

Baccbus meurt comme Osiris *, il est mis , comme lui, en pièces par les géans , et ensuite il est rendu à la vie. Telle était la doctrine qu'on enseignait dans les mystères du soleil sous le nom de Baccbus (b) , en* qui les théologiens reconnaissaient l'intelligence , nous ou le logos de la divinité , en tant qu'elle est unie à la matière , et , pour ainsi dire , incorporée , jusqu'à ce qu'elle soit rendue ensuite au principe éternel et unique du sein duquel elle était descendue : idée qui rentre fort dans celle du logos

(a) Herod., 1. a, c. i;o. — (b) Macrob. Somm. Scip., 1. i, c. ta.

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