‹ Origine de tous les cultesChapitre 61 sur 180 · CHAPITRE II. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l

et nous décrit tout le cérémonial de cette fête. C'est le père de Bacchus qui est instruit par Minerve de la mort de son fils , dont ses ennemis avaient coupé par morceaux les membres qu'ils avaient ensuite fait cuire> Minerve lui en apporte le cœur qu'elle avait sauvé de leurs mains. Le père , furieux , fait périr les Titans par dilJerens supplices. Pour adoucir sa douleur il fait faire une statue à son fils , et y fait insérer le cœur du mort que lui avait apporté sa fille. Il lui élève un tombeau , établit des prêtres qui le gardent , et tous les ans on y célèbre des fêtes de deuil où Ton retrace les souffrances

du jeune Bacchus en déchirant à belles dents la chair crue d'un taureau vivant. Transportés par la douleur, le délire et la fureur, les initiés à ces mystères courent ensuite , comme les ménades , sur les montagnes et au milieu des forêts , pleurant la mort du jeune prince dont on fait l'apothéose (à). On porte en cérémonie la boîte dans laquelle son cœur avait été renfermé , comme on porte au jeudi-saint le ciboire où repose le corps de Christ.

Julius Firmicns , qui nous rapporte cette légende crétoise, et qui s'obstine à faire de Bacchus un prince, comme il croyait aussi que Christ était un homme , qui avait effectivement vécu , qui était mort et qui était ressuscité , ne peut s'empêcher de convenir que les païens expliquaient tout cela-pair la Nature , et regardaient cette aventure comme une fiction mystique sur le soleil. Il est vrai aussi qu'il se refuse à ces raisons , et qu'il met même un discours dans la bouche du soleil , par lequel ce Dieu reproche aux hommes de chercher à le déshonorer par des fables impertinentes , tantôt en le sub-

(*) Jul. Firm., p. i5.

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mer géant dans le Nil, sous les noms d'Osiris etd'Orus; tantôt en le mutilant sous celui' d'Atys ; tantôt en le faisant cuire dans une chaudière , ou rôtir à la broche , oomme Bacchus ; tantôt en le peignant comme un cocher : il aurait pu ajouter, tantôt en le faisant pendre comme Christ, « Pleurez Bacchus , dit le soleil , pleurez Atys , pleurez Osiris; ajoutons , nous , pleurez Christ ; mais que ce soit sans me déshonorer par vos fables. » Ainsi parle le soleil dans Firmicus.(rt).

D'après ce que dit Firmicus , il est clair que la tradition s'était conservée chez les païens, que toutes ces aventures tragiques et incroyables , ces morts et ces résurrections , n'étaient que des fictions mystiques sur le soleil. C'est ce que nous prouvons encore ici dans la personne factice de Christ , aujourd'hui que la science nous a mis à portée de suivre les explications physiques de la théologie ancienné, et de comparer les formes bizarres de ces religions avec le ciel et la Nature.

Comme Christ , Bacchus prenait l'épi thè te de Saotés .ou de Sauveur (6). Comme lui , il faisait des miracles (c), guérissait les malades , et prédisait l'avenir (d).

Non-seulement on enseignait dans les mystères la mort et la résurrection du soleil sous le nom de Bacchus , mais on parlait aussi de sa descente aux enfers; en sorte <[ue , comme Christ , Bacchus est mort , descendu aux enfers (<?) et ressuscité. Osiris également meurt, revient des enfers et ressuscite. Nous conclurons donc, malgré la différence des légendes et des noms , qoe Christ n'a rien qui n'appartienne à Bacchus et à Osiris > c'est-à-dire,

(a) Julius Firm. IhîJ. , p. 19. — (b) Pans. Corinth , p. 7$, 79.

(c ) il». Messen., p. 1 4?- — («0 M*. Phnc^p. 35a. — (e)lb. Corint ..p. ;3, 8u.

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