CHAPITRE Jl. l6g
avons tu dans saint Épiphane h l'occasion de la fête équinoxiale du bélier chez les Egyptiens. Malgré cela, on voit même dans les idées mystiques de Julien les traces de l'objet réel et primitif de cette cérémonie. On y coupait l'arbre sacré (a) , pour annoncer le retranchement du principe de fécondité , malheur arrivé à Àtys. II nous peint Atys tantôts'abaissantau sein de la matière pour la féconder, tantôt retournant à l'empire des Dieux. Il observe que cette cérémonie religieuse se faisait au moment où le soleil allait atteindre l'équinoxe ; que le premier jour on coupait l'arbre sacré dont nous avons parlé ; que le second jour on faisait retentir les trompettes ; que le troisième jour se faisait l'abscission ou cérémonie secrète du Dieu Gallns , et qu'à ces fêtes tristes succédaient aussitôt les hilaries dont Macrobe nous a parlé plus haut. Il examine la raison qui a fait choisir l'équinoxe de printemps plutôt que celui d'automne pour la célébraûod de ces fêtes. Il la trouve dans la marche même du soleil qui, à cet le époque, franchit le passage qui l'avait séparé de nos climats , et vient prolonger la durée des jours dans notre hémisphère ; ce qui arrive , dit-il, lorsque le roi-soleil commence à passer sons le bélier (autrement l'agneau). A son approche , nous célébrons dans les mystères la présence du Dieu sauveur et libérateur (b).
Salluste le philosophe qui , dans l'explication de la fable d" A tys , a pris à peu près le même système que Julien , et a rapporté la plus grande partie des cérémbnies à la mysticité qui s'y est ensuite jointe, reconnait aussi dans
(m) Jyl. Hymn. 5, p. 3i5, 3i6, —(*) Julian. Orlt. 5, p. 3m, 3*3 , 3,4.
I7O RELIGION CimÉTlENKK.
Atys le Dieu artiste de tout ce qui naît et de tout ce qui se détruit ici - bas , fonction qui appartient au soleil , comme nous l'avons vu dans le passage d'Aristote , rapporté plus haut dans nos notes. Il ajoute que si la célébration de ces mystères a été fixée à l'équinoxe de printemps, c'est qu'alors les jours reprennent leur empire sur les nuits et prolongent leur durée (a).
Damascius (b) dit à l'occasion de ces fêtes hilaries célébrées en l'honneur d'Atys, qu'elles avaient pour objet notre affranchissement de l'empire des puissances des ténèbres ou de l'enfer. Ce dogme est absolument le même que celui des Chrétiens , qui croient que Christ par sa mort et sa résurrection nous affranchit de l'empire des ténèbres , et nous fait passer dans le royaume des en fans de lumière.
Ainsi , l'origine et le but de cette fête est le triomphe d'Ormusd sur Ahrimane , du Dieu-lumière sur le prince des ténèbres , de l'agneau du printemps sur le serpent d'automne , et le retour du sauveur et du libérateur de l'homme , qui pendant six mois avait gémi sous la tyrannie du mauvais principe , dont les œuvres vont être détruites par le retour du soleil à l'agneau du printemps.
Les Argiens célébraient une fête de deuil à peu près semblable à celle que nous venons de rapporter (c) , durant laquelle les femmes pleuraient la mort du fils d'Apollon , du malheureux Linus dont le nom entrait dans tous les chants lugubres des poètes. Cette fête s'appelait la fête de V agneau , et le mois où on la célébrait , le mois de Y agneau»
(a) Salluste, c. 4. — (M Damasc. vit. IsicL Phot., cod. afi, p. to5/|. — (c) Phot., cod. 186.