‹ Origine de tous les cultesChapitre 75 sur 180 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

amenaient naturellement des comparaisons. Aussi , Joli us Firmicus suit la comparaison des deux religions dans les pages 4° > 43 et 44 > a^n de faire voir combien le démon avait abusé des choses les plus saintes , et s'était approprié les idées mystérieuses contenues dans les prophètes. Nous imiterons son exemple , et nous ferons voir où, nous ne dirons pas le démon , mais les Chrétiens , ont puisé leurs mystères et leurs pratiques religieuses. Car ce ne sont pas là les seuls caractères de ressemblance qu'il y a entre l'initiation mithriaque et celle de Christ. Ce seront les auteurs ecclésiastiques eux-mêmes et les saints pères qui nous fourniront ces traits qui décèlent la filiation des deux religions parles pratiques qui leur sont communes.

Teitullien assure que la religion mithriaque avait ses épreuves préparatoires , même (a) plus rigoureuses que celles- des Chrétiens } qu'elle avait ses croyans, ses fidèles défenseurs et ses martyrs. Il prétend que les sacremens du baptême , de la pénitence et de l'eucharistie se trouvaient aussi dans cette religion. Les sectateurs de Mithra marquaient leurs fronts d'un signe sacré, comme les Chrétiens ; ils avaient la doctrine de l'image de la résurrection. On leur présentait la couronne qui orne le front des martyrs (b). Leur souverain-pontife ne pouvait avoir été marié plusieurs fois. Ils avaient leurs vierges et la loi de la continence. Enfin , on y retrouve tout ce ^ qui se pratiquait chez les Chrétiens. Il est vrai que Tertullien a recours au diable , imitateur et copiste , pour

(a) Tertiill. de Prescrip. acN. H«res., c. 40, p. ai6; Suidas Na*., oral. i. — (b) TertuU. de Coron* , c. i5, m; Ibid. d« Praaerip. «dy. ., c. 4°-

expliquer cette ressemblance aussi parfaite* Mais nous savons que les mithriaques sont connues avant la secte de Christ. Donc, si Tune de ces religions ressemble à l'autre, c'est qu'elle l'a copiée, ou qu'elle est une branche de la même initiation: or, les copistes incontestablement sont les derniers venus.

11 reconnaît, dans un autre endroit (a), que les païens ne voyaient dans tous ces mystères que les mystères de la Nature. Il dit que c'était par elle et par les phénomènes qu'elle offre dans la végétation , dans l'action des élémens et dans les révolutions du temps ou de Tannée , que les anciens expliquaient la mort et la résurrection dOsiris. Que la secte philosophique de Mithra avait retracé dans ses symboles et ses cérémonies religieuses [;4] les aventures mystiques de l'élément du feu, 1* grande divinité des Perses. Cela est exact, comme nous l'avons prouvé. Il est vrai , et il en convient , que les mystères de Christ sont absolument semblables ; donc c'est la même religion.

Julius Firmicus voit aussi, dans le culte mystérieux de Mithra , un hommage rendu à la substance pure qui brille dans le soleil sous les symboles des anciens signes cquinoxiaux, le bœuf et le serpent (b).

Saint Justin établit la ressemblance de la reb'gion de Mithra avec celle de Christ, surtout pour le sacrement de l'eucharistie ou de la consécration du pain et de l'eau (c); car l'eau fut souvent employée au lieu du vin, même par des sectes chrétiennes (d).

Nous avons déjà vu qu'il s'était attaché à faire remar-

(«) Tcrtul. adv. Marcion, p. 37a. — (b) Julius Firmic de Prof. R«l., I>. 10. — (c) Justin. Apolog. , 1. 2, p. 98. — (</) Beausob., t. a , p. 7*3.

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