‹ Origine de tous les cultesChapitre 80 sur 180 · CHAPITRE II. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l

ter, comme on y voyait l'antre où il était né. Hercule avait le sien à Cadix, et on y trouvait ses ossemens (a). Mi titra avait aussi le sien , comme nous lavons vu. Tous ces tombeaux factices , toutes ces légendes , tous ces chants de deuil et de joie, quoi qu'au nom d'un homme et d'un héros, ne sont pourtant que des fictions mystiques en honneur du soleil vaincu d'abord par les ténèbres , et ensuite vainqueur. Les docteurs de ces religions qui nous out transmis ces mystères et ces légendes s'accordent à nous dire que le héros pleuré et chanté est le soleil, quoiqu'on enseignât aux peuples qu'il s'agissait d'un homme qui avait réellement vécu et régné autrefois sur la terre [77]»

Voici une réflexion que nous devons faire , et qui se présente naturellement. /

Dans les mêmes siècles à peu près où ces religions et ces fables passèrent en Occident à la faveur de la communication entre les peuples d'Orient et d'Occident, que les conquêtes de Rome avaient rendue plus facile , nous voyons sortir du même pays une secte d'initiation qui réunit presque tous les caractères des autres, et dont le Léros non - seulement naît le même jour que le soleil , que Mithra, Orus, etc., triomphe le même jour 5 mais encore meurt et ressuscite comme eux, et remporte son triomphe sous les mêmes formes astronomiques et dans le même signe que ce soleil. Quoi ! parce qu'il y a une légende qui en fait un homme , et des sots qui le croient , comme le peuple d'Egypte croyait à la légende d'Osiris enfermé dans un coure par son frère Typhon , mort ensuite , et ressuscité j comme le peuple de Phénicie croyait

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à celle d'Adonis tué par un sanglier, ensuite descend» aux enfers , puis ressuscité : nous nous obstinerons à faire un homme réel du héros de la secte des Chrétiens , quv éprouve absolument le même sort ? Nous croirons qu'il est né et mort , parce qu'on a montré l'antre où la Vierge l'a mis au monde , et le tombeau dans lequel on l'avait déposé, et d'où il est sorti vivant et glorieux? Ces fictions mystiques, devons-nous dire, étaient universellement reçues dans tout l'Orient; c'est de l'Orient qu'est venue cette religion qui a la même physionomie que les autres 5 c'est dans le temps même où les isiaques, le» mithriaques et les mystères de Cybèle et d'Atys faisaient le plus de bruit à Rome , et en étaient souvent chassés y qu'y a paru avec quelque éclat la secte de Christ, adoptée d'abord par quelques gens obscurs, chassée ensuite comme les autres , et persécutée plus quTelles , eomme plus intolérante ; elle est du même pays , du même temps, elle a les mêmes formes ; donc il est plus que vraisemblable que c'est la même chose. Le plus ou moins de fortune que les circonstances peuvent donner à une opinion philosophique ou a une secte théologique n'en change pas la nature. C'est elle-même que nous devons considérer, approfondir, analyser. Peu nous importe après tout que des peuples crédules aient pris ses fictionsà la lettre, et que, ne pouvant pas deviner le sens de ses figures mystiques, ils se soient obstinés à révérer son écorce bizarre et monstrueuse, et s'en soient contentés.

Il parait cependant que, dan» les premiers siècles, ses rapports avec la religion du soleil n'avaient point échappé aux païens. C'est ce que nous voyons par Tertullien , qui convient qu'on les regardait comme une secte d'ado-

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