‹ Origine de tous les cultesChapitre 81 sur 180 · CHAPITRE II. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. l

rateurs du soleil. Ce qu'il y avait de plus savant entre eux , les gnostiques et les basilidiens , s'étaient écartés moins qu'aucun autre de ces formes solaires > et la religion chrétienne entre leurs mains conserva beaucoup de traces des initiations anciennes. Les guostiques donnaient à leur Christ le nom d'Iao , nom que l'oracle de Claros (a), dans Macrobe , donne au soleil , et que les Phéniciens {b) donnaient à la lumière. Ils avaient leurs trois cent soixante œons calqués sur les trois cent soixante degrés du zodiaque que parcourt le soleil. Ils avaient aussi leurs abraxas , nom factice composé de sept lettres numériques qui expriment la durée de Tannée qu'engendre lao, Christ ou le soleil dans sa révolution [78]. C'est là sans doute l'origine de cette opinion que le règne du Christ devait durer trois cent soixante -cinq ans. Ils admettaient aussi trois cent soixante - cinq cieux. Il en était de même de la secte des ophites qui représentaient leur Dieu par la figure du serpent.

Les Manichéens , dans leurs prières , se tournaient le jour du côté où était le soleil, et la nuit du côté où était la lune (c) ; et quand la lune ne paraissait pas , ils tournaient le visage vers l'endroit du ciel où Je soleil devait se lever.

11 y a encore en Orient (d) une ou deux sectes chrétiennes qui passent pour adorer le soleil. Elles habitent dans les montagnes d'Arménie et de Syrie. La première est celle des Jézidéens , mot dérivé de celui de Jésus (e). La seconde est nommée Shemsi , c'est-à-dire , solaires ,

(a) Macrobe. Sat. , 1. 1, c. 18, p. i5o. — (b) Ccdren., p. 169. (e) Augatt. delfere»., c. Q6. — (</; Beausoh., t. p. 6« 3, 1. 9, c. 1. (e) Hycie, p. 55i.

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nom qui sans cloute leur a été donné à cause des honneurs qu'ils Tendent à cet astre. Enfin les traits de conformité qu'il y avait entre diverses sectes, du christianisme cl la religion du soleil sont si frappans , que l'empcreur Adrien les appelle des adorateurs de Sérapis (a) , et leurs évèques des ministres du culte de Sérapis , dans le temple duquel on trouva effectivement des croix. Or, nous avons fait voir que Sérapis était le Dieu-soleil adoré en Égypte sous la forme symbolique du serpent , auquel Christ lui-même se compare (b). On'lit sur des médailles anciennes : Helios Sérapis* L'hymne de Martianus Cape lia le confond avec les autres noms du soleil : Te Serapim Nilus , etc. Aussi les Chrétiens avaient-ils beaucoup de pratiques qui décélaient l'origine de leur religion [79]. Ils ne priaient jamais qu'en se tournant vers l'Orient ou vers le lieu d'où sort le soleil. Tous leurs temples ou lieux d'assemblées anciennement étaient orientés ou tournés vers le soleil levant. Leurs assem- . blées sacrées ont été fixées au jour du soleil , qu'ils appellent jour du Seigneur ou le dimanche. Tout cela n'a pas été établi sans raison. Ces pratiques tenaient à la nature même de leur religion. Résumons.

Nous avons vu ci-dessus (c) que dans son second chapitre, la Genèse , base de toute la religion des Chrétiens , n'était qu'une pure allégorie : que le mal qu'elle supposait introduit par le serpent , n'était que l'hiver , son froid et ses ténèbres -, qu'un pareil mal ne pouvait être réparé que par le soleil \ que le réparateur devait donc naître et triompher aux mêmes époques que naît et

(a) Flav. Vopbc. in Saturnin. — (A) Kvan^. Joan., r. 3, c. if. — ~

(r) Ci-ilrs?us ,c. 1.

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