TOME V. l
% iq4 religion chrétienne.
gustin et par une fonle d'écrivains chrétiens , que les anciens admirent l'unité de Dieu et de la cause première et universelle. C'était la base de la religion d'Orphée et des mystères des Grecs. Les livres sybillins, dont le témoignage est si souvent invoqué par les pères (a), attestent à chaque page l'unité de Dieu. On pourra peut-être suspecter l'autorité de ces livres ; mais ce ne sont pas certainement les Chrétiens qui les attaqueront, puisque ce sont eux qui nous les font connaître , et qui en réclament à chaque instant le témoignage ; ce qu'ils n'eussent pas fait s'ils ne les eussent crus vrais, et s'ils n'eussent au moins supposé que les païens à qui ils les opposaient les regardaient comme des livres qui contenaient une doctrine conformé à celle qu'on attribuait aux anciennes sybillcs. En un mot, si quelqu'un voulait attaquer l'autorité de ces ouvrages , ainsi que celle d'autres livres sacrés que citent sans cesse les pères de l'Église , personne ne serait moins fondé à le faire qu'un Chrétien. Quant au philosophe, il doit penser, sans s'arrêter au nom de sybille, de Mercure Trismégiste, de Moïse, etc. , que ces livres , quels qu'en soient les auteurs , étaient censés contenir la doctrine théologique des peuples qui les révéraient, puisque les Chrétiens citaient leur autorité , et que les païens , leurs adversaires , ne la contestaient pas. J'ai cru devoir faire cette remarque pour ceux qui s'arrêtent aux noms , et qui , parce que Moïse et Mercure n'auront pas existé , voudraient nier que les livres connus sous leur nom ne contiennent pas la doctrine des Juifs ni celle des Egyptiens.
Alhénagore (b) a recueilli tons les traits de ressem-
(a) Lactan. de Falsâ Relîg. , 1. 1, c. 6, 7. — (b) Athenag. Leg. pro Christ, p. 16 , p. a3 , 29.