‹ Origine de tous les cultesChapitre 88 sur 180 · CHAPITRE UI. ig · texte numérisé non relu

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blance qui se trouvent entre les opinions des Chrétiens et celles des païens sur le dogme de l'unité de Dieu -, et il est certain qu'il a raison , et qu'il n'y a pas à se méprendre sur la conformité de doctrine. Il dit que les prêtes et les philosophes sont là-dessus d'accord. Il cite les vers d'Euripide et de Sophocle , en même temps que l'autorité de Platon, de Pythagore , de Timée, de Philolaûs , d'Aristote, des stoïciens, etc. , pour prouver l'uniformité de la doctrine ancienne sur ce point. Nous pensons comme lui , si ce n'est que nous n'en concluons pas pour cela une révélation , mais seulement une filiation d'idées métaphysiques , et une théologie commune, comme nous avons déjà prouvé une cosmogonie ancienne et commune chez les Orientaux.

Lactance (a) a fait la même chose, et il a prouvé, par les témoignages des poètes et des philosophes , que le * dogme de l'unité de Dieu appartenait à la théologie la plus ancienne et la plus universelle. Aux témoignages d'Orphée , de Virgile , d'Ovide , il joint ceux des philosophes Thalès , Pythagore , Anaxagore , Antisthène , Cléanle , Anaximène«, Chrysippe , Zénon, etc. , et il ajoute que , malgré la différence des opinions sur la divinité , ces philosophes s'accordent pourtant tous à reconnaître l'u* nité dans l'administration de l'Univers ou l'unité du principe modérateur de toutes choses.

Saint Justin (6) s'est attaché à prouver la même conformité de doctrine chez les théologiens chrétiens , chez les plus savans philosophes , tels que Pythagore (c) , et

(a) Lactance, 1. i, c. 5. — (h) S. Justin. Cohcrt. ad Gent. , p. 18. — » (c) Vita. Pyth. Phot., eod. 3^9; Plut, de Placit. Phil., I. i, c. y, Macr. Somn. Scip., 1. i, c. 6j Sat., 1. i, c. 18; Oiog. Laér. Praem., p. 3; Seit. Kmpir.; Hypo'h. Pyrrh., c. 33.

chez les poètes païens; ce qu'il nous serait aisé de justifier ici, en rapportant les passages de ces mômes philosophes , au moins de ceux dont les ouvrages sont venus jusqu'à nous. Mais ces détails nous conduiraient trop loin , et la chose est si connue que nous n'accumulerons pas les preuves. Nous nous contenterons de celles qu'apportent les défenseurs de la religion chrétienne euxmêmes , pour démontrer l'antiquité de leur doctrine et son universalité , aveu qui est du plus graud poids pour nous. Car nous nous proposons ici de faire voir que le dogme de l'unité de Dieu n'est point particulier aux Ch retiens , mais qu'il faisait la base de la théologie de tous les anciens peuples, malgré la multitude des êtres secondaires qu'on a subordonnés au premier principe , et qu'on a qualifiés souvent , comme lui , du nom de Dieu.

Je sais que les Chrétiens prétendent prouver par-là que les païens avaient eu ces idées par une suite de la révélation ; mais, outre que la révélation est une absurdité, je réponds qu'il n'est pas besoin d'avoir recours à cette machine surnaturelle , quand nous voyons la suite des abstractions philosophiques qui ont conduit les anciens à reconnaître l'unité d'un premier principe, et qu'ils nous disent eux-mêmes pourquoi on doit admettre l'unité ou la monade première. Car, non-seulement ces philosophes reconnaissent cette unité de Dieu, mais ils nous disent pourquoi ils l'ont admise , et les raisons qu'ils en donnent sont simples et nées de la marche de la Nature , et de celle de la manière dont l'esprit de l'homme a du l'envisager. C'est ici que l'on peut dire , comme Horace : Nec Deus intersit , nisi dtgnus vindice nodus.... Nous n'avons que faire de recourir à l'intervention de la divinité quand la réflexion la plus simple explique tout ,

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