‹ Origine de tous les cultesChapitre 92 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sein fécond [B3]. Ainsi , donnant le nom de Dieu à cette cause uniyerselle, modifiée seulement et divisée sans cesse dans ses parties, ils n'admirent qu'un Dieu ou qu'un seul monde-Dieu , renfermant en lui la vie et l'intelligence universelle qui n'était point distinguée de lui ; mais sa propre substance vivifique et intelligente, divine comme lui , ou Dieu lui-même , co-éternel à lui et immense comme lui. Sous ce point de vue, le plus général sous lequel on pût envisager la Nature, l'unité de Dieu renfermait la vie divine ou Dieu- vie (a), l'intelligence divine ou Dieu- intelligence, et Dieu n'était pas plus triple que ne l'est l'homme en qui Ton distingue le principe par lequel il vit de celui par lequel il pense. Dieu, envisagé sons ces divers points de vue, était toujours Dieu , soit qu'on le considérât dans le sens le plus universel et dans son unité , principe de l'intelligence et de la vie , soit que l'on considérât l'intelligence universelle , soit que l'on considérât la vie universelle qui anime tous les êtres (b).

Le spiritus était Dieu , comme on peut le voir dans la • plupart des auteurs qui parlent du spiritus ou de l'ame universelle , qu'ils appellent le Dieu infus dans la Nature (c).

On donnait aussi le nom de Dieu â l'intelligence , au nous ou à l'intelligence ordinatrice. Elle était censée tenir encore moins à la matière , ou appartenir à une matière plus déliée et plus subtile. Virgile la place après le spiritus , sous le nom de mens (d) , et la confond avec lui ,

(a) Ciccr. àe nat. Deor., 1. t, c. 11, c. i3, i4; Maïmonid. Mor. Nev., par» 1, c. 70; Tbeopbil. mà Aotolyc, I. a, p. 86. (£») Isidor. Orig,, ] . 8 , c. 6. — (c) Manil., 1 . a. — (rf) Virgile. AEneid., I. 6, t. 7»}.

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