‹ Origine de tous les cultesChapitre 96 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

réunies ont formé le Dieu Iaô des gnos tiques ou la panaugeia , autrement la lumière universelle distribuée dans les sept corps planétaires dont le chef est le soleil, et dont les termes extrêmes qui renferment sa substance sont a et 6 , le commencement et la fin.

C'est cette panaugeia que nous présente le premier chapitre de l'Apocalypse , au milieu des sept chandeliers d'or, et sous l'emblème des sept étoiles que Christ tient en sa main.

On peut voir dans Philon les idées qu'avaient les Hébreux sur cette lumière universelle appelée panaugeia , image du logos divin , et source de la lumière des sept cornes planétaires (a). En passant du monde intellectuel au monde visible , et en se revêtant d'un corps , son éclat s'anéantissait, et elle semblait alors participer à la faiblesse de la matière et aux affections corporelles du monde sensible, tandis qu'elle était au contraire pure et impassible dans sa source originelle.

La théologie égyptienne consignée dans le Pimander (&) place pareillement dans la substance lumineuse le logos, le Verbe ou l'intelligence , et la sagesse universelle de la divinité. L'auteur de cet ouvrage nous met sous les yeux la formation de l'Univers n et le premier spectacle qu'il nous présente est celui de la lumière universelle , dans laquelle tout nage et semble être absorbé. Il nous peint de l'autre côté le contraste affreux des ténèbres qui circulent en sens opposé à la lumière. On entend un bruit violent ; c'est la voix même de la lumière qu'il appelle le Verbe. « Je suis la lumière , dit

(*) Philon ftptxl Euseb. Pr»par. evang. , l. 1 1, c. *4. — (b) Pimand.,

cette voix , l'intelligence , votre Dieu / beaucoup plus an* cienne que la Nature humide sortie du sein de l'ombre , ce germe brillant d'intelligence , fils de Dieu. Ce Dieuintelligence , réunissant en lui la fécondité des deux sexes , vie et lumière , a engendré par son Verbe ou par sa parole une autre intelligence artiste , Dieu du feu et du souffle , Deus ignis atque spiritâs numen ; et ensuite il a fabriqué les sept intelligences des sept sphères du monde sensible. Le père de toutes choses résulte de la vie et de la lumière : Dieu est vie et lumière. »

Dieu , dit cet auteur, étant une intelligence qui a les deux sexes , parce qu'il est la vie et la lumière , engendra le Verbe , autre intelligence , savoir le créateur ; lequel, étant Dieu du feu et de l'esprit, forma certains gouverneurs qui environnent de leurs sept cercles le monde sensible, et dont l'administration est appelée le destin. Les deux sexes de la divinité sont la vie et la lumière. Les mômes sexes se rencontrent dans l'homme ; la vie et la lumière , ajoute le même auteur , ont concouru à la production de l'homme. Lame est née de la vie , et l'esprit pur de la lumière.

Dam saint Augustin (a) , Félix suppose que Dieu le père , les êtres ou les intelligences qui émanent de lui , la terre lumineuse où ils habitent , que tout cela est de la même substance : ce qui donne à entendre que la divinité et ses émanations , ainsi que le lieu de leur séjour , ne sont autre chose que la substance lumineuse , soit corporelle , soit intellectuelle.

La même doctrine se retrouve dans un autre ouvrage

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(à) August. Act. cum Fel.,1. i, c. 18. — (b) Asccp., c. 3.

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