‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 12 sur 97 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

Là dans l'herbe on trouve éparses ses tablettes d’or (a). ‘Elles appartenaient au père des Dieux et à sa postérité.

Ici on voit des moissons (b) müres, qu'on n'avait pas semées. Le mal disparaît dans le cirque d’Odin.

A Gimlé (au ciel )je vois une demeure couverte d’or (c) et plus brillante que le soleil; là habitent des peuples vertueux ,'et leur bonheur n'aura jamais de fin.

Voilà bien encore la doctrine des mages et celle de l'Apocalypse, que nous retrouvons chez les Scandinaves. La même succession de l’ancien et du nouvel ordre des choses y est bien marquée. Le mauvais principe y prend également la forme du serpent. Chez les Perses, c’est Mithra monté sur un taureau ; chez les Scandinaves , c’est Thor, dont te char est attelé de bœufs, et qui porte la massue à la tète de bœuf, qui triomphe du mauvais principe, du serpent Ahrimane. Dans l’Apocalypse, le vainqueur triomphe sous le symbole de l'agneau ; Ce qui prouve que les deux premières cosmogonies appartiennent à des temps plus anciens ; mais toutes nous ramènent aux contrées septentrionales de l'Asie, dans l'Asie mineure, l'Arménie et la Perse, où le culte mithriaque et la théologie des deux principes furent la religion dominante. Il paraît même que ces idées n’ont pu naître que dans le Nord, et que c’est de-là qu’elles ont été portées en Égypte où on les retrouve dans la guerre des deux principes Osiris et Typhon, qui, comme Ormusd et Ahrimane , à qui ils répondent, sont vainqueurs et vaincus successivement , jusqu'à ce qu'enfin Typhon soit enchaîné. Ils devaient en conséquence faire la base des mystères d'Isis, et pareillement

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(a) Volusp., v. 55.—(b) V.56.—(c) V. 58.

aussi de ceux de Cérès, en Grèce, qui en furent une copie. Aussi le serpent figurait-il dans les mystères de Cérés et dans ceux de Bacchus, qui n est que l'Osiris des Égyptiens, comme Hérodote et les Grecs l'ont reconnu eux-mêmes. Êt dans ces deux initiations, le grand vœu des initiés, comme nous l'avons dit plus haut, était d'être affranchis du cercle de la génération (a), et de passer dans le lieu de repos qui les mettait hors des atteintes du mal, et les rendait à la vie bienheureuse. Ces idées furent de toutes les théologies, et remoniaient, comme dit Plutarque, à la plus haute antiquité ; on n’en connaissait point l’auteur. Elles faisaient la base des mystères et des sacrifices, tant des Grecs que des Barbares, et se liaient au dogme de la Providence, que les législateurs et les prêtres avaient cherché à établir (8). Elles étaient des dogmes de foi, sur lesquels on ne se permettait aucun douie , et qu'il eût été difficile d'effacer, dit Plutarque, de l'esprit des hommes. Il n’est donc pas étonnant que nous les retrouvions pariout ; car c'était le seul moyen de contenir les hommes, que de bien établir le dogme de la vie future et la croyance des peines et des récompenses, qu'un Dieu juste réservait aux actions des mortels. Tout l'ouvrage que nous commentons ici se réduit là en dernière analyse. Les actions des hommes sont supposées écrites dans un grand livre (c) où l’on en tient registre, et les morts sont jugés sur ce qui est écrit dans ce livre, selon leurs œuvres. Tous ceux qui y sont mal notés, et dont le nom n'est pas écrit sur le second livre, ap-

De EUR La AT te ms (a) Procl. in Tim. ], 5, p. 380. — (b) Plut. de Ne p. 369. —

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