‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 22 sur 97 · TOME VI. HU · texte numérisé non relu

TOME VI. HU

au dixième jour avant les calendes de mars : Die decimd antè cal. leo occidit. Æquilones chelidonii appellati incipiunt , et per quatriduum flant. Hirundines apparent. On retrouve la même chose dans le calendrier romain tiré d'Ovide, de Columelle et de Pline, donné par le père Petau (a). |

La peinture hiéroglyphique d'une hirondelle , dans cette partie du ciel , est un symbole si naturel et si intelligible que le sens de cet emblème a déjà été aperçu par Scaliger in ejus morphosei, dit ce savant en parlant du poisson boréal : Caput hirundinum et afingunt Chaldei. Sed ego puto ab eo, quod cum sol est in extremo pisce , hirundo incipit videri quæ veri præludit (Scaliger in Manil., |. 1, v: 432).

En voilà plus qu'il n’en faut pour montrer l'origine de la substitution faite d’une hirondelle à la place d'un poisson , substitution qui est toujours une suite du génie allégorique [42], qui le prouve clairement , et qui démontre que les figures tracées dans le zodiaque et dans les autres constellations n’y ont pas été mises au hasard ; qu’elles son’ comme le calendrier hiéroglyphique des anciens peuples ; qu’elles sont liées à leurs besoins et à leur climat, et qu’elles ont dû toutes signifier quelque chose dans l'origine, quoiqu'il nous soit diflicile aujourd’hui de, pénétrer le sens de tous ces symboles.

I] se présente ici naturellement une objection ; c’est que, si le zodiaque et les constellations ont été originairement un calendrier fait pour le climat d'Égypte , le

déplacement nécessaire que ces symboles ont dù éprou- |

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(a) Uranol. Petav., p. Gr.

* DES CONSTELLATIONS, 163 ver par une suite de la précession , a dû , tous les deux mille ans, faire changer ces emblèmes, pour leur en faire substituer d’autres qui fussent d’accord avec la Nature dans ces époques différentes, et conséquemment les symboles qui nous restent sont ceux des derniers âges , et non point ceux du temps de l'institution prim:tive. Je réponds à cela que sûrement il y a dû avoir des changemens faits dans les emblèmes astronomiques , et nous trouvons souvent des différences qui prouvent qu’il y en a eu. Mais ces différences ne se trouvent pas dans le zodiaque, et n’ont pas dû s’y trouver ; ou bien elles sont si légères qu’elies n’attaquent point l’allégorie primitive, ou n’en sont qu'une expression différente. Deux chevreaux naïssans, par exemple , à la place de deux enfans nouveaux-nés ; une urne percée de trous à la place d’un homme penché sur une urne d’où sort un fleuve ; une femme à queue de poisson à la place d’un poisson, Ces différences légères ne nuisent en rien à l'explication allégorique que nous avons donnée des figures tracées dans le zodiaque.

Les Grecs, peu astronomes, et à qui les Égyptiens ne donnèrent pas la clef de leur écriture sacrée , trompés par quelques traits d’une différence apparente , ont cru que la sphère égyptienne différait beaucoup de la leur. Mais les différences dont ils nous parlent ne regardent pas le zodiaque ; elles concernent seulement quelques constellations boréales. Macrobe établit très-positivement l'identité du zodiaque égyptien avec celui que les Grecs et les Romains nous ont transmis. Les mêmes dénominations se retrouvent chez les Perses et chez les Indiens.

Un accord aussi parfait sur les noms des douze signes

du zodiaque chez tous ces peuples , prouve qu'ils ont une origine commune, et qu'ils n'ont pas changé ; j'ajoute qu'ils n’ont pas dû changer. En effet , les Égyptiens regardèrent leur zodiaque , non-seulement comme un calendrier rural et météorologique, mais comme la base de toute leur religion et de leur astronomie. Ils avaient des périodes sothiaques de mille quatre ‘cent soixante ans , liées elles-mêmes à des périodes plus longues encore ; ils avaient une longue suite d'observations faites par leurs prêtres , auxquelles ils étaient eux-mèmes ‘obligés de comparer celles qu'ils faisaient habituellement. Ils avaient l’idée d’une période qui ramenait les fixes et toute la sphère à un certain point d'où tout était parti (a) ; car uous avons vu plus haut qu'ils fixaient l’origine des choses à la balance , qui, dans notre système , était le premier signe de l’équinoxe de printemps , à l’époque où nous fixons l'invention primitive de lÎa sphère.

Supposé qu'ils connussent par tradition le point d'où partait la grande révolution des fixes, c'est-à-dire ici l’époque de l'invention de leur zodiaque, ils devaient nécessairement conserver ce zodiaque dans son état primitif, pour entendre les observateurs qui les avaient précédés , et pour être entendus eux-mêmes des âges suivans ; pour connaître quand la période serait achevée, et rectifier les périodes particulières liées à la grande. Créateurs de l'astronomie et dépositaires de la clef de ces symboles, ils les ont souvent chargés de nouveaux caractères ; sulvant le besoin et le génie des différens âges ; mais.sans altérer le sens primitif, et de manière que les caractères

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(a) Euseb. Præp. Ev., 1.6, c. 17, p. 294.

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du premier zodiaque fissent toujours la base principale des nouveaux emblèmes. Ïl n’en a pas été de mème de ceux à qui ils ont transmis leur astronomie sans leur communiquer leur génie. Ceux-ci ont gardé le zodiaque dans l’état qu'ils l'ont reçu , sans y rien changer. Aïnsi, nous avons nous-mêmes conservé encore aujourd’hui aux signes les anciennes dénominations.; ce qui a donné lieu à deux espèces de zodiaques, l’un par signes, l’autre par constellations; car l’on distingue le signe du bélier de la constellation du bélier, qui autrefois n'était qu'une même chose. Nous disons donc, le soleil entre au signe du bélier quoiqu'il ne soit qu'aux premiers degrés de la constellation des poissons. On sent parfaitement que si nous avions reçu notre astronomie lorsque l’équinoxe était au taureau, nous dirions encore, le jour de l’équinoxe , le soleil entre au taureau.

Les Perses, qui autrefois se servaient des lettres de l'alphabet pour caractères numériques (a), marquent encore aujourd'hui par la lettre 4 ou par r le signe du taureau ; par B ou par 2 celui des gémeaux, etc. De même que les Égyptiens faisaient commencer l'Univers à la balance, et faisaient partir de ce point toutes les sphères , les Perses fixaient la création de toutes choses et le départ des sphères au taureau. Cette dernière création est d'une époque beaucoup plus récente; la plus ancienne de toutes paraît être celle de l'Égypte; c’est celle de la sphère primitive. Le scholiaste de Ptolémée Jui-même distingue plusieurs créations , et entre autres la primitive, celle qu'Esculape disait avoir eu lieu sous la balance (b). On appelait, comme nous l’avons vu ail-

(a) Chardin, t. 5, p. 84. — (b) Scalig. not. ad Mani, 1. 1, v. 125. Scholiast. Tetrabibl. Ptolem.

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fêtes , création le renouvellement de la Nature au point équinoxial. Ê% plus ancienne qu’ on eût chantée était celle qui s s'était faite lorsque la balance était à l’équinoxe de printemps , occupé bien des siècles après par le taureau, génie créateur des anciennes théogonies de la Perse, du Japon, etc. ; l’Apis des Égyptiens, le Bacchus des Grecs, le Dieu des Accitains , le taureau sacré des Cimbres.

Les Chinois, qui ont recu leur astronomie vraisemblablement au temps où le solstice d'hiver répondait au milieu du verseau , fixent encore à ce point le commencement de leur zodiaque. Enfin, dans le zodiaque indien des Transactions philosophiques, il paraîtrait que la vierge occupait le solstice d’été. Quoique tous ces peuples sussent bien que les poinis solsticiaux et équinoxiaux ne répondaient plus aux mêmes astérismes auxquels ils répondaient quand ils reçurent leur astronomie , néanmoins ils ont toujours conservé des monumens qui leur remettaient sous les yeux l’état du ciel à cette époque. Les Égyptiens, comme inventeurs, ont conservé des traces du zodiaque primitif ou de celui qui faisait partir leur année solsticiale du capricorne lorsqu'il coïncidait avec le solstice d'été, et nous avons d’eux un zodiaque imprimé dans le père Kirker et dans cet ouvrage, où le capricorne est effectivement appelé Le premier signe, et c’est par lui que commence la division des douze maisons du soleil (a).

On a vu que la division du zodiaque dut partir originairement d'un solstice plutôt que d’un équinoxe ; et que

ce solstice fut celui d'été, comme nous l'avons prouvé

(a OEMPENt 2 part. à, p. 206.

par l'ordre des calendriers anciens de Géminus , dePto- -lemée, etc. , ainsi que par les témoignages de Plutarque et d'Hipparque , l’un dans son ouvrage de placitis philosophorum , l'autre dans ses Commentaires sur Aratus. On a vu également que les anciens , dans les poëmes - qu'ils firent sur l’année et sur le voyage du génie solaire ou d'Hercule dans les douze signes, plaçaient son triomphe sur le lion solsticial à la tête de tous ses travaux. Il est naturel de supposer que les Égyptiens commencèrent à ce point leur division en douze signes, puisqu'on sait qu'ils y commencaient leur année et leur grande période. Voilà donc un zodiaque égyptien fait dans un temps auquel le cancer oecupait le solstice d'été, et cependant on y fixe le commencement de la division au capricorne; n'est-il pas évident que c’esi l’époque primordiale qu'on a voulu perpétuer ? Ce planisphère remonte donc plus haut que le zodiaque indien, qui place la vierge au solstice été ; et cela a dû être ainsi. Le zodiaque qui rappelle Ja position de la sphère la plus ancienne a dû se trouver chez le peuple inventeur. Les douze figures iracées dans les douze divisions de ce zodiaque n’ont pas la même simplicité que le zodiaque grec et que le zodiaque imdien ; elles sont chargées de nouveaux caractères pris des paranatellons qui s'y liaient dans l’âge où il était en usage. Maïs on y retrouve toujours les anciens symboles qui font la base principale des nouveaux. Il en résulte seulement des unions monsirueuses dont les prêtres astronomes pénétraient le sens; et la forme même composée ‘de ces emblèmes prouve assez que le peuple inventeur fut celui qui savait les modifier suivant ses besoins, et en faire son écriture sacrée.

La méthode suivant jaquelle je viens d'établir mon

hypothèse, n'est pas celle qui m'avait conduit à recon= naître l'accord qui se trouve entre ces symboles et l’état de la terre et du ciel en Égypte ; à l'époque de cette invention. Un hasard heureux a tout arrangé ; et la place d’un de ces emblèmes bien déterminée a produit l'accord de tous les autres sans que je l’aie cherché. Je ne me proposais rien moins d’abord que de donner un traité sur l'astronomie ; j'ai été conduit à ce travail par la suite de mes recherches sur un objet étranger à celui qui m'occupe aujourd'hui. L’incertitude qui règne sur le rapport précis de nos mois avec ceux des Athéniens me faisait chercher l’origine des dénominations données à ces mois. J'avais imaginé qu'elles pouvaient naître ou des signes que le soleil parcourait pendant ces mois ou des étoiles dont le lever fixait le passage du soleil dans chacun des signes.

En effet, j'ai reconnu depuis que le mois marqué par le lever du serpent avait pris le nom d’éthanim chez les Hébreux ; que celui qui était fixé par le lever du soir des pleïades, Æhoraiæ , et du taureau, portait le nom d’Athur chez les Égyptiens. Je savais que les Athéniens étaient une ancienne colonie d'Égypte , et que c'était en Égypte que tous les philosophes grecs avaient puisé leurs connaissances astronomiques. Je conclus que c'était en Egypte qu'il était naturel de chercher la raison de ces dénominations et l’origine de leur liaison avec les signes. Persuadé depuis long-temps, par le témoignage de toute l'antiquité, que les Égyptiens avaient été les premiers inventeurs de la distribution de l’année et de lastronomie ; etimaginant que les figures des astérismes avaient dû être symboliques chez un peuple qui aimait tant les hiéroglyphes , je commençai par chercher la raison des

symboles, afin de mieux apercevoir celles du nom des mois. Parmi ces symboles, il en est un qui présente naturellement l'idée de l’eau, c’est celui du verseau. Supposant, comme les anciens, que l'astronomie était d’origine égyptienne, je ne pouvais regarder ce symbole comme l'emblème des pluies dans un pays où il ne pleut point. Un homme penché sur une urne me parut fort bien représenter le Dieu du Nil et le génie des: eaux ou du débordement du fleuve. C’est de cette seule supposition que tout le reste du système est éclos. Quelques étymologies qui semblaient favoriser cette opinion m’engagèrent à placer le verseau et le mois qui y répondait au temps de l’année où le Nil épanche ses eaux avec le plus d’abondance sur les terres de l'Égypte. Aussitôt que j eus fait ce déplacement dans la position actuelle de nos signes , je fus surpris de voir que le reste des signes s'arrangeait fort bien , et comme de soi-même, sans que j y eusse encore pensé, avec le climat d'Égypte. Les emblèmes dont le sens était clair, tels que l'écrevisse pour désigner un soletice, et la balance pour signifier un équinoxe, se trouvaient occuper la place qui leur appartient naturellement. Le bœuf agriculteur répondait au commencement des travaux agricoles de l'Égypte, et le soleil parcourait la vierge ou le signe de la moissonneuse en mars, temps où commencent les moissons égyptiennes. Cet accord parfait, et que je n'avais pas cherché, des points cardinaux de la sphère et des deux époques les plus intéressantes de l’année rurale, me frappa et me parut ne pouvoir être l'effet du hasard. Les trois signes qui se trouvaient alors être les.premiers à partir du solstice d'été, et qui répondaient aux trois mois du débordement, tous trois symboles naturels de l’eau, ne

me parurent pas non plus placés là sans dessein; et J'Y vis clairement un sens que je n’y avais pas encore soupconné. Cet accord avec la Nature, et surtout le hasard qui m'avait conduit à l’apercevoir, m'ont engagé à faire des recherches et des réflexions suivant une autre méthode , et telles que je les ai proposées ci-dessus. C'est ‘le résultat de ce travail que je présente aujourd’hui comme un système sur l'origine du zodiaque , auquel, d’ailleurs, je n’attache pas la mème importance qu'à mon travail sur les religions , attendu qu'ici ce ne sont que des conjectures , et que mon travail, au contraire, sur la mythologie a pour base la vérité.

Cette position du zodiaque une fois déterminée , je voulus voir le changement qui en résulterait, soit dans les étoiles polaires, soit dans les astres qui annonçaïent les saisons par leur lever et leur coucher. Je savais que les Égypüens , dès la plus haute antiquité, avaient commencé leur grande période au solstice d'été, au lever de Sirius, et que c'était là comme le point de départ de toutes les périodes : hoc tempus natale mundi sacerdotes judicant , dit Solin (a). Porphyre en dit autant (b). El est vrai que Porphyre la fait commencer au cancer ; mais c'était pour désigner le solstice d’été de son temps , puisqu'il y a eu un renouvellement de cette période, sous le signe du lion ou lorsque le lion occupait ce solstice , comme le prouve bien Fréret qui place le commencement d'une de ces périodes l’an 2582 avant Jésus-Christ ; temps où le lion était au solstice (défense de la Chronologie ). Aussi voyons-nous que les anciens poëtes, dans leur; chants,, unissent toujours le lion à Sirius pour

(a) Solin , c. 32. — (h) Porphyr. de antro Nymph., p. 264.

désigner les chaleurs solsticiales. La liaison de cet astre avec le capricorne m'était absolument inconnue ; et quoique la position que je supposais avoir été la position primitive de ce signe me parût donner aux autres emblèmes un sens raisonnable et metire tout à sa place, je craignis que l’ancienne tradition, qui fixait le départ de la sphère et des périodes au lever de Sirius, ne fût un argument contre mon système si cette condition n'était remplie. Le bouleversement que je faisais dans la sphère où tous les signes se trouvaient placés, relativement aux points équinoxiaux et solsticiaux dans un ordre absolument inverse de celui qu’ils avaient environ trois cents ans avant l'ère chrétienne , changeait tous les aspects célestes, et pouvait même donner à Sirius une déclinaison australe si prodigieuse qu’il füt invisible dans la Basse-Égypte, ou que, s’il y était visible, il n’eût aucun lever qui püt annoncer le solstice d’été et fixer le départ d'une période qui commençait au capricorne.

Mais pour voir si mon hypothèse réunissait encore ce nouveau caractère de vérité, je pris un globe que je percai , et que je traversai d’un axe à l’endroit où les cercles polaires sont coupés par le cerele de latitude qui passe par les premières étoiles du capricorne. Je montai mon globe dans cet état à la latitude de vingt-trois degrés, ou de la Haute-Égypte qui confine à l'Ethiopie , qui fut la première habitée, et où l'astronomie a dû naître ; et je fis descendre le capricorne sous l’horizon occidental, de manière à faire commencer la nuit. Alors je vis que Sirius était la première et la plus belle étoile qui parüt à l'horizon oriental, et qu'il avait pu conséquemment , par son lever acronyque , fixer le départ de l’année solsticiale

et de la période.

On ne doit pas s'étonner que nous fassions commencer le soir une année et une période (a), puisqu'il est vrai que les anciens peuples commencèrent à compter par nuits avant de compter par jours. Les Égyptiens entre autres furent dans cet usage , comme il paraît par Isidore (b). Ceite manière de compter leur fut commune avec les Athéniens (c), avec les Lacédémoniens , avec plusieurs peuples d'Italie, avec les Gaulois, les Germains et tous les peuples du nord. Jules César dit en particulier des Gaulois qu'ils comptent par nuïts, et qu'ils marquent le jour de leur naissance, le commencement des mois et des années, comme si le jour suivait la nuit. Moïse compte également par le soir les jours de la créaton. En voilà plus qu'il n’en faut pour justifier notre supposition , et prouver l'antiquité et l’universalité de cet usage.

Sirius se levait donc le soir, presque au midi de l'Égypte, ayant soixante-quinze degrés environ d’amplitude , avec un arc semi-diurne d'environ une heure et demie ; et après une courte apparition , il se replongeait sous l’horizon. C'était donc l'étoile du fleuve , puisqu'elle semblait ne paraître que pour annoncer le débordement j et que sa fonction une fois remplie, elle disparaissait peu d'heures après, à cause de la grande déclinaison qu’elle avait alors. Elle venait à l'approche de la nuit avertir le peuple égyptien de se tenir sur ses gardes : c'était le fidèle moniteur qui, tous les ans à la même époque , renouvelait ses avertissemens.

La ressemblance de ses fonctions avec les services que

LE DE RS NRRRRT DR nRnEE cena me PERS EEE DNS LARGES

(a) Hyde de vet. Pers. Relig. , p. 213. — (bd) Isid. Orig. k 5, FAO: (e) Macrob. Sat. , 1. 1, €. 3, p. 191.

rend à l’homme le chien fidèle qui veille à sa garde, put la faire comparer à cet animal; on l’appela donc l’astre-chien ou astrokuône (a), nom qu'elle conserve encore aujourd'hui, et l’on peignit dans les étoiles de cette constellation l'image symbolique du chien. Les Égyptiens en firent leur Mercure Anubis , ou leur génie à tête de chien. Plutarque, parlant de ce Mercure, appuie l'interprétation que nous donnons à ce symbole, et l’origine allégorique que nous lui supposons (b). Sirius, dans notre système, dut donc être la première constellation extrazodiacale observée, et tenir la première place parmi les étoiles-génies. Plutarque, dans le même ouvrage, confirme encore cette conséquence lorsqu'il nous dit : « Qu'Oromase parsema le ciel d'étoiles, et qu'il leur donna Sirius pour chef (c). Nous voyons pareillement, dans le planisphère des marbres de Farnèse, Sirius, dont la tête est ornée de plusieurs rayons lumineux qui semblent caractériser le roi des constellations. Les Éthiopiens , au rapport de Plutarque , rendaient au chien tous les honneurs qu'on rend à un roi, et lui en donnaient le titre (d). Le chien à qui on rendait ce culte religieux, est le même sans doute qu’on adorait en Égypte comme le symbole vivant du chien céleste; et le titre de roi qu’on lui donnait ici lui appartenait cemme au génie qui était censé avoir présidé au commencement de la grande période et donné l'impulsion à toute la sphère.

(a) Hor. Apollo, c. 3. Germ.Cæs., c. 51. — (b) Plut. de Isid., p. 355. — (c) P. 370. — (d) Ce passage de Plutarque pourrait aussi se rapporter au temps où Sirius fixait, soit l’équinoxe de printemps par son coucher, soit le solstice d'été par son lever héliaque.

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On ne doit pas être étonné que nous empruntions ici de l'Éthiopie des argumens en faveur de l'astronomie égyptienne ; car nous sommes persuadés que c'est de : l'Éthiopie que sont sortis les inventeurs de l'astronomie établis en Égypte. La latitude de vingt-trois degrés, que nous avons supposée pour le lever de Sirius , le jour du solstice d'été, lorsque le capricorne occupait ce point, répond aux limites de l'Égypte et de l'Éthiopie. Nous devrions peut-être attribuer plutôt à l'Éthiopie qu'à l'Égypte l'invention des sciences astronomiques ; mais nous avons nommé les Égyptiens parce qu'ils sont plus connus , et qu'ils ont laissé le plus de monumens dans les derniers äges. Mais, quand il est question de fixer l’époque de l'invention du zodiaque , on doit toujours entendre par l'Egypte la partie qui est au-dessus de Thèbes, laquelle était pHepretnens l’ancienne Égypte (a). Car c'était vers Syenne qu'était véritablement la primitive Égypte (2); les provinces inférieures , ainsi que la Basse-Égypte , étaient moins anciennes. Les Égyptiens eux-mêmes appelaient celle-ci un don du Nil(c).

Quoi qu'ilen soit , nous supposons que l’astronomieest née sur les rives du Nil, à vingt-trois degrés environ de latitude; et quelque dénomination qu’on donne aux habitans de ce climat, il n’en résulte aucune différence pour les preuves physiques qui entrent dans notre système. Lucien fait naître les sciences astronomiques en Éthiopie (d), et de là descendre en Égypte [43]. Cette opinion de Lucien s'accorde parfaitement avec la latitude que nous supposons au lieu qui fut le berceau de l'astronomie , et D PO TON

(a) Plut. adv. Stoic., p. 1064, — (b) Arist. Meteor., 1. 1, c. 14.— (c) Herod. , L 2, c. 5. — (d) Ducian de Astrol. , P- 985.

DES CONSTELLATIONS. 17h que détermine le lever de Sirius à l’époque de l'invention du zodiaque. Cet auteur pensait aussi que les signes étaient hiéroglyphiques. Le nom même de signes, Sémeia, qu’on leur 4 toujours donné, annonce assez des symboles , des affiches ou des annonces.

On trouve Sirius réuni avec le capricorne dans d’anclens monumens ; nouvel argument qui semble indiquer Ja priorité de Sirius , sa qualité de génie qui présida au commencement de l’année astrale, produite par la précession, et établir la liaison de cette constellation avec le capricorne qui occupait le solstice d’été à l'époque de l'invention du zodiaque. Peut-être , au reste , aussi est-ce comme paranatellon qu'il figure.

Après la première ébauche de mon système, je sentis que l'étude des antiquités égyptiennes, qui jusque-là n'était point entrée dans le plan de mes travaux, me devenait nécessaire. Le premier ouvrage queje consuliai fut POEdipe du savant père Kirker, où l'astronomie se trouve jointe à une profonde érudition. Quelle fut ma surprise quand je trouvai dans cet ouvrage (a) un planisphère égyptien qui plaçait à la tête de la division du zodiaque le même signe que celui que j'avais imaginé avoir dû originairement occuper cette place ? J'y retrouvai non-seulement le capricorne, mais encore le génie Sirius, Seth ou Sothi ; le Mercure à tête de chien, dont le lever fixait l'entrée du soleil au signe solsticial d'été, et le point de départ des cieux, comme nous l'avons vu plus haut. La case ou la division céleste qui réunit ces deux symboles est désignée par le nom de regnum sothiacum ou d'empire de Sothi ; dénomination de, Sirius , et de laquelle même la période RS

(a) Œdip. AEgypt., 1 2, pars à, p. 206.

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sothiaque ou le cycle caniculaire a pris son nom. Le capricorne y a la queue de poisson comme celui de nos sphères , et ces deux symboles, le caper et le chien, le signe du zodiaque et l’astre paranatellon qui fixait l’entrée du soleil dans ce signe , s’y trouvent unis: On voit même le Mercure cynocéphale ou à tête de chien, qui conduit en laïsse ce capricorne amphibie. Au premier coup-d'œil, je crus voir dans ce monument une démonsration complète de mon système ; un examen plus réfléchi m'a fait réduire cette preuve à sa juste valeur. Ce planisphère représente l’état du ciel dans les derniers âges , et ne remonte pas à deux mille ans avant l’ère chré-

tienne, temps où le capricorne occupait le solstice d’hi-

ver , et où le lever acronyque de Sirius marquait aussi le passage du soleil dans ce signe. L'union de cet astre et du capricorne, qui eut lieu à l’époque primitive , avait lieu encore, et c’est vraisemblablement cette dernière qui est ici tracéé : maïs ce qu'il y a de favorable à mon hypothèse, c’est qu'on y fixe là le commencement de la division du zodiaque et l'empire du génie de la période sothiaque ; quoique la période sothiaque ne partit point de ce solstice, non plus que la division des douze signes, mais du solstice d'été, dont le capricorne alors était bien loin , et que cette période d’ailleurs ait commencé avant que le capricorne füt au solstice d'hiver , comme le prouve Fréret qui place un de ses renouvellemens dans le temps où le verseau était au solstice d'hiver (a).

Manethon donne lieu de croire, dit Baïlly , que la période sothiaque remontait à deux mille sept cent quatre-

(a) Défense de la Chron., part 2.

lys LES

DES CONSTELLATIONS. I lo à

vingt-deux ans avant J. C. Conséquemment , le lion occupait alors le solstice d’été.

La preuve que nous tirons de ce monument , considérée seule et indépendamment de sa liaison avec toutes celles que nous avons déjà à apportées du départ d’une période astrale , au lever de Sirius , lorsque le capricorne était au Fi d'été , ne serait pas sans doute décisive; mais elle le devient par sa réuuion avec tous les autres : surtout si l’on fait les réflexions suivantes. Le capricorne fut uni à Sirius , au solstice d'été, à l’ époque primitive; mais bien des siècles après , il le fut avec le même Sirius au solstice d'hiver. La liaison établie dans le monu-

ment est-elle de la première époque ou de la seconde ?

Nous convenons qu’effectivement ce planisphère est de la seconde; maïs nous ajoutons que cette seconde union, non-seulement ne détruit pas la première qui, dans notre système, a existé ; mais que le nom de premier des signes, donné au capricorne chez un peuple qui commençait son année et ses périodes au solstice d'été, semble annoncer qu'on eut aussi en vue de perpétuer l’époque primitive.

Cette conjecture recoit encore un nouveau degré de force par la comparaison que nous pouvons faire de l’umon établie entre ces deux symboles dans ce monument avec une cérémonie singulière qui se faisait tous les ans en Égypte , ausolstice d'été. Plutarque (a) nous dit qu'aux environs du solstice d'été, ou lorsque Sirius se levait avec le soleil, on obligeait toutes les chèvres de l'Égypte de se tourner vers Sirius, et que cette cérémonie était en mémoire de la période et conforme aux tables astrono-

(a) Plut, de Solert. animal., p. G74.

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