‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 28 sur 97 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

pe ZODIAQUE.

Le zodiaque est une bande circulaire des cieux, divisée en douze parties égales, de trente degrés chacune, lesquelles sont figurées par douze images connues sous les noms de bélier, taureau , etc. C’est dans cette bande d'environ dix-huit degrés de largeur, et qui coupe l'équateur en deux points opposés, qu'on appelle points équinoxiaux , qué circulent tontes les planètes. La route du soleil est au milieu et à égale distance des deux bords qui terminent la largeur du zodiaque. On appelle cette route la ligne écliptique, parce qu’il faut que la lune se trouve sur cette route où dans le point de son orbite qui la coupe, pour qu'il y ait une éclipse.

Comme le zodiaque ou le cercle des douze animaux

comprend les routes de toutes les planètes, qui, par

leur influence et leur combinaison avec l’action toute-

puissante du soleil, dirigent-le grand œuvre de la végé-

tation et de la fatalité, et règlent les saisons ; le zodiaque

à été regardé comme une dés premières causes de géné- TOME VI. 16

242 DE LA SPHÈRE ration (a), et il joue un rôle important dans la théologie ancienne. C’est dans ce cercle principalement que circulait l'ame du monde et des sphères; c’est là qu’elle subissait les différentes métamorphoses qui exprimaient les diverses qualités et les quantités d'énergie qu’elle développait, et les graduations différentes suivant lesquelles son activité était modifiée durant la révolution annuelle du soleil. C’est dans ce cercle que voyageait le temps, et le Dieu qui nous en donne la plus belle mesure; ce temps, dont les principales époques étaient caractérisées par des symboles variés distribués dans ses douze divisions ; ce temps, qui naissait du sein de l’éternité sans fin lui-même, parce qu'il renaïssait toujours ; fini, parce qu'il commençait et finissait à chaque révolution mesurée par le zodiaque, et qui, dans sa marche en même temps créatrice et destructive, engendrait tout et détruisait tout. C’est sur cette route que planait éternellement le Dieu aux douze ailes (b), et qu'il semait la lumière et la chaleur qui font naïüre et éclairent toutes les productions du temps. C’est lui qui embrassait cette période de biens et de maux, de lumière et de ténèbres, que se partageaient entre eux également Ormusd et Ahrimane (c).

Voilà cette fameuse carrière où le dieu du temps sous le nom d’'Aercule (d), héros infatigable , conduisant le char du soleil, remportait douze victoires sur douze animaux féroces , distribués dans lés douze stations du

cirque annuel. Après avoir fourni cette pénible carrière

(a) Ocell. Lucan., c. 2, $ 17, edit. de Bañt.—(b) Clem. Alex. Strom. i. 5, p. 563. — (c) Zend. Avest. ,t. 2, p. 10-96; t.1, part.2, p. 414. — (d) Athenag., p.190.

il reprenait son immortalité et sa jeunesse, en devenant l'époux d’Hébé. Ailleurs, sous le nom d’'Osiris et de Bacchus , nous l’avons vu voyager dans l'Univers, pour ÿ faire aimer sa puissance et répandre ses bienfaits. Dans une autre fable , il s’achemine à la conquête du fameux bélier à toison d’or, qui appartenait à un des fils du soleil.

Îci on peut y voir un fleuve qui, jaïllissant du bélier ou de l’agneau , chef des douze signes , coule sans cesse entre ses rives fécondes , sur lesquelles sont plantés des arbres appelés arbres de vie, qui produisent des fruits ‘chaque mois. Plus haut c'était une ville lumineuse qui avait douze portes et douze fondemens appuyés chacun sur une pierre précieuse.

Dans toutes ces allégories, dans tous les poëmes et: les légendes sacrées, sur le temps etsur le soleil, qui l’enchaïine à son char , on est sans cesse forcé de reporter son esprit vers le zodiaque et sur les figures qui sont tracées dans chacune de ses divisions. Il est donc à propos de connaître le nombre de ces divisions, les diverses dénominations données à ce cercle générateur, celles des emblèmes variés qui y sont peints, et les rapports de chacune de ces divisions avec les autres emblèmes qui, étant hors du zodiaque , se lient néanmoins avec lui et avec ses parties, soit par leur lever, soit par leur coucher. C’est là ce que nous avons appelé la théorie des paranatellons. ;

Des différens noms du Zodiaque.

Les Grecs ont appelé ce cercle loxos, le cercle oblique , parce qu'il coupe obliquement l'équateur; z0diacon, ou cerele, soit de la vie, soit des animaux qui

y sont dessinés. Ils le nommentles routes du soleil (a), Agalmatopoios, Zographos, Pér ipolésis Zodiou, Dodécaté-morion (b).

Les Romains l’ont nommé signifer, le cercle qui porte les signes , et dans lequel roulent les douze images , dit Achille Tatius (ce) : Varii mutator circulus anni (d).

Manilius l'appelle arx mundi, la forteresse du monde , parce que c’est en lui que sont concentrées les causes des générations et des destructions , dans le système de la fatalité et des influences.

Hermès l'appelle la grande tente, tabernaculum (e).

Les Égyptens , considérant ses rapports avec la religion , l’appelaient l'empire des douze grands Dieux, Zametouro en Teniphta. Chacune de ses divisions était sous l'inspection d'un de ces Dieux Qf:

Les Égyptiens modernes ou les Coptes nomment les douze signes les douze tours (g). C'est dans une semblable tour qu'avait été enfermée Danaë, mère de Persée qui est placé sur le premier signe. Peut-être sont-ce les tours qui couronnent la tête de Cybèle.

- Les Arabes les nomment les douze citadelles (2) ou la bande des douze forteresses, phalek al barûgi ou phelek al burugi (i) et mintaka al burugi, ou simplement mintaka. Ce mot burugi répond au mot palais, en persan küshk, en latin arx, et pyrgos en grec. Ils le désignent aussi sous le nom de nitac et d’alman-

tica (j ).

ee

(a) Aratus.—(b) Cæs., p. 20. — (c) Achill. Tat., c. 23. — (d) Lucan. — (6) Hermès in Pimandro. — (f) Kirk. OEdip. Riccioli, t. 1, p. 202. — (g) Hyde Comm. ad Ulug, p. 29-30. — (A) Riccioli, p. 402. — —(i) Hyd. Comm. Ulug. p. 29-30. Salm. Præf. ann. Clim. , p. 25.— (j) Bayer, L. 22.

Les Syriens appellent le zodiaque chudronutho de malüshe , le cercle des signes (a), ou l'enceinte des douze signes (b).

Chez les Hébreux et leurs rabbins, il se nomme la roue des signes, ophan - hammazzaloth ; la sphère des signes, salgal hammazzaloth (c); le cercle des signes, igghül hammazzoloth; la bande ou ceinture des signes, ezôr hammazzaloth. On l'appelle aussi cheshebh eph6 dath haggalgal, inventio , seu opus Phrygionarium orbis signorum (d). Le prophète Ezéchiel , lorsqu'il voit des roues dans le ciel, se sert d’une expression consacrée pour désigner les signes du zodiaque et leur mouvement.

Les Mexicains avaient un cycle de einquante-deux ans, exprimé par une roue entortillée d’un serpent qui se mord la queue ; emblème naturel du mouvement d'un cycle qui se continue et se reproduit (e).

Les Islandais en font le sénat de leurs douze azes ou douze grands Dieux, et ils appellent ses douze divisions les forteresses célestes (f).

Les Chinois appellent le zodiaque le chemin jaune (2).

Ils donnent le nom de demeures et d’hôtelleries à chaque station ou à chaque division du zodiaque. Ils rapportent aussi le lieu du soleil à douze parties de l’équateur , qu’ils appellent places ou signes (Z).

Martianus Capella donne pareillement aux douze divisions de la route du soleil le nom d’hospitia (à), hôtelleries. Les Grecs les ont appelées maisons (j}. Ce

(a) Hÿd. Comm. Ulugh., p. 29-30. — (b) Riccioli, p. 402. — (c) Ibid. (d) Bay., tab. 22. — (e) Hist. de Voy., t. 48, p. 16.— (f) Volusp., v. 18-54. — (g) Baill. Astr. Anc., t. 1, p. 475. —(h) Souciet., t. 2, pa: — (1) Mart, Capell., L 1, ©. 1.—(j) Snid, Voc. Tvyrr.

nom leur est encore resté chez nous. Ils les appellent aussi moirai (a), parties , portions ; nom qu'ils donnent également aux Parques , qui président à la fatalité, dont le zodiaque et ses divisions sont le principal instrument.

On les nomme aussi tomai, sections ; dodecades, douzièmes.

On appelle les images qui y sont tracées morphoseis, eidola (b), agalmata, ou figures et images ; animalia, etc.

Le zodiaque s’appelle aussi chez les Grecs le cercle ou cirque olympique (c).

On ne peut pas douter qu'outre les noms et les figures emblématiques que nous venons de rapporter, les anciens n’en aient eu beaucoup d’autres pour désigner le cercle du zodiaque et ses douze divisions. C'est ainsi que, dans

la fiction allégorique sur l’année , rapportée dans la vie d'Ésope, le monde y est peint par un temple, l’année par une colonne, et les douze moïs et les signes par douze villes.

Dans l’Apocalypse, nous avons vu pareillement le monde désigné sous le nom de Jérusalem et de ville sainte, épouse de l'agneau et du bélier, premier des signes , et remplie d'une éclatante lumière. Elle y est . représentée environnée d’ame haute et grande muraille où il y avait douze portes, à chacune desquelles était un ange , avec le nom des douze tribus écrit sur chaque porte , etc. Là était l'arbre aux douze fruits , qui en donnait un chaque mois. |

On voit également chez les Romains les douze mois désignés par douze autels placés aux pieds de Janus ou

(a) Arat., v. 559. — (b) V. 253-455. — (c) Syncell., p. 597.

- du génie qui tient les clefs du temps, et qui préside à

l'ouverture de l'année. l

Nous avons vu le zodiaque sous d'autres ee dans le passage de Joachitès (a), rapporté dans notre explication de l’Apocalypse, dans les douze vases des Manichéens, dans leurs douze gouverneurs (b), dans la distribution du camp des Hébreux, et dans tous les autres monumens de la division duodécimale , cités dans notre livre second (c).

D'après ces exemples , il est clair que le génie mistagosique et allégorique a dù reproduire le zodiaque et ses parties sous tous les emblèmes et sous toutes les dénominations possibles, et il serait difficile de les réunir ici en totalité. Nous nous bornerons donc à ce peut. nombre de dénominations et de figures emblématiques rapporiées ci-dessus. Passons aux divisions et aux sousdivisions de ce cercle et de ses parties.

Division du Zodiaque.

Le zodiaque , comme nous l'avons dit, se divise en douze parties qu'on appelle signes , à cause des figures qu'on y a tracées et qui sont des images indicatives. Les noms de ces figures sont le bélier ou l'agneau, le taureau, les gémeaux, le cancer, le lion, l’épi ou la vierge, la balance ou les chèles ou serres du scorpion, le scorpion, l'arc ou le sagittaire, le capricorne , le vase ou le verseau, et les poissons.

Les anciens, par une suite de leur amour pour Île nombre douze (d) , auquel ils rapportaient tout , avaient

(a) Ci-dessus, t. 3, p. 222. — (b) Ibid, —— (0) Tr, 2, cr. — (d) Hygin. , L 4, c. 6.

non-seulement donné au zodiaque douze signes, mais ils ne lui avaient aussi donné (a) que douze degrés de largeur , quoiqu'il en ait environ dix-huit. ,

Outre ces divisions, il en est encore d’autres qui tiennent plus particulièrement à l’astrologie, et que nous nous dispenserions de rapporter, si l'astrologie n'entrait pas pour beaucoup dans les monumens des religions anciennes. La connaissance de ces distributions pouvant devenir nécessaire, et son usage trouver quelque part sa place, j'ai cru que le lecteur me pardonne-

-rait de les lui mettre sous les yeux.

On divisa les signes en signes mâles et en signes femelles (db). Les six mâles sont le bélier, les gémeaux, le fon, la balance, le sagittaire , le verseau. Les six autres sont femelles, savoir , le taureau, le cancer, la vierge, le scorpion, le capricorne et les poissons. On voit qu'ils sont mâles et femelles alternativement, ou de deux en deux. On observera que les Romains , dans la distribution des douze grands Dieux entre les signes, en avaient six males et six femelles (ec).

On distingua, non-seulement les signes en mâles et femelles, mais les parties même des signes , et on compta cent quatre-vingt-dix-sept parties masculines et cent soixante-trois féminines. Depuis le premier degré d’aries jusqu'au septième degré, on placa les degrés masculins; depuis le huitième jusqu’au douzième, les féminins ; depuis le treizième jusqu’au seizième, les masculins ; depuis le dix-septième jusqu'au vingt-deuxième, les féminins ; et depuis le vingt-troisième jusqu’au trentième,

PO ji dédie HU (reine

(a) Martian. Capel., 1. 8.—(b) Firm., 1.2, e, 4. Sext, Emp. adv. Math. , L 5. — (c) Manil., L 9, v. 435. |

les masculins. On trouve dans Firmicus la table de ces sous-divisions des signes , inventées par l'astrologie (a).

Ptolémée (b) appelle diurnes les signes masculins, et nocturnes les signes féminins. Ils se suivent alternativement, comme la nuit suit le jour. Quelques-uns ont déterminé la succession des sexes des divers signes, en commençant par le signe ascendant , comme d’autres ont commencé à compter l’ordre des signes mobiles par celui de la lune, à cause de la rapidité de cette planetie. D’autres aussi ont partagé tout le zodiaque en quatre parties, et ils ont appelé signes masculins et du matin ceux du point d’orient, ou depuis l’horoscope jusqu'au milieu du ciel, ainsi que ceux qui leur sont opposés, depuis l'occident jusqu’au bas du ciel. Les six autres sont réputés féminins et signes du soir. Ils leur ont donné encore d’autres dénominations , telles que celles

de signes fixes, tropiques, communs , quadrupèdes ,

bicorpores ou non bicorpores, etc.

On appela signes tropiques ceux dans lesquels se faisait le changement des saisons , tels que le bélier, le can-

cer, la balance et le capricorne. On nomma signes fixes ceux qui les suivent immédiatement , et dans lesquels la

température des saisons prend sa consistance ; tels étaient le taureau , le lion , le scorpion et le verseau. C’étaient les anciens signes équinoxiaux et solsticiaux. On appela signes communs ceux qui, placés entre les mobiles et les fixes, tenaient de la nature des uns et des autres; tels étaient les gémeaux, la vierge , le sagittaire et les poissons (c). |

(a) Firmic., 1. 4, ce. 17. — (b) Ptolémée, 1. 1, c. 13. — (ce) Ptolem. Létrabibe, kr, 0712:

On donna aussi aux signes fixes le nom de signes solides (a). C’est à ces quatre figures que répondaiïent les quatre étoiles royales (8). On fixait au quinzième degré du taureau la première de ces étoiles ; au cinquième du lion , la seconde ; au septième degré du scorpion, la troisième ; et au vingtième degré du verseau , la quatrième. Elles annoncaient , dit-on , la naissance de rois et de chefs puissans ; Dieu nous garde de pareils bien-

faits. C’est dans ces quatre mêmes signes que lon fixait.

le commencement du premier printemps, du premier été, du premier automne et du premier hiver, ou l'origine des anciens quatre-temps (c). On donnait au printemps quatre-vingt-onze jours de durée ; à l’été quatrevingt-quatorze jours ; à l’automne quatre-vingt-onze,

et à l'hiver quatre-vingt-neuf jours. On faisait com-

mencer le premier printemps au 7 des ides de février. Le calendrier des Fastes le fixe au 5, peu de jours après le coucher du verseau (d). On avait fixé le premier été au 7 des ides de mai ; le premier automne au 3 des ides de septembre, et le premier hiver au 4 des ides. de novembre. Ceux qui mettent plus de précision dans leurs calculs, contünue Varron, divisent l’année en huit temps. Îls comptent, depuis le souffle du vent favonius, jusqu à l’équinoxe de printemps, quarante jours; de-là au lever des pleïades , quarante-quatre ; du lever des pleïades au solstice d'été, quarante-huit ; du solstice au lever de la canicule, vingt-neuf jours ; de-là à l’équinoxe d'automne , soixante-sept jours; de l’équinoxe au coucher des pleïades, trente-deux jours ; du coucher des

(a) Sext. Emp. adv. Math., 1. 5.—(b) Firmic., 1.6, c. 1.—(c) Varro de Re rusticA, À. 1, c. 28. — (d) Ovid. Fast., L 2, v. 150.

RM

Dpleiades ? à l'hiver, cinquante-sept jours ; et enfin de-là ” au souflle de favonius , quarante-cinq jours. Chacune de ces divisions, comme on voit , a été liée aux points cardinaux de la sphère, au lever ou au coucher de quelques belles étoiles , et enfin au retour de quelque phénomène météorologique. C'était encore une manière de diviser le zodiaque ou le temps mesuré par ce cercle.

Les quâtre signes fixes ou solides dont nous venons de parler, et les animaux qui y étaient figurés , ont fourni à l’auteur de l’Apocalypse les formes des quatre animaux ailés qu'il place aux quatre coins du trône de Dieu, et à nos quatre évangélistes, les quatre animaux symboliques . qui les accompagnent. Les anciens Persans avaient aussi leurs quatre grands astres placés aux quatre coins du ciel.

Les signes tropiques étaient ceux dans lesquels l’astronomie fixait, d’une manière plus précise, l’origine des saisons, qu’elle attachait aux colures et aux points équinoxiaux et solsticiaux. Ainsi, on marquait l’arrivée du soleil aux équinoxes et aux solstices , au huit des calendes d'avril, de juillet, d'octobre et de janvier (a) ; de-là vint que l’on fêtait le natalis solis invicti au 25 décembre, ou au 8 avant les calendes de janvier, et le” triomphe de ce même astre sur les nuits au 8 des calendes d’avril (b). |

Les signes bicorpores étaient les gémeaux, le sagittaire , la vierge et les poissons, qui, deux par deux, sont diamétralement opposés. Les autres n'étaient point bicorpores (c). ;

On imagina encore une autre distinction de signes (d)

(a) Isid. Orig., 1 5. — (b) Macrob. Sat., LT, © 21. — (co) Sext. Emp., 1. 5. — (d) Ptolem., 1. 2, €. 7.

en signes reptiles, aquatiques, quadrupèdes, ailés. Parmë

ces derniers on compte la vierge, le sagittaire , etc. Mais toutes ces distinctions me semblent futiles et de peu d'importance pour notre objet. "AD

On affecta les signes, trois par trois, à chacun des vents qui soufflent des quatre points cardinaux de l’ho-

rizon (a). On attribua le bélier, le lion et le sagittaire , .

c'est-à-dire , les trois signes de l’élément du feu au vent

d'aquilon ; le taureau , la vierge et le capricorne , ou les.

trois signes affectés à la terre au vent auster. Les signes gémeaux, balance et verseau , affectés à l’air, furent attribués au vent aphéliotès ou subsolanus. Enfin les trois signes de l’élément de l’eau, savoir le cancer, le scorpion et Îles poissons, furent affectés au souflle du vent

d'Afrique ou de Libye.

Non-seulement on affecta quatre vents principaux aux

quatre divisions des signes du zodiaque , mais on assigna

même un vent à chaque signe. On affecta le vent africus au bélier, circius au taureau , aquilon aux gémeaux, le septentrion au cancer, le thrascias au lion , l’argestès A] Q 4 4 e DIN LC

à la vierge, le zéphyr à la balance, l’africus au scorpion , l’auster et l’africus au sagittaire , l’auster au ca-

pricorne , l’eurus et le notus au verseau, et l’eurus aux

poissons.

Le corps de l’homme lui-même (), depuis la tête jusqu'aux pieds, fut partagé comme le zodiaque , en douze parties dont chacune fut soumise à un des signes. La tête fut soumise au bélier, le cou au taureau, les épaules

aux gémeaux, le cœur au cancer, la poitrine au lion,

le ventre à la vierge, les reins à la balance, les aines

one 09e RSR 06 7) VENUE ne conne ne PE PR SRE EE RE Re

(a) Firmic. > 1. 2, C. 14. — (b) L. 2 > C+ 27.

à au scorpion, la cuisse au sagittaire , les genoux au capricorne , la jambe au verseau, et les pieds aux poissons. On crut devoir diviser l’homme qu'on appelait micro : cosme ou petit monde , comme on avait divisé le grand monde à l’action duquel il était soumis. Ces divisions servirent surtout à la médecine astrologique.

Si le zodiaque avait au-dessous de lui les douze divisions du corps humain auquel il présidait, il avait audessus les douze sections de la divinité universelle , OU les douze grands Dieux qui présidaient à ses divisions. Minerve , sortie du cerveau de Jupiter, siégeait à la tête du zodiaque ou au bélier, qui présidait à la tête de l’homme. Voici dans quel ordre se faisait cette distribution :

Lanigerum Pallas , taurum Cytherea tuetur ; Formosus Phœbus geminos ; Cyllenie cancrum, Jupiter et cum matre Deûm regis ipse leonem ; Spicifera est virgo Gereris , fabricataque libra Vulcano ; pugnax Mavorti scorpius hæret.

Venantem Diana virum , sed partis equinæ ; Âtque angusta fovet capricorni sidera Vesta ; Et Jovis adversum Junonis Aquarius astrum est ; Agnoscitque suos Neptunus in æquore pisces.

( Manil., 1. 2, v. 439.)

On imagina encore la distinction des signes (a) en signes septentrionaux et en signes méridionaux. Les signes septentrionaux sont les six signes qui sont au nord de l'équateur, depuis le bélier jusqu’à la balance exclusivement. Les six signes méridionaux sont ceux qui sont au midi de l'équateur depuis la balance jusqu'aux

(a) Valen. Nabod. Elem. Astrol., p. 8.

2b4 DE LA SPHÈRE

He

poissons inclusivement. On les distingue aussi en signes qui montent droit, et en signes qui montent obliquement. Les premiers se comptent depuis le cancer jusqu’au capricorne ; et les seconds depuis le commencement du capricorne jusqu’à la fin des gémeaux. Ces mêmes signes sont connus sous le nom de signes ascendans et de signes descendans , relativement aux solstices et au mouvement du soleil et des planètes de haut en bas et de bas en haut.

La moitié du cercle depuis le lion jusqu’au capricorne s'appelle la grande moitié, et elle est subordonnée au soleil ; l’autre la petite, et elle est subordonnée à la lune. Nous avons donné une preuve de cette distribution quand nous avons parlé des domiciles des planètes dans le premier livre de notre ouvrage (a), et dans notre explication de la religion chrétienne, à l’occasion du portail de Notre-Dame de Paris.

La moitié du zodiaque, depuis le commencement d'aries jusqu’à la fin de la vierge, s'appelait la moitié chaude ; l’autre moitié s'appelait la froide. C’est la distincüon établie entre l'empire d'Ormusd, de la lumière, de la chaleur et du bien, et celui d’Ahrimane, des ténèbres, du froid et du mal. Cette théorie nous a servi à expliquer la fable d'Adam, d’Eve et du serpent.

Le quart du zodiaque, depuis aries jusqu'à la fin des gémeaux, est chaud-humide , printanier, puéril et sanguin. Le second quart chaud-sec d'été, de la nature de la jaunisse et de Ja bile. Le troisième, froid-sec d'automne , tenant à l'âge moyen et de caractère mélanco- Jique. Le dernier quart froid-humide , et d'hiver, appar-

(nlaEdessuss tr, 1, 2, 03e

tient à la vieillesse ; il est flegmatique. De ces observations il n’y aura guère d’utile pour nous que ce qui tient à la température des saisons.

On trouvera des détails encore plus grands sur les formes et sur les qualités des signes dans Firmicus, dans Ptolémée (a) et dans Haly.

Ainsi, aries est un signe mâle, équinoxial, royal, ignée , fort, véridique , quadrupède , à demi - corps, d’un œil languissant, errant , indompté, impur , luxurieux, domicile de Mars, exaltation du soleil, dépression de Saturne (2). Je ne citerai que cet échantillon qui suffit pour juger qu’une partie de ces caractères du premier signe appartient à l’astrologie, qui a réuni, sous chaque animal céleste, les différentes distributions et divisions affectées aux différens signes.

Les observations de Ptolémée sont plus météorologiques , et peuvent mériter plus d'attention par cela même qu'elles se lient à la température de l'air, et qu'elles peuvent entrer dans les poëmes et les fictions sacrées sur l’année et les saisons. Ainsi aries, à cause de l’équinoxe qui arrive sous ce signe consacré au feu (c), engendre les éclairs et les tonnerres. Nous avons vu, dans le poëme des Dionysiaques, cette idée météorologique rendue par la fiction de Jupiter qui reprend alors sa foudre pour terrasser Typhon, génie des ténèbres et de l'hiver. Ptolémée continue : Et il marque des pluies et du vent au commencement de ce signe; au milieu un air tempéré; à la fin de la chaleur, mais une chaleur qui brûle et qui engendre souvent des maladies.

(a) Firmic., 1.2, c. 12. Ptolem. T'etrab.; 1.5, e. 11. Haly, de Judic. Astr., part. 1. — (b) Fimic. , ibid, — (c) Ptolem. Fetrab. , 1 2, ©. 11.

[1 donne au taureau la double température du bélier , mais avec un penchant plus grand vers la chaleur. Les environs des pleïades produisent les tremblemens de terre, les vents, les brouillards. Le voisinage d’aldébaran a un caractère de feu qui produit les éclairs et les tonnerres dans lesquels périt la mère de Bacchus, une des étoiles voisines d’aldébaran. Pareillement la balance où sont les centaures, enfans de la nue qui verse sur Hercule des torrens de pluies , est regardée par Ptolémée comme un signe aqueux qui produit aussi des vents et engendre la mortalité. Je me borne à ces exemples qui prouvéront que ces observations météorologiques sur les signes se lient quelquefois aux fictions sacrées des anciens.

On distribua les élémens dans les signes(a). Nous avons donné ailleurs cette distribution (b); c’est pourquoi nous n’en parlerons pas ici. Nous ajouterons seulement à ce que nous avons dit que l’on avait donné au premier triangle qui résulte de cette distribution , ou au triangle du feu, le nom de triangle diurne, masculin et septentrional.

Il avait pour premier maître , pendant le jour, le soleil ; et pour second maître Jupiter. C'était l'inverse

pendant la nuit. Saturne partageait néanmoins l’un et |

l'autre empire (c). Le triangle de la terre ; nocturne , féminin, méridional , avait pour premier chef, pendant le jour, Vénus, et pour second , la lune. C’était le contraire la nuit. Mars tenait cependant à l’un et à l’autre.

Le triangle aérien, réputé diurne , mâle et oriental,

(a Birmici; L 23: etui, (b):Gi-déssus,stors las 14 (c) Firmic., L. 2,10 11.

ET DE SES. PARTIES. res avait pour premier chef, durant le jour, $aturne, et pour second chef, Mercure ; c'était le contraire la nuit. Jupiter cependant partageait l’un et l'autre empire. Enfin le triangle de l’eau, nocturne, féminin et oecidental, avait pour premier chef, le jour, Vénus, et

gpour second , Mars. C'était le contraire la nuit. La lune néanmoins tenait de-lun et de l’autre.

On imagina encore d’autres divisions et d'autres sousdivisions du zodiaque , connues sous le nom de dodécatémories et de douzièmes (a). Les sous-divisions de chaque signe en douze, et du zodiaque entier en cent quarante-quatre parties, donnaient en quelque sorte dans chaque signe un petit zodiaque , dont Île petit signe occtpait deux degrés et demi du grand signe. Chacune de ces petites parties portait le nom d’aries ou de bélier, taureau , etc. (b). On appelait aussi ces sous-divisions des lieux. Les dodécaiémories suivaient une autre marche , et appartenaient à une autre théorie astrologique (c). On divisa aussi chaque signe par dix, à raison de trois degrés par signe. Cette sous-division était l'ouvrage des Chaldéens (d). Nous en avons fait usage dans notre dissertation sur les apocatasiases ou sur les cycles. £ |

La précession des équinoxes , en déplaçant les cons-. tellations du zodiaque des lieux qu’elles occupaient dans la division duodécimale (e) de ce cercle, de trente degrés en trente degrés, ou en douze maisons, à commencer du point équinoxial de printemps , toujours mo-

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(a) Firmic., 1. 2, c. 15. Ptolem., 1. 1, c. 22. — (b) Salmas, Ann. Clim., p. 545. — (c) Firmic.,L 2, c. 15. — (d) Ptol., 1. x, c. 22. — (e) Salmas. Præf. Ann. Clim., p. 14.

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