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DE L'APOCALYPSE, NET dessein , celui de combattre l'agneau qui doit les vaincre À vont être successivement détruits dans les deux chapitres suivans, 19 et 20, jusqu’au moment où l’agueau paraîtra avec son épouse, à la tête de la ville sainte où règnent ja lumitre et le bonheur.
Mais pour bien saisir le caractère théologique de ces deux chapitres, il est nécessaire de développer les élé-
. mens de Ja théorie des deux principes, de leurs guerres
et de leurs combats, jusqu’au moment où Ormusd dé- >. JUSq
truit Ahrimane et toutes ses productions. C’est surtout ici.
qu'ils trouvent leur application, En conséquence, nous allons donner un précis de la théologie des Perses , telle
qu elle estenseignée dans les livres zends ; dans Plutarque
et Hyde, etc,
Précis de la cosmogonie et de la théologie des Perses.
Le temps sans bornes (a), premier principe, crée la lumière première, Ormusd et Ahrimane , Principes secondaires , actifs et producteurs ; le premier, bon par essence
-et source de tout bien; le second, corrompu et auteur
de tous les maux. Ils se partagent entre eux la durée du
temps , qui est de douze mille ans, et que nous trouvons
ailleurs (b) distribuée dans les douze signes, dont les six e N . 9 Ê \
premiers , à partir de l'agneau , appartiennent à Ormusd,
et les six autres, à partir de la balance et du serpent ,
appartiennent à Ahrimane; ce qui, comme nous l'avons
rm mme (a) Anquetil Zend. Avest, , t. 2, p. 592. (b) Boundesh, , p. 420, TOME VE. 2
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18. EXAMEN fait voir ailleurs, n’est que la division de l’année en douze païñties millésimes, dont la moitié, depuis l’équinoxe du printemps jusqu’à celui d'automne, est du domaine de la lumière et du principe bienfaisant qui couvre la terre de fleurs, de verdure , de moissons et de fruits. L'autre moitié est livrée aux outrages de l'hiver, qui dépouille la Nature de sa première parure, engourdit la force génératrice , et enchaîne l’activité du feu qui, au printemps , anime toute la Nature. Durant le cercle de douze temps appelés énigmatiquement douze mille ans, les deux principes, se livrant des combats , remportent successivement des victoires, jusqu'à -ce qu'en dernier lieu Ormusd triomphe absolument de son ennemi et l'enchaîne. Alors se fait la résurrection des. corps et Île rétablissement général de toute-la Nature (a). Ahrimane combat Ormusd , ou le principe-lumière, sous la forme d’un dragon ou d’un serpent, comme dans l’Apocalypse(b). I u’est pas seul , non plus que le dragon de l’Apocalypse. Comme celui-ci est accompagné de la première etde la seconde bête, et des rois ou génies malfaisans, qui donnent à la bête leur force et leur puissance pour combattre l’agneau (c), Ahrimane, chez les Perses , pénétrant dans le ciel, sous la forme du serpent , pour combattre Ormusd et pour corrompre la lumière, ÿ paraît aussi accompagné des dews ou des génies malfaisans, qui üennent de sa nature, et qui concourent à ses opérations. On trouve en effet, dans cette théologie, une distribution de l'Univers dont toutes les parties sont soumises à l’action de bons et de mauvais génies, subordonnés euxmêmes aux deux premiers principes auxquels ils sont at-
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(a) Boundesh., p. 593. (b) P.: 35r. (ce) Apocal. c. 17, v. 17
tachés. Plutarque, dans le passage que nous avons déjà cité plus haut(a), donne à Ormusd vingt-quatre génies familiers , et autant à Ahrimane ; lesquels , en se mélant, forment le mélange des biens et des maux de li Nature, et, en se contrariant, forment des chocs et des combats qui, après bien des effets variés, se terminent par le triomphe complet d'Ormusd. Comme Ormusd a ses anges ou amchaspands, Ahrimane a ses dews et ses paris ;et les uns et les autres sont exécuteurs des volontés des deux premiers chefs ou principes ennemis , Dieu et le diable. Ce sont nos anges de lumière et nos anges de ténèbres,
Comme on voit dans l’Apocalypse (8) que l'agneau à ses élus, ses serviteurs qui verront sa face, porteront son nom sur le front, et qui régneront avec lui dans les siècles des siècles , élus que l’auteur de l’Apocalypse appelle le peuple de Dieu, marqué de son sceau , et dont l'agneau , qui est au milieu du trône, est porteur, pareillement Ormusd a aussi son peuple qui sera sans fin au rétablissement des corps (c), pendant le cours perpétuel dés êtres ; tandis qu’à cette même époque le peuplé d’Ahrimane disparaîtra , comme nous voyons dans l’Apocalypse que (d) ceux qui ont adoré la bête et porté son caractère sont jetés dans l'étang de feu et de soufre. Ce sont absolument les mêmes idées théologiques , communés aux adorateurs de Mithra et de Christ; ces derniers, ainsi que les Juifs, ayant presque tout emprunté des mages. En conséquence, nous suivrons les principes théologiques de Zoroastre, comme étant les: seuls qui puissent jeter de la lumière sur une matière aussi obscure. Re Cr eue, OR Ne At Cu Me ta
(a) De lsid., p. 370. — (db) C. 12, v.3, &et 5;es ar, m3; var, V. 450.7, V. 27. — (c) Zend. Avest., t 2 ,p. 345. — (d) C. 20, v. 15,
Le Zend Avesta (a) nous apprend que l'être a été donné à Ormusd et à Pétiarè Ahrimane. Ormusd , élevé au-dessus de tout , qui sait tout, etquiest pur , était dans la lumière du monde. Ce trône de lumière, ce lieu habité par Ormusd , est la lumière première. Ormusd a été dans le temps ; il est et il sera toujours. C’est le caractère d'existence perpétuelle que prend le Dieu lumineux de Apocalypse. Il est celui qui était, qui est et qui sera (b), l'alpha et l'oméga , le commencement et la fin; celui
qui est vivant dans les siècles des siècles, dont le visage
était aussi brillant que le soleil dans sa force, et qui est semblable à Ormusd au milieu des sept amchaspands.
ÂAbrimane , existant aussi par le temps (c),. était dans les ténèbres premières. Il était seul au milieu d’elles , lui qui est appelé le méchant; il a toujours été mauvais. Ces deux principes , cachés dans l'excès du bien et du mal, et sans bornes, parurent et se mêlèrent ensemble. Les eux qu'ils habitaient étaient aussi sans bornes, savoir eelui du grand Ormusd, qui est appelé lumière première ; et celui du méchant, qui se nomme ténèbres premières.
Nous voyons pareillement dans l’Apocalypse (d) que le Dieu vainqueur qu'accompagne l’agneau, habite une ville qu'il remplit de sa clarté, tandis que son ennemi habite l’abîme , doù sort l’épaisse fumée qui obscurcitlesoleil, et un royaume tout ténébreux. L'un est le Dieu de lumière, et l’autre le prince des ténèbres , dans la théologie des Chrétens.
Chacun de ces principes (e) a donné ce qui existe;
(a) Zend. Avest., t. 2, p. 343. — (b) C. 1, v. 8 et v. 18.— (c) Zend Awvest. ,t.2,p. 343. — (d)C. 21, v. 11 el'23; c20, V: 3:09, v: 23 C« 16, v. 10. — (e) Zend Avest., p. 345.
c'est-à-dire la masse des biens et des maux de la Nature , qui forment cette totalité , laquelle ne peut partir d'une seule source, comme le pensaient les Perses. Suivant leurs docteurs (a), le bien et le mal, le vice et la vertu sout sortis du mélange de la lumière avec les ténèbres, sans lequel le monde actuel n'aurait jamais existé. Ce mélange doit subsister jusqu’à ce que le bien et le mal retournent à leurs principes en rentrant dans leur monde. Albuféda ajoute que le bien et le mal (8), la justice ot l'injustice sont nés de ce mélange de la lumière et des ténèbres ; et que ce mélange subsistera jusqu’à ce que la lumière ait vaincu les ténèbres, après quoi elle rentrera toute pure et toute entière dans son monde, et les ténèbres retourneront de même dans le leur. C'est ce que nous voyons ici dans l'Apocalypse. Après que l'agneau a triomphé , aidé du génie lumineux qui monte le cheval blanc , une ville nouvelle, brillante de clarté reçoit dans son sein les amis de la lumière, tandis que les chefs des ténèbres , le dragon et la bête sont précipités dans l'abime obseur qu'ils habitaient primitivement. Les anciens en général , et les Chrétiens même, aussi bien que les Juifs , distinguaient , comme nous le faisons encore aujourd'hui quand nous parlons comme le vulgaire , éntre les régions supérieures et les régions inférieures de l’Univers , et placaient la divinité au plus haut étage du monde , au sein de la lumière éthérée. Là , lout était censé pur, spirituel et tranquille ; tout était bienet lumière. La matière, au contraire , comme la lie de la substance uni verselle , est entrainée par son poids au fond de l’espace. C'est là qu'était située la terre profonde des ténèbres ,