‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 6 sur 97 · V. 95 C* 20, vV. Jet · texte numérisé non relu

V. 95 C* 20, vV. Jet

DE L'APOCALYPSE, 29 l'homme reparaîtra sur la terre (a), disent les Perses. C'est après cette défaite dernière du mauvais principe, que les mages font passer les hommes à cet état de félicité dont ils doivent jouir dans l'empire d'Ormusd (6), où , revêtus de corps lumineux, ils ne connaîtront plus de ténèbres, ni aucune espèce de besoins [7]; comme ici les élus, après la défaite du dragon, et après la résurrection et le jugement , vont passer dans la cité sainte, dans la nouvelle Jérusalem brillante de clarté. Ne semblet-il pas ; en voyant ce Sosioch (c) qui doit à la fin du monde, dans les derniers mille ans, se placer sur un trône élevé pour donner à tous les hommes ressuscités une récompense proportlionnée à leurs œuvres , voir le même tableau que nous présente l'Apocalyse (d), aprèsl’inter valle des derniers mille ans, dans ces deux versets du ch. 20 ? « Alors je vis un grand trône blanc, et quelqu'un qui était assis dessus , devant la face duquel la terre et le ciel s’enfuirent, et il n’en resta pas même la place. Je vis ensuite les morts , grands et petits, qui comparurent devant le trône ; et les morts furent jugés selon leurs œuvres. »

Les idées de résurrection et de Jugement qui sont exprimées dans l’Apocalypse faisaient partie des opinions religieuses de la Perse, comme on peut le voir dans M. Hyde (e) qui expose la doctrine des mages.

Îls pensaient qu'après la résurrection , ils méneraient une vic tranquille et délicieuse sur une terre purifiée par le feu ( f). Quant à-la.doctrine des deux principes et à celle de leurs combats qui devaient-précéder cette époque,

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(a) Zend. Avest., t.2, p. 387 et 415. — (b) De Isid, p. 350.— (c) Zend. Avest., t. 1, p. 46. — (d) C. 20, v. 11 et 12. — (e) Hyde de vet. Pers. Rel., p. 293 et 535. —(f) Beausobre t. 1, p. 205.

ilest incontestable qu’elle leur appartient, et qu’elle fut ensuite adoptée par lés Manichéens dont la théologie a tant d’affinité avec celle des Perses.

On voit donc, dans ce précis de la théologie dés anciens Perses, le fond des idées théologiques employées dans l’Apocalypse, et spécialement dans ces derniers chapitres, et souvent on y retrouve les mêmes tableaux. On y remarque le choc violent des deux principes lumière et ténèbres dans la dernière crise qui va affranchir l'Univers de l'empire du mal. On y voit le grand dragon qui avait amené l'hiver , le froid et les ténèbres, ou l’astre-serpent, avec les dews ou génies malfaisans qui forment son cortége , et qui vont sous ses enseignes combattre le peuple céleste et Ormusd ou le Dieu - Iumière qui en est le chef. Tout se termine par le triomphe de ce dernier , qui conduit ses sectateurs dans une région lumineuse où il habite au sein de la félicité éternelle, tandis que le mauvais principe, Ahrimane ou le grand serpent, est précipité, enchaîné et réduit à ne pouvoir nuire au peuple céleste. On a dû surtout remarquer cette captivité du mauvais principe, pris, lâché ensuite et vaincu, comme dans le chapitre 20 de l’Apocalypse , où Satan, enchaîné pendant mille ans , est lâché, et livre un combat où il éprouve une dernière défaite qui achève sa ruine et celle de ses amis.

En reprenant donc l'examen de ces deux chapitres, aussitôt après la condamnation du monde d’Ahrimane , de ce monde ténébreux où nos ames sont détenues dans une espèce de captivité, et livrées aux assauts du mauvais principe, nous voyons que la troupe des compagnôns d'Ormusd ou du Dieu de la lumière applaudit à sa destruction.

DE L'APOCALYPSE. 01 « Après cela, dit l’auteur (a), j'entendis comme la voix d’une nombreuse troupe qui était dans le ciel ; qui disait alleluia, salut, gloire, puissance à notre Dieu, parce que ses jugemens sont véritables et justes, et qu'il a condamné la grande prostituée qui a corrompu la terre. »

Louez Dieu, dit-on, parce que le Seigneur notre Dieu [8], le Tout-Puissant, est entré dans son règne (b). Quel est ce Dieu ? Le soleil. Quel est son règne ? L'’hémisphère supérieur où règne la lumière, ou l'hémisphère boréal dont les six premiers signes, à compter du point équinoxial , sont censés former les Goo ans du règne de Dieu , et en portaient le nom. Les mille de Dieu, disentils (c), parurent avec l'agneau, le taureau , les gémeaux, le cancer , le lion et l’épi ou la vierge. Après les mille dé Dieu , la balancé vint ; Ahrimane entra dans le monde sous la forme du serpent. Là commencèrent les mille du diable. Donc, le règne de Dieu commençait à l'agneau, et là finissait celui dé son ennemi. C’est donc par l’aghéau que le grand Dieu-lumière va entrer dans son règne. Voilà pourquoi l'Apocalypse (d), immédiatement après avoir dit que le Tout-Puissant entre dans son règne, ajoute : « Réjouissons-nous ; faisons éclater notre joie et rendons-lui gloire, parce que les noces de l’agneau soft venues, et que son épouse y est préparée. Heureux ceux qui ont été appelés au souper des noces de l’aghéau. Son épouse est revêtue d’un fin lin d’une blancheur éclatante. »

Ces applaudissemens , ce cri de joie (a) alleluia , que

(a) GC. 19, v. 1, et 2.—(b) V. Get 7. — (c) Zend. Avest. , t. 2, p.420. — (d) C. 19, 7 et9. — (e) C. v. 1,3 et 4.

52 EXAMEN les génies célestes répètent à ce moment des noces de l'agneau, et qui est affecté au chant pascal, conviennent parfaitement à l’époqne où nous sommes du triomphe de la lumière du jour sur la durée des nuits, que célébraient les Romains au 25 de mars sous le nom d’hilaria, à cause qu'en ce jour le soleil, arrivé au bélier (a), rendait au jour, dit Macrobe, son empire sur les nuits. L’astre du jour, après être sorti du séjour étroit et ténébreux dans lequel il était resserré durant l'hiver, augmente la durée des jours et s’avance vers l'hémisphère d'été ou boréal , où il rentre dans son règne : T'unc ad regnum suum jam pervenisse creditur, C'était alors que l'on coupait l'arbre mystique au pied duquel était un bélier dans les mystères d’Atys, et que l’on célébrait les hilaries de l’Atys phrygien. (Julien, Orat. 5. p. 316.)

Ce que dit ici l’hiérophante Jean, que les noces de l'agneau sont venues, et que son épouse y est préparée, confirme l'opinion que nous nous sommes formée de l’Apocalypse , que nous regardons comme une exhortation à la célébration des mystères du soleil pascal , et une préparation à la fête de fa théophanie on à l’appariüon du grand juge que dans les premiers siècles on attendait à cette époque , comme nous l’avons dit au commencement de cet PRET

On donne pour parure à l'épouse de l'agneau les attributs de la lumière, le vêtement blanc qui caractérise le peuple lumineux qui forme le cortége d'Ormusd, et que nos prêtres prennent à la cérémonie pascale où ils ne sont revêtus que de l'aube. Le blanc était affecté au principe-lumière, comme le noir au principe-ténèbres. Et. eo A nt.

(æ) Macrob. Sat. , 1. 1, c. 21, p. 260.

DE L'APOCALYPSE. 33 Le peuple d'Ahrimane était noi r, suivant le Poundesh (a). Les réprouvés, suivant les Manichéens >) avaient une tache noire sur le front. L’épouse est la société des iniüés à qui on promet la communication avec la divinité dans l’autopsie, et l'apparition prochaine de la cité lumineuse dans laquelle ils seront transportés à la mort.

On promet aussi l'esprit de prophétie (8) comme un témoignage de la protection de Jésus. Nous voyons que c'était aussi un des avaniages que se promettaient les ini tiés assemblés à Pepuzza avec leurs prophétesses , qui trompaient le peuple en feignant d’être inspirées par la divinité, suivant saint Épiphane (ce).

Aussitôt après que l'ange a annoncé le festin ou les noces de l’agneau , l’hiérophante voit le ciel (d) qui s'ouvre ; il voit la lumière, le loros, ou le verbe divin émané du sein du père, qui, s'élançant des portes de l'orient, annonce avec l'aurore le soleil monté sur l’a gneau équinoxial , lequel va entrer dans sa gloire par la défaite entière des génies de l'hiver et des tén les derniers efforts vont être confondus.

« Je vis ensuite, dit-il, le ciel ouvert :

ébres, dont

et il parut un cheval blanc , et celui qui était dessus s'appelait le fidèle

et le véritable, qui juge et combat Justement.

» Ses yeux (e) étaient comme une flamme de feu ; il avait sur sa tête plusieurs diadèmes , et il portait écrit un nom que nul autre que lui ne connaît.

» Il était vêtu (f) d’une robe pleine de sang, etil s'appelait le verbe de Dieu.

te Fend. Avest. , Lt. 2 » P. 345. — (b) C,. 19, (4) G.419., v. 17. Be} V. 17. CN N v:

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