TOME VI
Dans la fable du labyrinthe, c’est elle qui guide et qui conduit Thésée ; dans celle-ci, c’est Fhésée qui se précipite après elle dans la mer comme pour aller la chercher, et qui la ramène ensuite sur la terre ou sur lhorizon. Quelques auteurs font Ariadne fille de Pasiphaë (a) ou de la pleïade placée sur le taureau céleste, laquelle, par son coucher, fait lever le serpent sur lequel est placée la couronne. Cette filiation a lieu aussi dans les amours de Jupiter avec Cérès, dont naît Proserpine , à laquelle son père s’acconple également sous la forme du serpent ; d’où nait ensuite le taureau , fameux dans les amours de Pasiphaë. Bacchus donna à la fille de Pasiphaë, ou à Ariadne, ajoute Hygin (2), le nom de Libera, qui est le nom de Proserpine. C'est aussi le nom que Jui donne Ovide dans ses Fastes, où il raconte l'aventure d’Ariadne et les motifs qui firent consacrer aux cieux sa couronne (c). Ariadne, dans le discours où elle se plaint de Bacchus, rappelle les amours de Pasiphaë sa mère pour un taureau , et elle dit qu’à plus juste titre , elle a pu être elle-même éprise de la beauté des cornes qui ornent le front de Bacchus (d). C'est alors que Bacchus, qui caché derrière elle l’écoutait, l’embrasse , sèche ses larmes , et l’enlève aux cieux, où il place sa couronne, et où elle prend le nom de Libera , comme Bacchus celui de Liber. Cette dénomination nous mène naturellement à une dissertation sur Proserpine, Libera, épouse de Pluton. Nous en avons déjà fait imprimer quelques essais dans l’Astronomie de Lalande. Nous rappellerons ici ce que nous en avons dit, comme pouvant faire suite à notre article Pluton (e).
(a) Hyg., Fab 224. Apoll. Arg., 1.3, v.997.—(b)Hyg. ibid.—(c) Ovid. Fast. 1.3, v. 459-512. —(d) V. 520. — (e) Ci-dess., t.2, c. 14.